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NOUVEAU RECUEIL
DE PLANCHES COLORIÉES
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DE PLANCHES COLORIÉES D'OISEAUX,
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POUR SERVIR DE SUITE ET DE COMPLÉMENT AUX PLANCHES ENLUMINÉES DE BUFFON.
ÉDITION IN-FOLIO ET IN-4° DE L IMPRIMERIE ROYALE, 1770 ;
PUBLIÉ PAR
C. J. TEMMINCK,
CL YL
CHEVALIER DE L’ORDRE DU LION NÉERLANDAIS ; DIRECTEUR DU MUSÉE ROYAL DES PAYS-BAS ; MEMBRE DE L'INSTITUT; MEMBRE CORRESPONDANT DES . ACADÉMIES DE STOCKHOLM, DE SAINT-PÉTERSBOURG ET DE BONN; DES SOCIÉTÉS ROYALES DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE LINNÉENNE ET ZOOLOGIQUE DE LONDRES; DE LA SOCIÉTÉ IMPÉRIALE DE MOSCOU ; DE CELLES DES NATURALISTES DE HARLEM, UTRECHT, GRONINGUE, PARIS» LAUZANNE, LILLE, STOCKHOLM, FRANCFORT, MAYENCE, HALLE, MARBOURG, WURZBOURG, HEIDELBERG, HANAU, BATAVIA, PHILADELPHIE ET CAP DE BONNE ESPÉRANCE,
ET
sr à
Le Baron MEIFFREN LAUGIER DE CHARTROUSE,
CHEVALIER DE LA LÉGION-D'HONNEUR,
D'après les Dessins de MM. HUET et PRÊTRE, Peintres attachés au Muséum d'Histoire naturelle, ET AU GRAND OUVRAGE DE LA COMMISSION D ÉGYPTE.
PARIS.
F. G. LEVRAULT, LIBRAIRE-ÉDITEUR, RUE DE LA HARPE, N. 81.
A STRASBOURG, MÊME MAISON, RUE DES JUIFS, N. 99.
ET À AMSTERDAM, CHEZ LEGRAS IMBERT ET COMP., SUR LE ROCRIN, N. 159.
M. DCCC. XXXVIIT.
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COQ ET POULE SONNERAT.
GALLES SONNEÉRATFTÉ Tri
Planches 252 et 233.
SONNERAT a cru trouver dans l'espèce de Coq et de Poule propre aux contrées de l’Indostan, la souche ou le type de notre espèce commune des basses-cours, nommée Cog rillageois. Nous avons réfuté cette supposition dans le second volume, page 246, de l'ouvrage des Gallinacés , et nous croyons avoir prouvé que ce n’est point de cette espèce, mais du Bankiva(:) , que sont originaires la plupart de ces races domestiques répandues sur la surface du globe; on les trouve partout où la civilisation des peuples a fait sentir l’utilité et les bienfaits de l’économie rurale.
Nous avons dédié ce Coq et cette Poule sauvages à la mémoire de lillustre voyageur qui en fit la découverte; l'espèce vit encore de nos jours dans les contrées montueuses et boisées de l’Indostan , et 1l ne paraît point qu'on ait fait des tentatives pour la réduire à la domesticité ; il est certain qu’elle forme une espèce distincte des races domestiques nourries par les Indiens et par les Colons établis dans les possessions soumises au pouvoir de l'Angleterre,
(1) Gallus Bankiva. Mist. des Pigeons et des Cle , vol. 2, pag. 87 et suivantes. On
trouve cette espèce dans les bois solitaires des îles de Java et de Sumatra.
Recuerz D'Oiseaux, 39°. LIVRAISON.
= COQ ET POULE SONNERAT. dans la presqu'île de l'Inde ; les races domestiques de ces pays sont absolument les mêmes que toutes celles des autres pays du globe. Le Coq Sonnerat a le port, les formes et la taille de nos races les plus fortes du Coq villageois; la créte et les barbillons ne diffèrent point, mais les plumes du cou et celles des ailes offrent un contraste frappant avec ces parties dans nos volailles de basse-cour; leur forme est oblongue sans être acuminée comme celle de nos Cogqs; leur tuyau est large, déprimé et fort ; il donne naissance à une plaque cartilagineuse, en lame aplatie, très-dure, parfaitement lisse et polie : une substance semblable couvre les plumes d’une espèce nouvelle du genre Bec-ouvert; l’on voit des épanouissemens pareils aux plumes de quelques Pigeons, des Jaseurs et de quelques autres oiseaux. La Poule diffère des nôtres par le manque de crête et de barbillons, et par un plumage différent qui n'est point sujet à varier. Les plumes du sommet de la tête et celles du cou sont plus longues selon qu'elles approchent du corps, mais-elles ont une forme arrondie vers le bout ; leur baguette est grosse, très-déprimée ; une raie blanche, très-luisante, en couvre le dessus jusque vers l'extrémité, où se trouve une large plaque blanche, de substance cartilagineuse, et au bout un second épanouissement d’un roux-vif; les plumes du dos sont longues et étroites, d’un brun-noirâtre marqué de taches plus claires; une large raie blanche suit la direction des baguettes; la poitrine, le ventre, les flancs, les cuisses et l’abdomen ont une teinte noirâtre à reflets verdâtres ; les petites et les moyennes cou- vertures des ailes ont les baguettes déprimées; elles n’ont point de barbes, mais toutes sont termiénes par une lame cartilagineuse large, polie et luisante; elles sont d’un roux-marron très-vif, et leur réunion forme une large plaque qui paraît enduite d’une couche de vernis;
les pennes secondaires des ailes sont d’un noir à reflets verts; celles
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COQ ET POULE SONNERAT.
de la queue, adossées en deux plans verticaux, sont au nombre de quatorze, d'un noir lustré de vert; les deux plumes du milieu ont des reflets violets et pourprés; elles se courbent en forme de faucille le long des deux plans et sont en partie recouvertes par les longues plumes du croupion d’un violet paré de reflets métalliques ; les pieds sont cendrés; les yeux jaunes et les appendices charnus d’un rouge-pourpré. Le Coq a, de la pointe du bec à l'extrémité de la queue, deux pieds quatre pouces; depuis le plan des pieds au sommet de la tête il est haut de quatorze à quinze pouces.
La femelle ou la poule est d’un tiers plus petite ; elle n’a point de crête ni de barbillons ; la gorge et le sommet de la téte sont couverts de plumes, et le tour des yeux seulement est nu et de cou- leur rougeâtre; elle n’a point de plumes longues au bas du cou, et on ne voit point de trace de la substance cornée sur aucune des parties du plumage; toutes les parties supérieures sont d’un gris plus ou moins noirâtre, marqué de petits points cendrés; des raies blanches, assez étroites, occupent le centre des plumes et suivent la direction de la baguette; l'aile est grise, nuancée de gris plus foncé et de brun; la queue brune; la face blanchätre, variée de brun ; toutes les parties inférieures ont une teinte brune-cendrée; sur chaque plume est peint une large bande longitudinale ou une tache en mèche d’un blanc pur. | | =
On trouve la description de ce Gallinacé dans Sonnerat, Voyage aux Îndes, vol. 2, pag. 153, tab. 94 et 93, c'est le Phasianus gallus de la méthode de Latham. Les lieux de sa demeure sont les forêts en montagnes et quelques autres parties boisées de l'Indostan. Sonnerat en a trouvé dans les montagnes des Gaëtes ; il parait que l'espèce est commune dans toutes les parties orientales de l'Inde.
On voit plusieurs individus dans les Musées de Paris et des Pays-Bas.
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Co q bronze. adult
COQ BRONZÉ.
+ GALLUS ÆNEUS. Cuv.
Le Mâle. — Planche 574.
Nous avons différé à donner la description de cette espèce nou- velle figurée dans la 63"° livraison de ce recueil, espérant rassem- bler quelque notice sur l’histoire de ce bel oiseau, et trouver l’occasion de voir et de figurer la femelle; trompé dans notre espoir, nous ne pouvons offrir que l’'énumération succincte des couleurs du plumage du mâle, d’après l'individu que M. Diard fit parvenir au Musée de Paris, pendant son séjour à Bencoulen dans lile de Sumatra.
Ce beau Coq, probablement l’Æyam-Baroogo des Malais, est un peu plus fort que l4yam-Pankiva et l’Ayam-alas, deux autres espèces sauvages dont nous avons fourni la description dans l’histoire des Pigeons et des Gallinacées, vol 2. La crête charnue est grande, à bordsdisses, et ressemblant par là à celle que porte l4yam-alas. Au lieu dun seul barbillon dont ce dernier est muni, le Coq bronzé a deux petits appendices ou fanons à la commissure du bec, et le reste de la gorge totalement nu. Les plumes de la nuque et du manteau sont assez longues, mais moins que dans le Bankiva et chez nos Coqgs de basse-cour : ces plumes sont arrondies du bout comme dans les
Recueiz D'OisEAux, 63°. Livraison.
COQ BRONZÉ.
l’Ayamalas ; toutes celles du croupier présentent absolument la même forme que dans nos Coqs de basse-cour, dont le Coq Bankiva , qu'on trouve à Java et à Sumatra, paraît être la souche primordiale (1).
Ün vert métallique à reflets pourprés très-éclatans est répandu sur la tête, le cou et le manteau ; toutes ces plumes portent un bord du plus beau vert-velouté ; du noir lustré de pourpre et de violet couvre: le devant du cou, la poitrine et toutes les parties inférieures ; les longues plumes du dos et des couvertures alaires sont peintes de pourpre brillant et bordées de larges franges couleur grenat ; les autres couvertures, les pennes des ailes et toutes celles de la queue sont d’un pourpre brillant de reflets métalliques, variant selon le jour qui les éclaire ; le tarse porte un fort éperon ; les pieds et le bec sont cendrés, et les parties nues d’un rouge vif. |
L'espèce vit à Pitat-Lanoago, dans les forêts de l’intérieur, dont elle habite la lisière. Il est probable qu’elle ne se trouve pas sur le continent de l’Inde, et elle n’a pas été vue à Java.
Le sujet capturé à Sumatra est déposé dans le Musée de Paris.
(1) Voyez, pour plus de détails à cet égard , l’article Coq, dans le deuxième volume de l’his- toire des Pigeons et des Gallinacées.
468.
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Coq ayarnalas, mile.
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COQ AYAM-ALAS
GALLUS BÜRCATUS. Tsun.
Planche 483.
Les Javanais désignent cette espèce sous le nom d’4yam-Alas ; ils la distinguent de leur Ayam-Bankiva, autre espèce sauvage , ainsi que de l4yam, dénomination sous laquelle le Coq de basse-cour est connu. Mardien dit que Sumatra nourrit un Coq sauvage, nommé par les Malais 4yam- Baroogo, probablement notre Coq bronzé, pl. enl. 374, et l’Æyam-lago, espèce de très-forte taille trouvée dans la même île. |
L’Ayam-Alas porte sur la tête une crête lisse; un seul barbillon pend en membrane flottante de la mandibule inférieure du bec jus- qu'au bas de la partie nue du devant du cou; le tour des yeux est glabre , et toutes ces parties nues sont d’une belle couleur rouge. Les plumes de l’occiput et du cou ont une forme arrondie; celles du dos sont ovales par le bout; un bleu à reflet violet teint l’origine des barbes ; vers l'extrémité elles sont d’un beau vert à reflets métalliques, etlebord est entouré par un croissant d’un noir velouté; les plumes du crou- pion et les couvertures des ailes sont longues: les premières, d’un noir
à légers reflets dorés, sont lisérées de jaune; celles des ailes portent
Recurrz D’Oiseaux, 81°. LLVRAISON.
COQ AYAM-ALAS. de larges bordures d’un roux brillant ; la poitrine, le ventre et l’ab- domen sont noirs; la queue, composée du même nombre de pennes que dans nos Coqs de basse-cour, est d’un vert à reflets métalliques. On avait remarqué que cette espèce porte la queue dans une direc- tion horizontale : des observations récentes démentent cette assertion. L'iris des yeux est jaunâtre; le bec d’un brun-jaunâtre, et les pieds armés d’un fort éperon brun. La longueur, depuis la pointe du bec à l'extrémité de la queue, est de deux pieds.
La poule, d’un tiers moins grande, n’a pas de barbillons; toute la gorge et la région ophthalmique, à un petit cercle près, quiest glabre, sont couvertes de plumes. La tête et le cou sont d’un gris-brun ; la gorge blanche; la poitrine, le ventre et l'abdomen d’un gris isabelle ; le dos et les couvertures des ailes d’un vert à reflets dorés, bordés de gris- brun avec une raie jaunâtre occupant le milieu ; les grandes couver- tures et les pennes secondaires noirâtres, à refletsmétalliques, et ondées de jaunâtre; les grandes pennes de la queue brunes à légers reflets verdâtres , et bordées de noirâtre; les rémiges d’un gris-brun.
On trouve l'espèce à la lisière des forêts ou montagnes, où elle se üent cachée pendant le jour. Elle est défiante et farouche ; aussi ne parvient-on pas facilement à lui faire subir la domesticité. Le chant du Coq ressemble à la moitié du chant de nos Coqs de basse-cour ; on pourrait le rendre par les deux syllabes co-crik. Elle habite l’île de Java, et selon le témoignage de quelques colons, aussi dans quel-
ques parties de l’île de Sumatra.
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LOPHOPHORE CUVIER.
LOPHOPHORUS CUVIERI. Teww.
Le Mäle. — Planche 1.
LE genre que j'ai désigné par le nom de Lophophore est composé aujourd’hui de deux espèces (1), dont on ne connaît que les mâles.
Les femelles n'ont point encore été envoyées des parties reculées de l'Indostan où ces espèces habitent. Il est probable qu’étant privées des ornemens extraordinaires et des belles couleurs propres aux mâles, elles auront paru moins dignes de fixer attention des curieux. Les naturalistes ne connaissent point encore les mœurs de ces gallinacés ; mais à juger une partie de leurs habitudes d’après la forme du bec, surtout par le prolongement très-courbé de sa pointe qui est dépri- mée, large et à bords tranchans, on peut en induire que cet instru- ment formé en pioche est propre à fouir, et que ces oiseaux s’en servent aux mêmes fins que certaines espèces de Perdrix et de Francolins d'Afrique et de l'Inde (2), qui ont la mandibule supérieure du bec à
(1) La seconde espèce est le Lophophore resplendissant, décrit dans mon ouvrage des Galli- nacés. Nous donnerons dans ce recueil la figure de cet oiseau, remarquablement orné par une belle hupe composée de palettes dorées, fixées à l'extrémité d’une tige flexible.
(2) Voyez les Francolins à long bec de Sumatra, le Francolin Ouribinas d'Afrique, et la nouvelle espèce de perdrix découverte par M. Le Vaillant , qui sera publiée dans ce recueil sous
le nom de Perdix Le F. aillantii.
RecuErz D'OisEaux , 1°°, LIVRAISON.
LOPHOPHORE CUVIER.
peu près semblable. Un instrument de cette forme convient aux ha- bitudes de ces gallinacés dont la nourriture se compose presque uni- quement de plantes bulbeuses qu'ils sont obligés de chercher en pénétrant les terrains plus ou moins compactes où elles croïssent. Il est à présumer que les Lophophores, munis d’un instrument pareil à celui des Perdrix africaines, mais plus fort et composé d'un prolonge- ment corné très-solide (1), s’en servent comme celles-ci, et que les plantes bulbeuses forment aussi leur principale nourriture (2).
Le mâle de l'espèce figurée dans notre planche 1". a le sinciput orné d’une huppe de plumes très-longues, efilées et à barbes courtes, un peu décomposées. Les joues sont nues, la queue que l'oiseau porte dans une direction horizontale, est de moyenne longueur et légère- ment arrondie.
La huppe, le cou ainsi que les parties supérieures et inférieures du
corps sont d’un noir à reflet violet très-brillant; les ailes et la queue ont une teinte noire, dépourvue de lustre; toutes les plumes de ces parties portent des zigzags très-déliés d’une teinte grisâtre. Il semble, à en juger par quelques plumes isolées dépourvues de ces raies grises, que la livrée de l'adulte diffère de celle du jeune. Les plumes du croupion et les couvertures de la queue sont toutes terminées par une large zône blanche; les parties inférieures, ainsi que je viens de l'indiquer, sont d’un ton violet lustré ; mais l’unique individu connu, et qui a servi de modèle à notre planche, a quelques plumes de la gorge parsemées de zigzags gris très-fins, ce qui me fait croire que
(x) Poyez le détail du bec du Lophophore Cuvier figuré de grandeur naturelle. |
(2) Les caractères établis pour ce genre, ainsi que ceux propres aux autres groupes dont nous aurons à traiter dans ce recueil, seront publiés avec les généralités dans un discours où il sera fait mention du naturel et des habitudes des oiseaux. Une feuille séparée servira d'introduction à tous
les genres; elle paraîtra lorsque nous aurons publié par la gravure une série d'espèces nouvelles,
ou bien lorsque toutes celles d’un genre auront été données.
LOPHOPHORE CUVIER. ces plumes sont un reste de la livrée du jeune âge. Les pieds sont gris, de même que léperon assez fort et acéré dont les tarses sont armés; le bec est jaune; la nudité ophtalmique qui communique au bec est garnie de très-petites papilles, et paraît avoir été rouge dans l'individu vivant. La longueur totale est de dix-huit pouces.
On trouve une très-courte notice sur cette espèce dans le Synopsis de Latham, sous le nom de CoLouRED PHEASANT. Syn. supp. , vol. à,
pag. 210. Je n'ai pu trouver, dans les cabinets de l'Angleterre, le
sujet qui a servi de modèle au naturaliste anglais. Îl est probable que l'indication très-succincte qu'il donne de l'espèce est prise sur un des-
sin envoyé du Bengale. Le Muséum royal de Paris, seule collection en Europe où se trouve
un individu de cette espèce propre au continent de l’Inde, en doit
la possession aux soins de MM. Diard et Duvaucel, deux jeunes natu- ralistes élèves de M. Cuvier, dont j'aurai souvent occasion de parler
dans cet ouvrage. Les galeries du Muséum de Paris renferment plu-
sieurs espèces nouvelles ou peu connues d'animaux , qui sont les fruits
des voyages que ces naturalistes ont entrepris dans l'Inde et à
Sumatra.
=
ie.
GENRE FAISAN.
GENUS PHASIANUS. Linvé.
Bec médiocre, à base nue; mandibule supérieure voütée, convexe, déprimée vers le bout.
INartnes basales, latérales, à moitié fermées par une membrane voûtée; joues nues, couvertes de petits mamelons cartilagineux; tête et gorge couvertes de plumes. : |
Pieds :trois doigts devant et un derrière; les troïs doigts divisés, réunis par une courte membrane; le pouce n'appuyant que sur l’ongle. Un seul éperon, court et de forme conique au tarse.
Queue très-longue, fortement étagéè et à pennes du milieu dépassant beaucoup toutes les autres.
Arles courtes; les trois rémiges extérieures plus courtes que la quatrième et la
cinquième, qui sont les plus longues.
æ
Tous les méthodistes modernes sont d'accord de séparer en deux genres distincts les Cogs (Gallus) et les Faisans (Phasianus). Linné et Latham en ont fait un seul genre, où ils ont également trouvé à classer Argus ou Luen (Argus), le Hoatzin (Opisthocomus), un Musoghage (Musophaga), quelques Pénélopes (Penelope), et deux Lophophores (Lophophorus), qui forment, sans contredit, avec les
Cogs et les Faisans l'assemblage le plus bizarre. Nous avons fourni ;
RecugiL D'OrsEaux, 82° LIVRAISON.
GENRE FAISAN.
dans l'ouvrage des Gallinacées, les motifs de la séparation générique des Coqs; ceux-ci étant distraits du genre Phasianus, nous éloignons “encore de cette coupe, telle que Latham en donne l'index , les espèces désignées sous les noms de PAasianus Argus, sp. 3; son Phasianus Africanus, sp. 8, indication d’un Musophage qu’on trouve assez abondamment au Sénégal, sur les bords de la Gambie; plus, Pha- sianus cristalus, Sp. 7, où Faisan huppé des pl. enl. de Buflon, 337, qui forme le genre Opisthocomus; les Phasianus Motmot, Mexicanus et Paraqua, sp. 9, 10 et 12, qui sont du genre Penelope; enfin les Phasianus Impeyanus et leucomelanos, sp. 11 et 13, dont nous avons formé le genre Lophophorus. Voyez ces espèces pl. 513 et 1 de ce recueil. Le supplément à l’Index du méme auteur porte le Phasianus ignitus, que nous classons avec les Cogs dans la deuxième section du genre Gallus, espèce paraissant former le passage de ces oiseaux aux Faisans. Les espèces à énumérer dans ce genre sont :
Esp. 1. FAïSAN NOIR ET BLANC ou ARGENTÉ, qui tient le plus près des Cogs de la division Houpifére par sa queue plus ou moins réunie
_en deux plans. Buflon, pl. enl. 125 et 124. C'est Phasianus Nict- M merus des méthodes. Patrie, la Chine, et se multiplie en assez grand nombre dans les ménageries d'Europe.
Esp. 2. Faisan vuzeamme ou l'Orseau pu Paass. Buff. pl. enl. 121 et 122. C'est Phasianus Colchicus des méthodes. Patrie, les con- trées chaudes de l'Asie et de l’Europe orientale; se propage en liberté dans plusieurs parties tempérées de l'Europe où il a été in- troduit.
Esp. 3. Faisan 4 couuier, décrit dans l’histoire des Gallinacés, vol. 2, p. 526 et suivantes. C'est PHASIANUS TORQUATUS. Parrie, différentes parties de la Chine.
Esp. 4. FAISAN VERSICOLORE, de nos pl. col. 486 le mâle, et 493 la
GENRE FAISAN. femelle. Voyez aussi Galerie des Oiseaux, pl. 205. Prasranus vensr- coLorE. Patrie, le Japon.
Esp. 5. Faisan S&MMERRING, de nos pl. col. 487 le mâle, et 488 la femelle ; ce sera PHAsranus SœmmMEerninerr. Patrie, le Japon.
Esp. 6. FarsAN SUPERBE, qui repose sur quelques indications et sur les figures des papiers de soie de la Chine; c'est Prasranus su- PERBUS des méthodes. Patrie, les contrées les plus reculées de la Chine; se trouve en domesticité dans quelques ménageries de Pékin.
Esp. 7. Fusan vénéré, de nos pl. col. 485 le mâle; la femelle n’est pas connue. Voyez aussi la description d’une plume de la queue, histoire des Gallinacés, vol. 2, fig. 136, sous le faux nom de Superbe; c'est PraAstANUS VENERATUS. Patrie, les contrées tempérées de la Chine; très-rare dans les ménageries du pays. |
Esp. 8. Fasan Amnersr, connu par une figure publiée dans les Transactions linnéennes, vol. 16, pag. 129, tab. 15, où le mâle de cette belle espèce se trouve figuré sous le nom de PHasranus AMHERSTIÆ. Voyez la description dans ce recueil. Patrie, Cochin- chine et royaume d’Ava.
Esp. 9. FaAISAN TRICOLORE, ou Faisan doré de Buffon , pl. enl. 217.
Paasranus ricrus des méthodes. Patrie, la Chine et le Japon ; se.
multiplie dans les ménageries en Europe.
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FAISAN VENÉRÉ.
PHASIANUS VFENERATUS. Ten.
Le Müäle adulte. — Planche 485.
CE beau Faisan, paré de couleurs fortement tranchées et à rec- trices d’une longueur énorme , est de la taille du Faisan argenté ou bicolore de la Chine, par conséquent un peu plus grand que notre Faisan vulgaire; son bec est plus droit, plus déprimé, surtout bien moins courbé à la pointe que celui des autres espèces de ce genre ; une très-petite parte des joues est dénuée de plumes: elle forme un cercle-de petites papilles rouges à l’entour dé l'orbite ; la queue, très-
Le
#étagée, a une longueur remarquable, même disproportionnée pour à taille de l'oiseau : elle est composée de dix-huit pennes très-étroites, dont les quatre du milieu forment la gouttière renversée ; les pennes latérlaes de chaque côté n’ont guère plus de trois ou quatre pouces, tandis que les deux du milieu portent au-delà de quatre pieds de longueur.
Aucune huppe ou parure accessoire n’orne la téte de ce Faisan ; une calotte blanche couvre le sommet du crâne et l’occiput; ce grand espace blanc est bordé, sur les côtés, par une bande noire de peu
de largeur, mais qui se dilate vers le trou auditif, et entoure la
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FAISAN VÉNÉRÉ. plaque blanche de la téte; sur le front, le blanc est également bordé par un bandeau noir : deux colliers, plus larges sur le devant du cou CR o e y qu à la nuque, couvrent cette partie; le collier supérieur est d’un blanc pur, et s'étend sur la gorge jusqu’à la base du bec; l’inférieur
descend en pointe vers la région thorachique. La partie du bas du
cou, tout le manteau, le dos et le croupion sont couverts de plumes qui, par la manière tranchée dont elles sont colorées, font l'effet d'écailles; leur teinte est d'un jaune d’or très-vif, et toutes sont terminées par un bord, en forme de croissant, d’un noir parfait ; celles de la poitrine, des côtés du ventre, et les grandes plumes des flancs, sont peintes de deux bandes en losange, d’un noir parfait, disposées sur un fond blanc éclatant; elles ont, vers le bout, un croissant d’un noir pur, et leur bord terminal est entouré par une large bande mordorée; les plus longues des dernières plumes des _ flancs ont leur extrémité colorée de jaune d'or. Tout le milieu du ventre, les cuisses et l'abdomen sont d’un noir velouté; celles des couvertures inférieures de la queue sont noires, tachetées de jaune
d'or. Les pennes de la queue sont larges environ de deux pouces;
elles se terminent en pointe, et sont voütées en forme de gouttière
5
renversée ; la baguette est fortement cannelée dans toute la longueur
La couleur des barbes de ces pennes est d’un blanc-srisâtre , se nuan- çcant par demi-teinte en un roux doré, de manière que cette dernière couleur est très-prononcée sur les bords des barbules; on compte quarante-sept barres en forme de croissant sur chaque côté des barbes : ces bandes sont parallèles à la base et à l’extrémité de la penne; mais depuis le quart jusqu'aux trois quarts environ de la longueur, elles alternent; leur teinte est plus ou moins noire à l’ori- gine de la penne , brune au centre, et marron vers l'extrémité. Les pieds et les éperons sont d’un gris-clair ; le bec est blanc. Longueur
A1
FAISAN VÉNÉRÉ.
totale, variant sans doute beaucoup en proportion du plus ou moins de longueur des pennes du milieu de la queue, dont les plus grandes, examinées par nous, portent quatre pieds cinq pouces. |
C'est par erreur que nous avons fait mention des deux longues pennes de la queue de cet oiseau à l’article du Faisan superbe. Voyez l'histoire des Gallinnacés, vol. 2, pag. 356. L'article qui traite de ces pennes doit être rapporté au Faisan vénéré du présent article, dont nous sommes parvenus à obtenir deux dépouilles du mâle, l'une parfaite et portant des pennes intermédiaires de plus de quatre pieds; l’autre en mue et n'ayant qu’une queue d’un pied et demi de long, dont les pennes étaient enveloppées dans l’étui. La femelle de ce bel oiseau si remarquable, ne nous est pas connue. Les Chinois de qua- lité nourrissent, dit-on, ce Faisan dans les ménageries; c'est un oïseau très-rare et de grand prix dans le pays, qu'on apporte à Pékin des confins de l’Empire. On assure même que l'exportation en est inter- dite, et la contravention punie sévèrement. Toujours est-il sûr que les papiers de meuble ni les peintures chinoïses ne portent la figure de ce Faisan, ce qui ferait soupconner que l'espèce est peu connue des |
| Chinois, et qu'elle est rare dans le pays où ces papiers se fabriquent.
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FAISAN VERSICOLORE.
PHASTANUS VERSICOLOR. VNirerii.
Le Mâle. Planche 486.— La Femelle. Planche 493.
M. Vieor, dans la Galerie des Oiseaux, vol. 2, p. 23, pl. 20b, décrit et figure notre Faisan d’après un individu envoyé par M. Diard au Musée du Jardin du Roi à Paris. On avait étiqueté cette espèce du nom de Phasianus Diardi, en mémoire du donateur. M. Vieillot
ne prenant aucune notice de cette dénomination, publia la figure
du mâle sous la rubrique portée en tête de ce chapitre, et commit
l'erreur de désigner pour patrie de ce Faisan l'ile de Java, où, selon
l’assertion de l’auteur cité, {se trouverait dans l'état sauvage ; tandis que M. Diard fit connaître sur l'étiquette accompagnant l'envoi du Faisan , qu'il avait été acheté à Java, mais que le Japon est sa patrie, ce dont M. Vieillot aurait pu s'assurer.
Le Faisan versicolore est à peu près de la Hile.ctca les founes du Faisan vulgaire d'Europe, mais sa queue est proportionellement plus courte; toutes les plumes du cou, du manteau et de la poitrine sont terminées en deux lobes arrondis, séparés par une forte
échancrure ; l’espace nu des joues, ainsi que les plumes de l’occiput
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FAISAN VERSICOLORE.
réunies de chaque côté en toufle, ressemblent à ces parties ‘dans
notre Faisan d'Europe.
Le sommet de la tête, la nuque et la partie du haut du cou sont d'un vert doré à reflets pourpre et violet; gorge et devant du cou d'un bleu vif à reflets violets; partie inférieure du cou, poitrine et toutes les parties inférieures du corps d’un vert foncé très-vif et d’un lustre éclatant; plumes du manteau et scapulaires couverts de petites zones blancs-jaunâtres sur fond du plus riche vert métallique lustré de pourpre et de violet, et entourées de bordures d’un jaune doré; dos et croupion d’un gris nuancé de verdâtre et à reflets; couvertures gris, lilas et vert, distribués par nuances, selon la lumière qui éclaire ces parties les pennes de la queue, peu longues et faiblement éta- gées, portent une teinte gris-verdâtre; ces pennes latérales sont par- semées de petits points noirs presque imperceptibles ; les quatre du milieu portent, le long de la baguette, de petites bandes qui alternent à intervalle double de leur longueur : ces bandes sont plus larges et moins distantes vers le bout de ces pennes; elles sont bordées sur toute leur longueur de barbes désunies, qui pendent de chaque CÔLÉ en larges franges d’un gris pourpré. Le tarse du mâle est armé d’un éperon; les pieds sont rougeâtres, les papilles autour des yeux sont rouges et le bec est jaune. Longueur totale deux pieds sept ou huit
pouces; la queue a de quatorze à quinze pouces.
La femelle ressemble, par la couleur du plumage, à la femelle du Faisan d'Europe, : on la distinguera par la taille moins forte, à sa queue proportionellement moins longue, au grand nombre de taches noires dont les parties inférieures sont couvertes, et à la teinte lé- sèrement verdâtre, couverte d'un lustre métallique, des plumes des
| parties supérieures, toutes bordées, comme dans nos Faisans, de
lisérés d’un jaune doré; l'échancrure et les lobes aux plumes de la
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Lrétre.
: FAISAN VERSICOLORE.
poitrine sont faiblement marquées chez la femelle. Sa longueur totale est de seize à dix-sept pouces. |
Ce beau Faisan est commun au Japon; il vit dans les bois, et a les mêmes habitudes que notre Faisan d'Europe. Le Musée des Pays- Bas possède des sujets envoyés du Japon par M. Van -Siebold ; M. Blomhof, ancien résident à Dezima, en a rapporté une paire. Celle que M. Diard a envoyée au Musée de Paris a été achetée à Batavia.
FAISAN SOEMMERRING:
PHASTANUS SŒMMERRINGII. TEmm.
Le Mâle. Planche 487. — La Femelle. Planche 486.
CETTE espèce remarquable et nouvelle, de l’ordre des Gallinacés, nous fournit une occasion favorable de présenter l'expression de notre hommage empressé à un homme célèbre, à un vieillard respectable, à un anatomiste distingué, qui, par ses travaux scientifiques et par l'aménité de sa vie privée, répandit le goût de l'étude, et fait chérir son commerce agréable. Puissé la dédicace de cette espèce, offerte à M. le professeur de Sœmmerring, étre accueillie par ce doyen des
Recurez D’OisEaux, 82e, LIVRAISON.
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FAISAN SOEMMERRING.
naturalistes , comme l'expression de la haute estime qu'il inspire aux amis des sciences, qui s’'empressèrent de fêter à Francfort, le 7 avril 1828, le jubilé donné en son honneur, à l’occasion du cinquan- tième anniversaire de sa carrière doctorale !
Ce beau Faisan est de taille intermédiaire entre le Faisan vulgaire d'Europe et le Faisan tricolore ou doré de la Chine et du Japon. Sa queue, rassemblée en faisceau, est plus longue que celle du Faisan doré; un petit espace nu d’un beau rouge couvre la région ophthal- mique, et un autre semé de papilles blanches existe au-dessous des yeux. Le mâle n’a point de huppe ni de touffes à l'occiput ; la queue est longue, très-étagée, composée de dix-huit pennes très- larges, à surface plane; les deux du milieu offrent une grande di- mension.
. La majeure partie du plumage’ du mâle est colorée d’un pourpre éclatant de couleur d'or, et chatoyant en teintes opalines, selon le jour qui l’éclaire ; la couleur pourprée domine sur la tête, le cou, le manteau et la poitrine; un pourpre brillant, chatoyant agréable- ment par les reflets que produisent des bordures imitant l'or et la nacre, produit sur le dos et sur le croupion une bigarrure a reflets variés; le plumage du ventre et des ailes est d’un roussâtre mélé de reflets pourprés et parsemés de grandes taches noires; la queue est d’un roux ardent, lavée, par nuances, de demi-teintes plus ou moins claires, et coupée, à grand intervalle, de treize bandes transversales noires et peu larges ; les pieds sont d’un gris clair, et le bec est jaune. Lon- gueur totale trois pieds six, huit ou dix pouces, selon la longueur des pennes du milieu de la queue, dont la plus grande dimension est de deux pieds huit pouces.
La femelle a une queue de six pouces de long; elle est régulhière- ment étagée. La couleur du plumage ne difière pas beaucoup de
FAISAN SOEMMERRING.
celle de la femelle du T'étras de bruyère. Un roux plus ou moins
pourpré, couvert de grandes taches noires, forme la teinte des parties
supérieures ; toutes les plumes ont une bande longitudinale d’un roux plus clair, qui suit la direction des baguettes; les plumes de la gorge et du devant du cou sont blanchâtres , et une réunion de petites zones noires en dessine les contours; la poitrine est variée de zigzags noirs sur fond cendré roussâtre ; le milieu du ventre blanc; les flancs et les ailes marqués de grandes taches noires et rousses , et les pennes terminées de blanc; la queue, d’un roux très-vif, a, vers le bout des pennes (les deux du milieu exceptées), une bande d'un noir parfait, suivie d’un bout terminal blanc; les deux du milieu sont rousses, couvertes de nombreux zigzags noirs et à bout terminal d’un blanc terne. La longueur totale est de dix-neuf à vingt pouces.
Cette belle espèce vit au Japon. Le Musée des Pays-Bas a reçu quelques individus des deux sexes par les soins de M. le docteur
Van-Siebold.
FAISAN D'AMHERST. PHASIANUS AMHERSTIA. Lrae.
+ LE
LA beauté de cet autre Faisan découvert récemment, nous engage à en donner la description succincte, prise sur les deux sujets mâles qui ont servi, à l'indication et à la figure publiée à Londres par
A5
FAISAN D’AMHERST. M. Leadbeater, dans les Transactions linnéennes, vol, 16, p. 129, fig. 15, en noir. Nous en aurions donné une figure coloriée, mais le nombre borné de nos planches nous interdit cette publication.
Ce magnifique oiseau est à peu près de la taille du Faisan vul- gaire d'Europe ; mais les formes, les parures accesoires du plumage et la queue sont comme dans le Faisan tricolore ou doré; le grand espace ophthalmique nu est d’un bleu azur; et un barbillon très-court de la même couleur, marque de chaque côté la commissure des mandibules.
L'occiput est orné, comme dans le Faisan doré , d’une ample au- réole ou hausse-col formée de douze rangées de plumes, dont les plus longues de la rangée inférieure ont plus de quatre pouces : cette auréole, que l'oiseau a la faculté d’étaler en éventail, recouvre toute la partie postérieure du cou; ces plumes sont d’une teinte blanche opaline, et terminées de deux bandes en croissant : la première est d’un vert opalin, et l'extérieure bleue; au-dessus du hausse-col, et à l'occiput s'élève un petit panache de plumes longues et subulées, d'un pourpre éclatant; toute la tête, le cou, le dos et les scapulaires sont d'un riche vert métallique, et chaque plume est terminée par un croissant noir velouté; les couvertures des ailes sont d’un bleu métallique à bords noirs; le ventre et l'abdomen d’un blanc pur, mais les couvertures inférieures de la queue ont une teinte verdâtre métallique ; tout le croupion est d’un jaune éclatant, et la région supérieure du coccix d’un rouge vif; les longues plumes qui viennent couvrir les pennes caudales sont blanches, marquées de bandes vertes, et terminées de rouge vif; la très-longue queue a toutes les pennes en forme de gouttière renversée, et rassemblées en faisceau comme l'est celle du Faisan doré; ces pennes sont blanches, à bords mordorés, et marquées à large intervalle de bandes diagonales d’un vert foncé. L'iris est blanc; les pieds et le bec sont gris. La longueur totale du
FAISAN D'AMHERST: mâle est de quatre pieds trois pouces; les deux longues plumes du milieu de la queue ont une dimension de trois pieds deux pouces. La femelle n’est pas connue.
Deux mâles de ce rare oiseau furent présentés par le roi d’Ava à l’envoyé anglais M. Cambell, qui en fit hommage à l'épouse de l’am- bassadeur, milady Amherst. Cette dame les apporta vivans à Londres, où ils sont morts. Une des dépouilles a été conservée par milady Amberst; l’autre fait partie du cabinet de M. Leadbeater, à Londres.
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GENRE LOPHOPHORE.
GENUS LOPHOPHORUS. Tewx
Bec fort, long, très-courbé, large à la base, à bords saillans; mandibule supérieure voütée, très-longue , dépassant l’inférieure, large et tranchante à son extrémité; crête élevée, distincte; mandibule inférieure cachée par les parois saillantes de la
supérieure.
Nartnes basales, latérales, à moitié fermées par une membrane couverte de plumes
rares. Pieds : tarse couvert de plumes à sa partie supérieure; un éperon long et acéré; les trois doigts de devant réunis par des membranes; le pouce élevé; ongles longs, comprimés. | | Ailes courtes, les trois rémiges également étagées, plus courtes que. la quatrième et la cinquième, qui sont les plus longues. 5,
Queue droite, arrondie.
CE genre a été formé par nous (1) sur l'examen de la seule espèce décrite sous le nom de Faisan impey; introduit dans la méthode de Latham d’après un dessin rapporté de l’Inde par une dame anglaise. Plus tard on a recu quelques dépouilles du mâle; mais c'est depuis peu d'années que les deux sexes ont été importés en Europe.
(1) Voyez Histoire naturelle des Gallinacés, vol. 2, pag. 355, et Manuel d’Ornithologsie , analyse du sytsème.
Recueiz D'Oiseaux, 86° LIrvRAISON.
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GENRE LOPHOPHORE.
Les peaux qu'on a pu se procurer sont des sujets morts dans les ménageries des possessions anglaises dans l’Inde. La queue et les ailes de ces individus, le plus souvent mal dépouillés ou à pennes usées dans l’état de domesticité, n’ont pu permettre de prendre une idée bien nette de la forme et de la longueur de ses parties; trois ou quatre sujets tués à l’état sauvage, obtenus très-récemment, nous fournissent les moyens de donner des figures exactes des deux sexes.
Induits en erreur par des rapprochemens dans la forme du bec d’un Gallinacé publié dans la première livraison de ce recueil, nous avions cru reconnaître, dans l'oiseau figuré par nous sous le nom de Lo- phophore Cuvier, une seconde espèce à ajouter à notre Lophophore type; mais un examen plus sévère fait sur un plus grand nombre de dépouilles des deux sexes a servi de preuve que l'espèce dédiée à M. Cuvier doit prendre rang dans le genre Gallus, division Hou- piére ; coupe que nous signalons dans l'Histoire naturelle des Gal- linacés, vol. 2, pag. 273, par l'espèce du Houpifère Macariney, à laquelle nous réunissons le Houpifère Cuvier (1), pl. 1 de ce recueil; plus, une troisième espèce nouvelle, rapportée de l'Inde par M. Rey- naud , et que M. Lesson se propose de publier dans la centurie de planches enluminées, dont la 1"° livraison vient de paraître. Nous laissons à MM. Reynaud et Lesson le soin de donner un nom et de décrire le mâle et la femelle de ce Houpifère, que nous présumons être la même espèce que le Faisan Gardneri, indiqué par Wallien dans le 15e volume des Transactions linnéennes, page 166. Il est assez présumable que la description mentionnée a été faite sur un jeune mâle revêtu d’une partie du plumage de la femelle. Si, par suite, on jugeait préférable d’isoler les Houpifères des Cogs et des
(1) Ce sera Gallus Cuvieri au lieu de Lophophorus Cuvieri, publié planche 1 de la pre-
s\ e , e mière livraison de ce recueil.
GENRE LOPHOPHORE.
Faisans, on pourrait se servir de la dénomination Ewplocomus, pour désigner ce groupe, qui tient au genre Gallus par l’espèce du Macartney, et qui forme le passage au genre Phasianus par la troi- sième espèce nouvelle que nous venons de signaler.
Le peu que nous savons relativement aux mœurs du seul Lo-
phophore connu, est réduit aux renséignemens obtenus par des.
voyageurs anglais. On nous a communiqué que cette espèce habite les forêts élevées de la chaîne des monts Hymalaya. C'est à la lisière des bois et dans les plus hautes régions encore peu explorées qu’on _a trouvé ce beau Gallinacé. Il se fait difficilement à l’état de domes- ticité; plusieurs essais ont eu lieu dans la vaste ménagerie du chef- lieu du gouvernement anglais dans l'Inde; mais ces oiseaux, d’urfe humeur trop inquiète et farouche, se refusent à tous les soins, et meurent peu de temps après la perte de leur liberté. On a observé que le mâle ne chante point comme les Coqs, mais qu'il a la voix à peu-près semblable, dans es différentes intonations, à celle de nos Faisans.
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LOPHOPHORE RESPLENDISSANT.
LOPHOPHORUS REFULGENS. Teww.
Planche 5o7, le Mâle; 515, la Femelle.
Cer oiseau rivalise avec le Paon par la vivacité et le brillant des couleurs du plumage; il porte comme les Paons un diadème élégant et flexible, composé de baguettes effilées d’une teinte métallique, dont l'extrémité est garnie d’une palette ou feuille dorée qui balance
gracieusement sur ces tiges fines et courbées, et dont la réunion forme
un panache ombrageant la tête. Les plumes du sommet de la tête, des joues et de l’occiput sont d’un vert doré brillant; la partie postérieure et les côtés du cou sont d’un pourpré à reflets rubis; on voit briller sur la nuque et sur le manteau une teinte cuivrée à reflets
pourprés : cette couleur est nuancée sur le milieu du dos en violet à
reflets dorés; vers la région du croupion existe un large espace blanc ; le croupion est d’un beau vert-doré ; toutes les pennes de la queue sont d’un roux vif; les grandes pennes des ailes d’un noir verdâtre, les secondaires d’un vert-doré , et les couvertures d'un pourpre bleuâtre à reflets; la gorge, la poitrine et toutes les autres parties inférieures sont d’un beau noir à reflets vert-doré; un espace nu,
coloré de pourpre, entoure l'orbite des yeux; tout le reste des joues
Recueiz D'Oiseaux, 86° LIVRAISON.
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LOPHOPHORE RESPLENDISSANT.
est semé à claire-voie de petites plumes à reflets dorés. Le bec est couleur ocre; les pieds, les doigts et l'éperon , sont d’un gris noirâtre. Longueur, deux pieds. |
La femelle est un peu moins forte que le mâle; la PRET du plu- mage est d’un ton brun terne; le milieu de chaque plume porte une bande longitudinale blanche, rayée et mouchetée irrégulièrement de brun ; le dessous de l'orbite et la gorge sont blancs; les grandes pennes des ailes ont une teinte brunâtre; les secondaires portent des barres noires et rousses, et la queue est d’un brun terne; on voit aux pieds un tubercule à l'endroit où le mâle porte l’éperon.
La patrie de ce Gallinacé est l’Indostan ; c'est des monts Hyma- laya et du district du Népaul qu'on a apporté à Calcutta plusieurs couples de ces oiseaux. [ls n’ont pas été observés à la Cochinchine
ni dans la presqu'ile de Malaca.
GENRE TRAGOPAN.
GCENUS-LRAGOPAN; Cux.
Bec fort, gros, court, très-fléchi; mandibule supérieure un peu bombée : l’infé- rieure droite.
Narines basales, latérales, couvertes par la cire nue du bec, et à moitié fermées par une grande membrane. Partie ophtalmique garnie d’un duvet rare et court; au-dessus des yeux un appendice cartilagineux qui se relève en corne grêle; gorge nue, munie d’un fanon, tous attributs du mâle; la femelle en manque, et toutes ces parties sont couvertes de plumes courtes.
Pieds forts, courts, munis d’ongles longs et droits : chez le mâle seulement, armés d’un éperon court et obtus.
Ailes courtes; les trois premières rémiges étagées, moins longues que la quatrième.
Ce sont des Gallinacés, dont le caractère le plus apparent réside dans l’ornement bizarre de la tête, propre au mâle seulement ; toutes les autres formes sont à peu près les mêmes que dans les Faisans à queue courte, droite, plane et faiblement étagée : diférente unique- ment par ce seul caractère des Faisans à rectrices plus ou moins lon- gues, souvent énormes pour les dimensions et leurs formes variables.
On en connaît aujourd'hui trois espèces distinctes qui habitent le continent de l'Inde; ce sont :
RecuEIL D'OISEAUX, 02° LIVRAISON.
GENRE TRAGOPAN.
Esp. 1. Tracopan sarvre ou le Népauz de nos pl. col. 543, le mâle, et 544, la femelle. — Cest le Faisan cornu de Buffon; Pene- lope satyra Gmel., et Meleagris satyrus de Latham : maintenant Tragopan satyrus. On trouve des figures plus ou moins exactes des différens états de mue du mâle de cette espèce dans les Illustrations zoologiques de MM. Hardwick et Gray, sous les noms de Satyra Latharni, adulte ; Satyra Pennantü, le jeune mäle; et Satyra Temmincki, autre état différent de mue; peut-être aussi les deux autres figures sous le nom de l’hasianus melanocephalus (x); voyez aussi la figure très-exacte du mâle sous le nom de Zragopan satyrus Gould., Himalaya birds, tab. 62. Patrie, le Népaul.
Esp. 2. Tracopax DE Hasrine, le mâle et la femelle, Gould, Birds of Himalaya mountains, tab. 63, 64 et 65 : le même que Satyra melanocéphala, Hardw. et Gray, dans les Illustrations zoologiques, une bonne figure du mâle adulte; /e jeune méle est figuré par Gould, tab. 64. Patrie, les monts Himalaya.
Esp. 3. Tracopan Pucras (1), décrit et figuré dans les ouvrages du général Hardwick et de M. Gould, sous le nom de Faisan pucras. Voyez Hardw., [lustr. de zool., et Birds of the Hyÿmalaya, tab. 6o et Gr. Patrie, les monts Himalaya.
(:) Cette réunion repose sur l'examen des figures, nous n'avons pas vu les sujets en nature.
(2) Portant sur notre pl. col. 545, le nom de Tragopan Duvaucel.
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TRAGOPAN SATYRE ou NÉPAUL.
TRAGOPAN SATYRUS. Cur.
Vieux Môle, pl..545.— La Femelle, pl. 544.
Cer oiseau, souvent balloté d’un genre à l’autre, se trouve former maintenant, avec deux et peut-être trois autres espèces, un genre distinct, désigné sous le nom de Tragopan. Le temps et des recher- ches ultérieures nous apprendront si cette classification est plus ou moins exacte, et s’il n'eût pas été préférable d'en former une section du genre Phasianus, groupe qu'on pourrait sous-diviser très-
convenablement, selon les formes différentes sous lesquelles se pré-
sentent les rectrices, et d’après la longueur de celles-ci ou la manière dont la queue est étagée.
Le vieux mâle a toute la tête couverte de plumes longues et eflilées, sur le front et l’occiput, d’un noir parfait, mais d’un rouge de feu sur le milieu du crâne : ces plumes réunies forment une ample et belle huppe, d’où naît latéralement de chaque côté et à hauteur des yeux un appendice charnu et glabre, qui, lorsque l'oiseau le relève, ressemble à une paire de cornes d’un bleu clair. La nudité ophtalmique, colorée de pourpre et de bleu, est garnie d'un duvet
noir, court et rare : une teinte incarnat ou bleuâtre couvre la nudité
RecuEIL D'OISEAUX, 02° LIVRAISON.
25
TRAGOPAN SATYRE OU NÉPAUL.
du cou et les pendeloques qui y prennent naissance. La partie infé- rieure du devant du cou, les côtés du cou et les tempes sont d’un noir parfait; tout le reste du cou, la nuque, la poitrine, le poignet des ailes et leurs petites couvertures sont d’un marron-écarlate; tout le ventre et les flancs sont de cette couleur marquée de grandes et de petites taches blanches, entourées par un cercle noir; sur la région des cuisses et vers l'abdomen se trouvent des teintes rouges moins vives, marquées, selon l’âge des individus, de zigzags noirs et roux ou de grandes taches grises ou blanches; les ailes sont aussi marbrées de ces taches perlées et cerclées, et elles sont abondamment réparties sur le dos, dont le fond du plumage est brun-olivätre mar- qué de marbrures noîïres. Longueur totale, de vingt à vingt-trois pouces.
La femelle, moins grande que le mâle, a toute la tête et le devant du cou garnis de plumes courtes : elle manque toujours d’éperons dont les pieds du mâle sont armés. Tout le dessous du corps est d’un roussâtre clair marqué de taches blanches, peu distinctes, mais plus apparentes au ventre ; en dessus, la teinte est d’un brun-roux marbré de noir et marqué de taches en forme de fer de lance, et d’un blanc-jaunâtre.
Le bec, dans les deux sexes, est jaunâtre, et les tarses sont d’un brun clair.
Ïls habitent les régions élevées et froides des montagnes du Népaul et de l'Himalaya. On voit des sujets dans plusieurs musées.
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Lrétre
Tr agop an Puvaucel, mat.
TRAGOPAN PUCRAS.
TRAGOPAN PUCRASIA. Gouin.
Le vieux mâle. — Planche 545 (1).
La gravure de la planche destinée à accompagner ce texte des- criptif ayant été faite depuis long-temps, même avant la publication des deux ouvrages anglais (2), où se trouvent de très-bonnes figures de notre oiseau, nous n’avons pu supprimer cette figure pour en donner une autre plus intéressante sous le point de vue de la nou- veauté; mais l'obligation nous est imposée de changer le nom spé- cifique donné à cette espèce, que nous supposions inédite à l’époque où nous en vimes le premier sujet envoyé du Bengale au musée de Paris par M. Alfred Duvaucel, à qui elle fut dédiée. Get oiseau étant connu maintenant, décrit et figuré, nous adoptons la dénomination qui vient d'obtenir titre de priorité. |
Cette espèce forme le passage des Tragopans aux Faisans; elle ne porte pas au-dessus des yeux ces appendices en forme de cornes;
(1) Sous le nom de Tragopan Duvaucel, qu’on est prié de remplacer par celui porté en tête du texte de cette description.
(2) Phasianus pucrasia, Hardw. et Gray, Illustr. of Zool., le mâle.— Gould , Birds of the Himalaya mountains, tab. 60 et 61, mâle et femelle.
RECUEIL D'OISEAUX, 92° LIVRAISON.
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TRAGOPAN PUCRAS.
le cou et la région des yeux sont totalement garnis de plumes, et la queue, tout aussi courte, est plus étagée et moins large que dans les deux autres Tragopans. : |
Le mâle a l’occiput orné d’une huppe élégante et légère, composée de très-longues plumes en forme de petites spatules, et qui sont très- étagées, de façon que celles implantées vers la nuque sont du double plus longues que celles du sinciput : ces dernières sont brunes, toutes les autres ont des reflets d’acier poli, verts et bleuâtres; toute la tête, les joues et la gorge portent ces teintes; les côtés du cou portent une tache blanche longitudinale; le devant du cou, la partie médiane de la poitrine et du ventre, ainsi que les couvertures du dessous de la queue sont d’un beau marron foncé; la partie posté- rieure et les côtés du cou, le dos, les flancs et les cuisses sont cou- verts de plumes longues et pointues, à bande centrale noire, en- tourée par une teinte grise plus ou moins pure ; les ailes sont brunes, bordées de roux et tachetées en bandes longitudinales noires; le bec est noir et les pieds sont bruns. Longueur, vingt-et-un pouces.
_ La femelle porte à l’occiput une très-petite huppe de plumes brunes marbrées; tout le plumage supérieur offre des marbrures noires sur un fond brun-rougeâtre, et en dessous des bandes longi- tudinales sur un fond isabelle; la gorge et les côtés du cou sont blancs; les couvertures inférieures de la queue sont d’un roux ardent à pointe des plumes blanche.
Cette belle espèce habite les parties froides et ave des monts Himalaya, où elle vit de la même manière que les autres Gallinacés qui abondent dans ces régions de l'Inde.
On trouve des sujets dans plusieurs musées.
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Dimdon æzxle..
117,
DINDON OEILLÉ.
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Le Mâle. — Planche 11°.
M. Cuvier décrit cette belle espèce dans les termes suivans :
Ce magnifique oiseau réunit à la forme singulière du Dindon un éclat de couleur qui le cède à peine à celles du Paon. Les gens d’un vaisseau envoyé à la coupe du bois de campéche, dans la baïe de Honduras, en virent trois, dont ils réussirent à prendre un vivant. Ils l'envoyèrent à sir Henri Halfort, médecin du roi d'Angleterre ; mais cet individu se noya dans la Tamise en arrivant à Londres, et le chevalier Halfort en fit présent à M. Bullock , propriétaire d’un riche
cabinet d'Histoire Naturelle, dit le Temple Égyptien , dans la rue de
Piccadilly. C’est à la vente de cette collection que le cabinet du Roi en à fait l'acquisition : acquisition précieuse aussi pour la science ; car , jusqu à présent , les naturalistes n’avaient compté qu’une espèce dans le genre des Dindons. | |
La taille et le port de ce Gallinacé sont les mémes que dans le Dindon commun ; mais sa queue est moins large, et l’on ne sait pas s’il fait la roue de la même manière. Le bec est le méme qu’au din-
don , et sa base est aussi surmontée d’une caroncule qui sans doute Recuerz D'OIsEAUX, 10°. 11vRAISON.
DA
DINDON OŒILLÉ. éprouvait les mêmes dilatations que celle du dindon. La tête et les deux tiers supérieurs du cou sont nus, et paraissent avoir été co- lorés de bleu et de rouge. Sur chaque sourcil est une rangée de cinq ou six tubercules charnus; et sur le milieu du crâne en est un groupe de cinq autres très-rapprochés. De chaque côté du cou on voit six ou sept de ces tubercules, rangés très-régulièrement au-dessus les uns des autres , à des distances à peu près égales. Il n’y en a point sur le cou, ni dessous ; et l’on n’aperçoit aucune trace de l'espèce de jabot charnu qui pend au bas du cou du Dindon. Je n'ai point vu non plus de vestige de ce pinceau de gros poils qui caractérise si parti- culièrement le Dindon mâle; mais comme le plumage de la poitrine était endommagé , je n'oserais affirmer que cette espèce en soit tou- jours dépourvue. Toutes les plumes du dessus et du dessous du corps sont coupées carrément, Comme au Dindon. Celles du bas du cou, de la partie supérieure du dos, des scapulaires et de tout le des- sous du corps, sont d’un vert bronzé, et bordées de deux lignes, une noire et l’autre qui est plus extérieure, d’un bronzé un peu doré. Les plumes du milieu et du bas du dos'‘ont leurs couleurs dis- tribuées de même , mais plus belles ; c’est-à-dire qu’à mesure qu’elles descendent vers le croupion, leur partie vert bronzé passe par degrés à un bleu de saphir, qui, selon les reflets de la lumière, se change en un vert d’'émeraude , et la bordure bronze doré s’élargit de-plus en plus, prend sur le haut du dos l'éclat de l'or; et vers le bas, ainsi que sur le croupion, cet or, en augmentant toujours d'éclat et de largeur, prend une teinte rouge de cuivre qui, à certaines expositions, est presque aussi vive que celle de la gorge’ de l’oiseau-mouche , appelé Rubis-topaze. L'éclat de cette bordure d’or rouge est d'autant plus irappant, qu'elle est séparée de la partie verte et bleue de la plume par une ligne d’un beau noir de velours. Les plumes du croupion
DINDON CŒŒÏLLÉ.
ont leur partie cachée gris-cendré vermiculée de brun-noirâtre.
Cette partie grise vermiculée prend plus d’étendue, et se montre au dehors sur les dernières d’entre elles, ainsi que sur les couvertures supérieures et sur les pennes de la queue ; en sorte que la partie bleue et verte, entourée de toutes parts par un cercle noir , et bordée en outre du côté du bout de la plume par une large bande de la plus belle couleur d’or changeant en cuivre , y représente des yeux assez analogues ; pour leur disposition , à ceux de la queue de l'éperonnier (pavo bicalcaratus ), mais infiniment plus grands et plus éclatans en couleur. Il paraît qu'en comptant ceux du bout de la queue, il y a quatre rangées transversales de ces yeux ainsi séparés pa des espaces gris et vermiculés.
Les plumes des flancs et celles du dessous de la queue sont sem- blables à celles du haut du croupion, mais leur vert est plus foncé, et leur doré est plus rouge.
Les petites couvertures de l’aile sont d’un beau vert d’émeraude, avec un bord étroit, d’un noir de velours. Les grandes couvertures
secondaires sont d’une belle couleur de cuivre métallique avec des
reflets dorés. eur partie couverte est vert d’émeraude près de la
tige, et vermiculée de gris et de blanc le long du bord couvert. L’aile bâtarde et les couvertures primaires sont d’un brun-noirâtre, avec des bandes transversales étroites et obliques blanches: C'est aussi la couleur de toutes les pennés; mais le bord externe des dernières pennes primaires et de presque toutes les secondaires est blanc ; et quand l'aile est fermée, ces bords blancs réunis forment sur son-mi- lieu une large bande longitudinale blanche. Les pennes secondaires les plus voisines du dos ont dans leur brun des teintes vert doré. Tout le dessous de l'aile est bordé en travers de blanc et de gris-bru-
nâtre. Je ne compte que quatorze pennes à la queue de cet individu,
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DINDON OBILLÉ.
qui est ronde par le bout. Toutes ces pennes en dessous sont noi- râtres, légèrement vermiculées de blanchâtre. Les plumes des cuisses sont noirâtres. Les jambes sont un peu plus élevées et plus fortes qu’au Dindon commun, et armées d'éperons beaucoup plus forts et plus pointus à proportion. Leur couleur paraît avoir été d’un beau rouge. |
Les plus beaux Dindons sauvages ont le fond de leurs Clsies d'un bronze changeant en cuivre, une large bordure noire, et un autre petit bord fauve mat ; leur queue formée de pennes plus longues et plus fortes que dans notre oiseau , n’a, ni sur les plumes, ni sur les couvertures , rien qui ressemble à des yeux.
Il n'est pas douteux que notre oiseau de Honduras ne forme une espèce aussi nouvelle que brillante. Es Musée de Paris.
GENRE ÉPERONNIER.
GENUS POLYPLECTRON. Teun.
Bec médiocre, grêle, droit, comprimé; base couverte de plumes; mandibule supé- rieure courbée vers la pointe. |
Narines latérales, au milieu du bec, à moitié couvertes par une membrane nue, ouvertes par devant.
Pieds. Tarse long, grêle, armé de plusieurs éperons dans le mâle (1), tuberculés dans la femelle; doigts antérieurs réunis par des membranes; pouce élevé de terre ; ongles petits, celui du pouce très-court.
Queue longue, arrondie ou étagée, à vingt-deux rectrices, recouvertes en partie par une seconde rangée de pennes.
Ailes. Les quatre premières rémiges étagées, plus courtes que la cinquième et la
sixième, qui sont les plus longues.
Nous avons établi ce genre dans l'Histoire naturelle des Gallinacés, vol. 2, pag. 565. À cette époque, on ne pouvait avoir qu'une idée imparfaite de ces oiseaux, indiqués assez vaguement , et reposant sur une figure en noir de Sonnerat et sur deux planches enluminées des Œuvres de Buffon, faites de mémoire ou d’après des dessins peu cor- rects. La description détaillée fournie dans le second volume des
(1) Ce nombre d’éperons paraît varier accidentellement : il est rarement de trois à chaque pied, habituellement de deux, et quelquefois de trois à l’un des pieds seulement.
Recuriz D’OisEaux, 88° LIVRAISON.
GENRE ÉPERONNIER. Gallinacés avait été basée sur l'examen de trois sujets acquis à Can- ton, et rapportés vivans de cette partie de la Chine par les navires de la compagnie des Indes. Ces trois individus, tous du sexe mas- culin, ont servi aux détails donnés dans l’article de }’Eperonnier chinquis, que nous présumions alors devoir envisager comme l'espèce unique du genre; depuis ce temps nous avons été à même d'examiner un plus grand nombre d'individus de ces Chinquis, que nous avons pu comparer successivement à des dépouilles d'espèces différentes obtenues de la presqu’ile de Malacca et de Sumatra. Ces acquisitions nouvelles nous mettent à même de fournir aujourd’hui la monogra- phie de ce petit groupe, composé de quatre espèces , dont trois sont figurées dans ce recueil ; pour la quatrième, nous pouvons renvoyer, avec quelques remarques et corrections indispensables , aux deux planches enluminées de Buffon et d'Edwards, et à la figure en noir du voyage de Sonnerat : ces figures, plus ou moins incorrectes,
peuvent être rapportées, non (comme nous le présumions à tort) au
Chinquis décrit dans l'ouvrage des Gallinacés, mais elles devront
faire partie des synonymes de notre Eperonnier argus de Malacca, dont nous donnons la description dans ce recueil.
N'ayant point de données certaines sur les mœurs de ces oiseaux, nous passons 1C1 à l'énumération des espèces connues.
Esp. 1. ÉPeronNiER cminquis, vieux mâle, de nos pl. col. 530. Voy. aussi Hist. des Gall, vol. 2, pag. 563, et Galerie des Ois., pl. 205, un jeune mâle. On peut citer encore, quoique avec doute, l'indication superficielle du Paso thibetanus des méthodistes. C'est notre PoLYPLECTRON cuiNqQuis. Patrie, la Chine.
Esp. 2. EpeRoNNIER ARGUS. Assez bien rendu par Sonnerat, pl. 99; mal enluminé et à queue de forme exagérée dans Buffon, pl. enl. 492 et 495, et Edwards, tab. 67 et 69. Ce sera, si l’on veut, le
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GENRE ÉPERONNIER. Paso bicalcaratus des auteurs, ou PoLYPLECTRON BICALCARATUM. Patrie, la presqu'ile de Malacca. Esp. 5. ÉPeroNNIER 4 rouper. De nos pl. col. 540. PoLxPLECTRON EMPHANUM. Patrie, incertaine; probablement Sumatra. | Esp. 4. ÉPeRoNNIER CHALCURE, de nos pl. col. 519. PoLxPLECTRON
CHALCURUM. Patrie, l'ile de Sumatra.
ÉPERONNIER CHINQUIS.
POLYPLECTRON CHINQUIS. TEemm.
Le Mâle adulie. — Planche 559.
La taille de ce bel oiseau est celle du Faisan tricolore huppé, vulgairement connu sous le nom de Faisan doré de la Chine; mais il est moins svelte, ses ailes ne dépassent pas l’origine de la queue, qui est large, assez longue et très-arrondie. Cette espèce ne porte point de huppe; les petites plumes du sommet de la tête qui en tiennent lieu sont contournées, de facon que leur pointe est dirigée vers le bec; ces petites plumes, plus ou moins ébouriffées, sont d’un brun grisâtre; la gorge est blanchâtre; les plumes du cou , de la poitrine et du ventre ont une teinte brune assez terne, coupée par des bandes transver- sales ondulées et d’un brun noirâtre; les rémiges sont d’un brun lustré moucheté de gris-brun, leurs baguettes sont brunes; les autres pennes des ailes, les couvertures et les scapulaires ont un ton gris jaunâtre parsemé de petites bandes d’un brun noirâtre; on voit, vers le bout
ÉPERONNIER CHINQUIS.
de toutes.ces couvertures, sur les scapulaires et sur les plumes de la partie nuquale, une grande tache œillée ou miroir de forme ronde, d'un bleu éclatant à reflets pourprés et opalins; ces taches, très- brillantes et richement nuancées, sont toutes entourées d’un cercle noir, et ce cercle est encadré par une bande externe d'un jaune blanchâtre ; le dos, le croupion et les couvertures de la base de la queue sont d’un brun clair moucheté et transversalement ondulé de jaune blanchâtre; les pennes de la queue et la rangée de pennes plus courtes qui couvre les grandes rectrices sont d’un brun terne par- semé de petits points jaune d'ocre; à un pouce de l'extrémité des pennes de la rangée supérieure, et à un pouce et demi du bout des vingt-deux rectrices, se trouvent deux miroirs de forme ovale, acco- lés et séparés par la baguette : ces taches brillantes reflètent comme celles des ailes en bleu et en pourpre; mais cette dernière nuance a moins d'éclat que celle des miroirs des ailes: elles sont, comme ces derniers, entourés d’un cercle noir qui est ceint d’un cadre gris terne; ce dernier est du double plus large que le cercle noir. La mandibule supérieure du bec est rougeâtre à son origine, et noire vers le bout ; l’inférieure est jaunâtre et brune vers le bout; la partie ophtalmique est couverte de petites plumes disposées à claire-voie ; l'iris est jaune, les pieds sont noirs et les ongles gris. La longueur totale du mâle est de vingt-deux pouces ; la queue porte dix pouces, le bec treize lignes, et le tarse trois pouces.
La femelle diffère du mâle par le plumage à miroirs moins bril- lans et par sa queue moins longue; les pieds sont d’un gris terne, et on voit à l'endroit où le mäle porte l'éperon inférieur un tuber- cule calleux assez proéminent |
Le Chinquis, dans le jeune âge, a le plumage d’un gris terreux ,
avec de grandes taches brunes et des raies de cette couleur. La cou-
ÉPERONNIER CHINQUIS.
leur du plumage change dès la première mue et devient moins irré-
gulière ; sur les ailes et sur la queue se forment de grandes taches
arrondies indiquant l'endroit où doivent se former, dans l’adulte, ces miroirs brillans que l’on voit paraître à la seconde mue: ils sont alors privés de ce lustre éclatant de pourpre et d’opale; leur teinte est d’un bleu foncé, le cercle jaune blanchâtre n'existe pas. Ce n'est qu'à la troisième mue, et à l’âge de deux ans accomplis, que ces Gallinacés prennent le plumage de l'adulte; c'est alors que les miroirs sont colorés de teintes bleues, pourprées et opalines, que les cercles sont fortement dessinés, et que la queue prend toute sa longueur.
En captivité, ils ne sont pas très-farouches ; on parviendrait à les faire à l’état de domesticité, et, par des soins bien dirigés, on pour- rait en obtenir des œufs qu’on ferait couver par une poule.
Tous les Chinquis obtenus vivans ou en peau préparée arrivent en Europe par la voie de Canton; les Chinois de Pékin nourrissent ces oiseaux dans leurs ménageries. On dit qu’ils vivent dans la chaîne montueuse qui sépare l'Indoustan du Thibet. Le sujet figuré pl. 55g a vécu pendant cinq ou six ans dans une ménagerie près de La Haye; sa dépouille fait partie du Musée des Pays-Bas. Le Musée de Paris possède un mâle âgé de deux ans, qui a vécu quelque temps en captivité; on y voit aussi un jeune à plumage couvert de taches noirâtres. |
Sa
ÉPERONNIER ARGUS.
ÉPERONNIER ARGUS.
POLYPLECTRON BICALCARATUM. TE.
AvanrT d'entrer dans les détails descriptifs relatifs à cette seconde espèce, il nous faudra passer en revue les figures publiées de l'Eperon- nier des auteurs, basées sur des dessins peu soignés, et enluminées d’après les indications probablement des deux espèces séparées, sans caractères authentiques et précis, sous les noms de Paso bicalca- ratus et thibetanus, ou réunies et confondues sous le nom d'Epe- ronnier.
Les diagnoses de Linnée et des auteurs systématiques ne portent en effet aucun indice de caractères bien déterminés, à l’aide des- quels on puisse reconnaître leur Pavo bicalcaratus ou thibetanus, et l’on se verrait étrangement embarrassé sil fallait recourir à la des- cripuon de l’Eperonnier, pour s'assurer si c'est de notre Chinquis ou de notre Argus qu’on a voulu tracer la description et le portrait; toutefois, nous en exceptons la figure en noir et la description suc- cincte de Sonnerat, qu’on est en droit de rapporter à notre Argus, vu la taille, qui est en eflet d’un tiers moindre que le Faisan vul- gaire, la nudité des joues couverte d’une peau jaune, et la couleur verte des petits miroirs, caractères qui ne vont point au Chinquis de la taille à peu près du Faisan vulgaire, à grands miroirs bleus et pourprés entourés de deux cercles, et à joues couvertes de petites
plumes clair-semées : la figure jointe à la description de Sonnerat
ÉPERONNIER ARGUS.
donne une idée nette des deux rangées de pennes dont la queue est composée , mais cette queue est proportionnellement trop courte. La planche enluminée 492 des oiseaux de Buffon doit étre reléguée au nombre des dessins imaginaires ; celle de la femelle, pl. 493, est plus exacte : on peut se faire une idée assez nette de notre Épe- ronnier argus, en supprimant de cette figure les trois rangées de miroirs, à la queue celle du milieu, et en ne prenant aucune notice des bordures jaunes qui entourent les miroirs des ailes et des pennes caudales; les plumes de la tête pourraient être relevées et former une huppe frontale. |
Nous indiquons comme différences caractéristiques entre le CAin- quis et l’Ærgus, que ce dernier est plus petit; 1l porte une courte huppe composée de plumes assez larges; ses joues sont nues; les miroirs des ailes sont beaucoup plus petits, d’un vert métallique, et entourés d’un seul cercle noir; tout le plumage offre des teintes brunes beaucoup plus sombres. |
Le mâle a les plumes du front alongées en huppe; elles sont larges,
d'un brun noiïrâtre, et marquées de blanc à leur base; tout le reste
de la tête et le cou portent des plumes très-courtes, d’un noirâtre terne; la gorge est blanchâtre ; les joues, le tour des yeux et la cire sont couverts d’une peau jaunâtre; de très-petits miroirs ronds, d'un beau vert-foncé nuancé de bleuâtre, mais sans teintes pourprées et opalines, couvrent la partie supérieure du dos, les scapulaires et toutes les couvertures des ailes; ces miroirs sont encadrés d’un cercle noir ; le fond du plumage sur lequel ces taches sont réparties, ainsi que le dos et le croupion, sont d’un brun jaunâtre tout couvert de gouttes rapprochées d’un noir parfait; la poitrine, le ventre, l'ab- domen et les cuisses sont d’un brun terre-d'ombre, et les baguettes des plumes de la poitrine blanches; les pennes des ailes sont d’un
Sa
ÉPERONNIER ARGUS.
brun très-foncé; la queue, composée comme celle du Chinquis, de deux plans, a des miroirs aussi grands, accolés de même, mais ils sont d’un vert brillant et entourés d’un large cercle noir; le reste de la queue est marbré comme les plumes du dos, mais le bout des deux rangées de pennes est roussâtre, marqué de grandes taches d’un noir parfait. Le bec est brun, l'iris jaune et les pieds couleur de corne noirâtre. Longueur totale du mâle, de dix-huit à dix-neuf pouces; la femelle ne nous est pas connue.
Le Musée des Pays-Bas a reçu deux mâles de cette espèce faisant partie d’une collection de mammifères et d'oiseaux rassemblés à Malacca. L’un de ces sujets a le tarse armé de deux éperons, grands, forts, et de grosseur égale; l’autre en porte trois au pied gauche et
deux au pied droit.
ÉPERONNIER A TOUPET.
EG
POLYPLECTRON EMPHANUM. Tru.
Le Méle adulte. — Planche 540.
CETTE espece, très-remarquable et richement décorée, porte sur la tête une huppe longue à plumes effilées; son plumage, nuancé de teintes métalliques très-brillantes, n’est point couvert de ces miroirs dont le dos et les ailes des deux autres espèces sont ornés; mais la queue, formée de même de deux rangées de pennes, porte des taches ovales et lustrées comme dans le Chinquis et l’Argus.
> ” \ ; Eperonnier « loupel, mâle.
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ÉPERONNIER A TOUPET.
Le mâle, dont nous donnons la figure, est de la taille de lEpe-
ronnier argus ; une huppe frontale et coronale, composée de plumes longues, tubulées et à barbes soyeuses, orne la tête; une large bande
blanche passe au-dessus des yeux , et une plaque d’un blanc écla- tant couvre le méat auditif. La huppe, la nuque, la poitrine et le devant du cou sont d’un noir-verdâtre et à reflets métalliques; le ventre et l'abdomen sont d’un noir parfait; la partie supérieure de
toutes les couvertures des ailes et une partie des pennes secondaires
resplendissent d’un vert bleuâtre très-brillant , changeant suivant
les jours dont ces parties sont éclairées; chaque plume est terminée
par une bande d’un noir mat; le dos et le croupion portent des zig-Zags brun-jaunâtre sur un fond brun terne. La queue, très- arrondie quoique peu longue, est formée de deux rangées de pennes brunes marquées d’une multitude de points couleur d’ocre; chaque rangée est munie, vers le bout et de chaque côté. de la tige, d'un grand miroir ovoide vert métallique très-resplendissant ; ces miroirs sont entourés de deux cercles, l’interne est noir, et l'externe d’un brun clair; les pennes ont, vers le bout, une petite bande noire, et leur extrême pointe porte une bande blanche; les rémiges sont brunes; l’espace nu des yeux paraît avoir été rougeâtre dans le vivant ; le bec , les pieds et les deux éperons dont chaque tarse est armé sont couleur de corne. La femelle n’est pas connue.
Ce bel individu mâle , que l’on croit originaire d’une des iles de la Sonde ou des Moluques, a été acquis par le prince d'Essling, et fait partie de Ja riche collection d'Oiseaux formée par le descen-
dant du célèbre maréchal Masséna, dont les hauts faits d'armes le des légions fran-
@}
lient, par des souvenirs si honorables, à la gloire
» d’ Éperonnier Na-
caises. Cet oiseau porte dans sa galerie le nom
poléon, et c'est aussi sous ce nom qu'il a été décrit par M. Lesson.
Recuriz D’Oiseaux , 88 LIVRAISON.
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ÉPERONNIER CHALCURE.
= ——— LE È É
ÉPERONNIER CHALCURE.
POLYPLECTRON CHALCURUM. Tex.
Planche 519.
Nous n’en connaissons que le mâle, et seulement d’après l'individu unique du Musée de Paris. Cet individu pourrait bien ne pas étre | complètement adulte par le plumage, quoique ses éperons, assez forts, indiquent que ce ne peut être un jeune de l’année. |
Cette espèce paraît manquer de ces rangées de taches ou de miroirs brillans dont le plumage des trois autres est décoré; les pennes de la queue, qui ne comptent pas deux rangées, sont cou- vertes, depuis la moitié de leur longueur, d’une teinte dorée cou- Jeur de bronze; tout le reste du plumage est d’un brun terne.
Ün brun terre d'ombre couvre la tête, le cou, la poitrine, le ventre, les flancs et l'abdomen; les ailes portent cette même teinte, si l'on en excepte quelques unes des grandes couvertures rayées, ainsi que les scapulaires, le manteau et le dos de croïissans noirs sur‘ un fond brun-roussâtre; les grandes couvertures de la queue et les pennes caudales sont parsemées de bandes de ces deux couleurs; mais toutes ces pennes, depuis le milieu jusqu’au bout, sont d'un violet à reflets verts et pourprés. Chaque tarse est armé de deux éperons très-pointus; le bec très-gréle est blanchâtre, et les pieds sont gris. Longueur totale, dix-huit pouces.
L’individu du Musée de Paris, dont nous publions le portrait a été envoyé de Sumatra par M. Diard.
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GENRE PAUXIL GENUS OURAX. Cuv. (a)
Bec court, fort, comprimé, voüté, convexe; la base de la mandibule supérieure se dilate en une substance cornée, dure, élevée au-dessus du front.
Narines basales, latérales, percées près du front, derrière le globe corné du bec, rondes, cachées entièrement , ouvertes en dessous , sans fosse nasale.
Pieds à tarse long, lisse, les trois doigts de devant réunis par des membranes, le
pouce articulé sur le tarse, mais portant en partie à terre.
Ailes courtes , les quatre premières rémiges étagées; la sixième la plus longue.
Les Pauxis ont de nombreux rapports avec les Hoccos et les Pénc- lopes ; ils diffèrent bien peu par les mœurs de ces deux groupes d'oi- seaux, et forment avec ceux-ci une petite famille naturelle, dont les espèces nombreuses vivent paisiblement dans les immenses forêts anti- ques qui couvrent la plus grande partie de l'Amérique méridionale ; ils remplacent sous ces climats chauds les espèces qui composent les
genres Dindon et Tétras confinés exclusivement dans les contrées
(1) Je me suis servi, dans l’histoire naturelle des Pigeons et des Gallinacés, et dans le Manuel d’Ornithologie, du mot pauxi, pour désigner en latin ce genre d'oiseaux; ce nom, mal choisi, est dérivé d’un idiôme vulgaire : je l’ai supprimé dans la’ nouvelle édition du Système Ornithologique qui paraîtra dans le troisième volume du Manuel, en remplaçant ce nom défectueux par celui d’ourax proposé par M. Cuvier dans le Règne Animal.
RECUEIL D’OisEaux , 26°. LIVRAISON.
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GENRE PAUXI.
froides du nouveau continent (1). Les Pauxis différent cependant assez par la forme du bec et par celles des narines des ÆHoccos et des Pénélopes, pour que dans un système artificiel ils soient séparés génériquement. |
Deux espèces composent aujourd'hui ce genre; celle que nous connaissons depuis long-temps est figurée dans la planche enlumi- née 78 des oiseaux de Buffon sous le nom de Pierre de Cayenne ; les méthodistes en ont fait un double emploi sous les noms de Crax globicera et galeata.
(1) On trouve aussi des Tétras dans les pays tempérés et froids de l'Europe et de Asie,
mais les espèces du genre Dindon ne se trouvent qu'en Amérique.
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PAUXI MITU.
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Toursours confondu avec le Hocco mituporanga (1), le Pauxi de cet article a été indiqué par les naturalistes français comme variété acci- dentelle du mâle de cette espèce de Hocco; Brisson en parle très- succinctement sous le nom de Crax Brasiliensis, Ornithologie, vol. 1, pag. 296. Les récits de Marcgrave et de Jonston ne laissent point de doute ; le dernier donne une description détaillée et exacte de notre
oiseau sous le nom de Mitu, dénomination sous laquelle Marcgrave
l'avait fait connaître.
Le Mitu est moins grand que le Pierre (2). La créte de la mandibule supérieure du bec dans cette espèce, s'élève beaucoup au-dessus du crâne; son arête est en tranchant; derrière la protubérance cornée est une toufle de plumes que l'oiseau a la faculté de relever ; la tête, la
région des yeux et toute la partie supérieure du cou sont couverts de
(1) Crax alector, Linn. Dans l’?ndex Ornithologicus , Latham place le Crax mitu comme variété du Crax alector. Cet auteur indique aussi le Æocco faisan de la Guiane des planches enluminées 86, parmi les synonymes du Mitu; mais cette planche de Buffon représente un Hocco theucholi ou le Crax globicera des méthodes. |
(2) Le Pierre de Cayenne, pl. enl. 78. Ourax galeata.
REcuEIL D'OisEAuUx, 26°. LIVRAISON.
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PAUXI MITU.
petites plumes veloutées très-courtes et d’un noir mat; tout le reste des parties supérieures , la poitrine, le ventre, les cuisses et les plumes de la huppe sont d’un noir à reflets violets et pourprés; chaque plume est bordée par un cercle étroit d’un noir mat ; la queue porte les mémes teintes que les parties supérieures, mais elle est terminée de blanc ; l'abdomen et les couvertures inférieures de la queue sont d'un marron foncé; le bec ainsi que le casque dont il est surmonté sont du plus beau rouge; l'iris est noirâtre et les pieds sont d’un rouge ponceau clair. La longueur totale de ce gallinacé est de deux pieds cinq pouces; la mandibule supérieure du bec a un pouce une ou deux lignes dans sa plus grande hauteur.
Les mâles ne différent point des femelles ; le bec des jeunes est moins rouge et l'élévation de la crête à la mandibule supérieure est moins grande.
Ces oiseaux, doués d’un naturel paisible et sociable, vivent en troupes nombreuses; ils habitent les bois en montagnes, cherchent leur nourriture à terre et perchent sur les arbres. On n'a aucune donnée exacte concernant leur nidification; il est probable que le nid est placé sur les arbres et que les petits sont portés à terre par leurs parens. Moyennant quelques soins on parviendrait à réduire cet oiseau à l’état de domesticité ; les individus vivans que j'ai vus dans les ménageries ne sont point farouches; leur éducation n'a point encore été traitée avec les soins convenables, et c’est probable- ment la cause qu'ils n’ont pas procréé en domesticité.
L'espèce vit dans les vastes forêts du Brésil. On voit des individus montés dans la plupart des musées publics.
La description de la planche 154 de l'Eurilaime nasique, a élé
donnée dans la 29°. livraison.
GENRE GANGA. "
GENUS PTEROCLES. TEemminc,x.
Bec médiocre, comprimé, grêle dans quelques espèces; mandibule supérieure droite, courbée vers la pointe.
Narines basales, à moitié fermées par une membrane couverte des plumes du front ; ouvertes en dessous. À
Pieds à doigts courts, celui de derrière presque nul, s'articulant très-haut sur le
tarse; les trois de devant réunis jusqu’à la première articulation, et bordés de
membranes; le devant du tarse couvert de petites plumes très-courtes, le reste nu.
Ongles très-courts : celui de derrière acéré; ceux de devant obtus,
Queue conique; dans quelques espèces les deux plumes du milieu allongées en fils.
Ailes longues, acuminées; la première rémige la plus longue.
Les espèces qui appartiennent au genre Terrao ont le corps très- charnu , la chair compacte et abondante, la peau assez épaisse, un plumage très-serré garni d’une double rangée de duvet; elles ont la plante des pieds et les doigts rudes en dessous, garnis sur leurs bords
d’aspérités très- dures. Cette forme du corps et des membres leur
était indispensable, tant pour parer à l’action de la température froide des climats qu’elles habitent, que pour s’assujettir solidement sur le terrain gelé, ainsi que sur les branches des arbres couvertes de verglas et de givre. Dans les Lagopèdes qui bravent les froids du cercle arctique, nous voyons les mêmes sages précautions dans leur
Recuerz D'Oiseaux , 61°. LIVRAISON.
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GENRE GANGA.
organisation : Un COrps gros, une quantité prodigieuse de duvet, plus abondante pendant la saison hybernale; des pieds bien garnis, et "munis , non-seulement d’une épaisse couche de plumes laineuses qui les préservent d’être gelés, mais encore les doigts et la plante des pieds pourvus de cette espèce de laine, servant de chaussure pour s'affermir et pour courir sans danger sur les pentes glacées; enfin, des ongles taillés en pioches, sont des instrumens indispensables pour écarter la neige qui recouvre les végétaux dont ils se nourrissent.
Chez les Gangas, que je regarde comme les représentans des Tétras dans les pays situés sous la zone torride, l’organisation tant mtérieure qu'extérieure, est dans l'harmonie la plus parfaite avec les lieux que ces espèces habitent. Leur taille est svelte; le corps est peu charnu en proportion des membres; la chair est musculeuse et fibreuse, et les ailes sont longues : tous attributs indispensables à des oïseaux qui sont obligés de fournir à un vol long et soutenu; des pieds à doigts larges et courts, dont celui de derrière ne porte point à terre, sont propres à courir avec célérité (1) sur un sable mouvant.
Les Gangas, que je nomme ainsi d’après la dénomination donnée à l'espèce qui habite les parties les plus méridionales de l'Europe, ont toujours été confondus avec les Tétras; même, et ce qui est plus sur- prenant encore, on les a indistinctement mélés avec les Perdrix (2) ; l’organisation de ces oiseaux, leurs mœurs et leurs habitudes, les dis- tinguent cependant de l’un et de l’autre de ces genres; ils formeront
(1) Il est remarquable que chez les oiseaux coureurs, la célérité de la course est proportionnée en raison de l’organisation plus ou moins simplifiée des membres qui portent le corps ; le Cour- vite et l’Autruche, dont les pieds ont une organisation tr ès-peu compliquée, sont les plus alertes à la course.
(2) Latham décrit deux espèces de Gangas dans le nouveau genre qu’il a formé pour les Perdrix, et ces mêmes espèces ainsi que leurs congénères sont rangées dans son Zndex parmi
les véritables Tétras.
| GENRE GANGA. dans cette monographie un genre séparé, qui se lie d’une part aux Tétras proprement dits, par l’espèce du Tétras phasianelle , et qui de l'autre part a des rapports avec ce singulier gallinacé d’Asie, que le professeur Pallas nous a le premier fait connaître. Je suis également éloigné de l’opinion de quelques naturalistes, qui prétendent exclure les Gangas de la liste des Gallinacés, parce que ces oiseaux ne sont
point brachiptères (1); mais ils y admettent l'Hétéroclite de Pallas,
qui sous le rapport de la longueur des aïles et de leur forme singulière devrait étre le premier à en étre exclu. Les Gangas, de même que l'Hétéroclite, sont de véritables Gallinacés ; leur ponte nombreuse, le peu d’apprêts dans la structure du nid, les petits qui courent au sortir de l'œuf, leur manière de vivre, et tous leurs caractères exté- rieurs nous indiquent la place que ces oiseaux doivent occuper dans un système méthodique.
Les Gangas vivent dans les contrées chaudes de l’ Afrique et de l’Asie; leur passage n'est qu'accidentel en Europe. La rencontre de ces Gal- linacés est un présage heureux pour le voyageur égaré dans les vastes solitudes qui occupent une portion très-considérable de ces deux parties du globe; la proximité des torrens ou des fontaines est an- noncée par les Gangas; ces oiseaux habitent les confins des déserts, ou dans les bruyères et les plaines desséchées, couvertes seulement de quelques buissons ; voyageurs et aimant à se déplacer, ils parcourent journellement une étendue très-considérable de pays; ils exécutent ces voyages dans le but de visiter les lieux où ils ont coutume de s’abreuver ; lorsque les citernes naturelles , ou les torrens des environs viennent à tarir, et que la chaleur de l'atmosphère dessèche ces abreuvoirs , les Gangas se hasardent alors à traverser ces océans d’un
(x) On désigne assez généralement les Galliñacés par le nom de brachiptères ou oiseaux à ailes courtes.
Be
e. GENRE GANGA: sable mouvant que tous les êtres redoutent, et que les autres oiseaux voyageurs de ces contrées évitent en opérant leur migration le long des côtes.
Si la nature destine ces oiseaux à vivre dans des lieux tristes et déserts, elle semble compenser en quelque sorte une telle défaveur par un bienfait : les Gangas se réunissent dans ces solitudes par compagnies de plusieurs centaines, qui ne se séparent que dans la seule époque où ils vaquent à la reproduction de leur espèce; le reste de l’année, en association nombreuse, ils bravent en commun les périls d’un voyage dangereux, ou jouissent ensemble de l'abondance. Cette dernière particularité doit étre appliquée aux seules espèces de Gangas dont les deux pennes du milieu de la queue sont allongées et subulées; ces oiseaux nomades vivent toute l’année par bandes de plusieurs centaines; les autres espèces vivent par compagnies, com- posées comme celles des Perdrix, du mâle, de la femelle et des jeunes. Ils ne se perchent jamais.
Le nom générique de Pferocles , que j'ai proposé pour ce genre, indique que ces oiseaux ont dans la forme des ailes quelque chose de particulier ; et en eflet, dans les genres nombreux dont l’ordre des Gallinacés est composé, les espèces de celui-ci et du genre Syrrhaptes se distinguent facilement des autres oiseaux gallinacés par la longueur des ailes à première rémige plus longue que les autres.
Le genre Pterocles a été établi dans mon histoire des Pigeons et des Gallinacés, vol. 3, pag. 238 , et dans l’Index, pag. 712; voyez aussi Manuel d'Ornithologie, 1° et 2" édition, pag. 474. Le travail sys- tématique de M. Vieillot fait plus tard mention du même genre, sous le nom Oenas, apparemment pour ne point faire adopter une
autre nomenclature que la sienne.
Mon premier travail fournit les descriptions de cinq espèces; les
GENRE GANGA: découvertes nouvelles viennent ajouter quatre autres espèces dont nous venons de publier les portraits dans cet ouvrage. Buffon n'avait connaissance que de deux espèces de Gangas.
Voici le tableau du genre tel que nous le connaissons aujourd’hui. Je le divise en deux sections: la première composée des espèces à queue conique; la seconde, de celles munies de deux filets à la queue.
1. SECTION. Esp. 1. GANGA uNIBANDE. Elist. Pig. et Gall., vol. 3, pag. 240 , et
les Synonymes ; Index, pag. 712; de nos pl. coloriées B2 et 53, Pte- rocles arenarius. Patrie, YAsie méridionale et l'Afrique septentrio- nale : rarement en Europe.
_ Esp. 2. GanGa BIBANDE. Péerocles bicinctus. Gallinacés, vol. 3, p. 247. Nous en donnerons le portrait. Patrie, l'Afrique méridionale.
Esp. 3. GANGA QUADRUBANDE. Gall., vol. 3, pag. 262, et les Syno- nymes; Index, pag. 713, Pierocles quadricincius. Oenas bicincta.
Vieill., pl. 220; le mâle (1). Patrie, l'Afrique occidentale, et, comme douteuse, l'Inde.
Esp. 4. GanGa couronné de nos pl. coloriées 339 et 340, Piero-
cles coronatus. C'est le n°. 677 du catalogue de vente de M. Lichtens- tein. Patrie, la Nubie.
(1) Parmi les erreurs faites dans la classification et dans les indications des espèces de ce genre et qui ont été signalées dans les articles descriptifs, il vient, très-récemment, de s’en com- mettre une dans la 65°. livraison de la Galerie des Oiseaux, pag. 60. M. Vieillot évite cons- tamment les occasions fréquentes qu’il aurait de citer mes ouvrages ; ce procédé, plus obligeant pour moi qu'il ne pense, me dispense du soin de relever un grand nombre d'erreurs qui lui échappent. J'aurais aussi pu passer sous silence celle de la transposition de nom et de citations à l’article de son Ganga à double collier, s'il avait eu la même indifférence pour les ouvrages de ses prédécesseurs, en plaçant la synonymie de mon Ganga bibande, qui n’est nullement le même oiseau figuré par cet auteur, ni celui que Vaillant a vu dans ses voyages. L’Oernas bicincta,
pl. 220, de M. Vieillot, n’est donc autre chose que le Pterocles quadricinctus de mes ouvrages.
Le
=
s4 | GENRE GANGA.
Esp. 5. Ganca Lacarensreix de nos pl. col. 355 et 361, Pterocles Lichtensteini, sous le nom de bicinctus , n°. 678 du catalogue men- tionné. Patrie, la Nubie.
‘2%, SECTION.
Esp. 6. GANGA carTa, sous le nom de Gélinotte des Pyrennées, Buff., pl. enl. 105 et 106, Prerocles setarius; Gallinacés, vol. 3, et Ind., pag. 714. Patrie, l'Europe méridionale et une partie de l’Asie.
Esp. 7. Gaxca vecocrrer. Pterocles tachypetes. Gall., vol. 3, p. 274, et Ind., pag. 715; maïs tous les synonymes ont rapport à l'espèce . suivante; elle sera figurée dans ce recueil. Patrie, l'Afrique méri-
dionale. 5 | Esp. 8. GANGA KITTAVIAH ou MOUCHETÉ. Le mâle adulte sous le
nom de Gélinotte du Sénégal , Buff., pl. enl. 130; la femelle de nos pl. col. 345. C’est Pterocles guttatus, n°.673 du catalogue de M. Lich- tenstein, auquel il faut ajouter les synonymes des Tetrao Senegalus et Namaqua des méthodes. Patrie, l'Egypte et les côtes de Barbarie.
Esp. 9. GANGA veNTRE 8RuLÉ. Péerocles exustus de nos pl. col. 354 et 560, et le n°. 675 du catalogue de M. Lichtenstein, sous le faux nom de Pt. Senegalensis. Patrie, YEgypte et les côtes occidentales d'Afrique.
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Gang a caubande. mak..
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hptre.
GANGA UNIBANDE.
PTEROCLES ARENARIUS. Tseun.
Le Mäle adulte, planche 52. — La Femelle adulte, planche 53.
Cest dans les plaines sablonneuses de la partie méridionale du vaste empire de la Russie, ainsi que dans les déserts qui s'étendent au nord de l'Afrique, que ce Ganga abonde. Souvent, dit Pallas, qui a trouvé l'espèce vers le territoire stérile d’Astracan et sur les bords du Volga, on la voit pendant le jour, réunie en couple, s’a- vancer sur les bords humides des fleuves, et voler comme .les Pi- geons. Quoique, à proprement parler, le Ganga unibande ne soit point un habitant de l'Europe, il semble nonobstant étre emporté quelquefois dans ses voyages au-delà des limites que la nature paraît lui avoir assignées; des plaines brülées de l'Afrique, situées le long de la mer Méditerranée, il se rend dans la fertile Anda- lousie et visite également les autres provinces méridionales de l’'Es- pagne; depuis les déserts du midi de l'Asie il pousse, quoique plus rarement, ses voyages jusques en Allemagne, où le naturaliste Naumann, qui le premier a rangé l’espèce parmi les oiseaux d’Eu- rope, tua en août 1801, dans le territoire d’Anhalt, un individu de cette espèce : deux autres individus y avaient été observés dans la méme année.
Recuerz D'OIsEAUX, O°. LIVRAISON.
GANGA UNIBANDE.
Latham , dans sa Méthode Ornithologique , fait un double emploi de ce Gallinacé ; il le décrit en premier lieu, d’après Pallas, sous le nom de Tetrao arenaria, et plus loin, d'après la Fauna ara- gonica , il range l'espèce parmi les Perdrix éperonnées, sous le nom de Perdix aragonica; il est vrai que, pour légitimer ce double emploi, l’auteur lui suppose très-gratuitement des éperons.
La Gélinotte de Barbarie, dont M. des Fontaines fait mention dans les Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1787, p. 50), la même que l'Encyclopédie méthodique décrit sous le nom de Gélinotte rayée, pl. 188, fig. 13, est encore un jeune mâle de notre Ganga unibande ; la Gélinotte des rivages, de l'Encyclopédie citée, page 200, pl. 02, fig. #, appartient également à cette espèce (1).
La longueur totale de ce Gallinacé varie de douze à quatorze pouces, suivant les pays d’où on le reçoit. Dans les contrées arides et brülées de l'Afrique, où les ressources alimentaires doivent sou- vent manquer, l'espèce est constamment d'une taille inférieure, tandis que les individus tués dans les provinces fertiles de l'Espagne, ont des dimensions plus grandes, leur plumage est plus beau et les couleurs en sont plus vives.
Ces différences sont constantes pour tous les animaux , mais plus spécialement pour ceux qui se nourrissent de végétaux et de semences; l'abondance ou la disette, dans ces substances alimentaires, dépendent souvent de causes imprévues, et naissent de la localité. J'ai eu lieu de faire la même observation sur plusieurs autres espèces de Gal- linacés et sur un grand nombre d'oiseaux indigènes et exotiques, particulièrement sur ceux qui vivent dans les plaines désertes du
midi de l'Afrique, comparés avec des individus de la même espèce,
(1) Voyez les synonymes de cette espèce, Manuel d’Ornithologie , pages 477 et 478.
GANGA UNIBANDE.
mais vivant sous le beau ciel où le Nil et le majestueux Niger ou Joliba répandent la fécondité.
Sur la gorge de ce Ganga se dessine une tache triangulaire noire,
bordée à sa partie supérieure par une large bande de couleur mar-
ron, qui prend son origine à la base de la mandibule inférieure, s'étend au-dessous des yeux sur les oreilles , et se réunit sur la nuque; la tête, le cou et la poitrine sont d’un cendré légèrement teint de rougeâtre ; une large bande noire, partant de l'insertion des ailes, ceint la poitrine; le ventre, les flancs , les cuisses et l'abdomen sont d'un noir profond ; les couvertures inférieures de la queue, égale- ment noires, sont terminées par une grande tache blanche, ce qui fait paraître cette partie d’un blanc pur; le dos et toutes les cou- vertures des ailes sont d’un roux-jaunâtre ; vers le milieu des plumes de ces parties est un espace plus ou moins étendu d’un cendré-foncé, et toutes sont terminées par du jaune couleur d’ocre ; le bord supé- rieur de l'aile est d’un blanc-terne; les rémiges sont d’un cendré- noirâtre, et les pennes secondaires , d’une couleur cendrée, sont bor- dées et terminées de jaunâtré; la queue est fortement étagée; en dessus d’un cendré-foncé avec des raies noirâtres; toutes les pennes, les deux du milieu exceptées, terminées de blanc; en dessous la queue est noire , terminée de blanc; les petites plumes qui couvrent le devant du tarse sont d’un blanc-jaunâtre ; le bec est bleuâtre; la partie postérieure du tarse et les doigts sont d’un jaune-foncé.
La femelle diffère beaucoup du mâle. Elle n’a pas la tache noire à la gorgè, ni la belle couleur cendrée qui couvre Ja tête et la poi- trine du mâle; ces parties sont jaunâtres, marquées de nombreuses taches noires; à la partie supérieure du devant du cou se trouve une bande cendrée et au-dessus une petite raie noire. Le sommet
de la tête et toutes les autres parties supérieures sont colorées de
ee
GANGA UNIBANDE.
jaune-d’ocre-clair marqué de taches et de raies en zigzags d’un noir plein; le ceinturon noir de la poitrine est plus étroit; toutes les autres parties sont comme dans le mâle. Elle niche à terre dans les broussailles ; suivant l’auteur de la Faune arragonienne la ponte serait de quatre ou de cinq œufs marqués de taches brunes; et suivant Pallas les œufs seraient d’une couleur blanche-pâle. Pallas appelle cette espèce poule des Steppes ou des Landes; on la trouve dans les déserts sablonneux des environs du Volga; elle jette un cri aigu en s’élevant, mais ne fait point de bruit dans son vol. Sa nourriture consiste en graines d'astragale. C'est le Desherdk des Jartares. |
Nous avons recu des individus tués en Espagne, un mâle des déserts de Barbarie, et une femelle trouvée en Allemagne; ils font partie du Musée des Pays-Bas. On trouve des sujets montés dans les Musées de Paris et de Vienne.
np éd ie ne M A J 4
Pr
Ganga couronne, mâle adult.
389.
940.
Ganga COUTOnNRE, fèmelle’.
Prêtre’.
GANGA COURONNÉ.
PTEROCLES CORONATUS. LicuTENnsT.
Le Mäle et la Femelle. — Planches 539 et 340.
CETTE espèce est du nombre des Ganges à queue conique également étagée et n'ayant pas les deux longs filets aux pennes du milieu. On connaissait depuis long-temps le mâle de cette espèce, au moyen d’un individu qui se trouve dans les galeries du Musée de Paris, et qui date
du temps de Buflon; la patrie de cet unique individu n'ayant point
été constatée, on a toujours eu scrupule de l'admettre comme espèce distincte dans les catalogues méthodiques, et ce motif nv'a engagé à ne point en faire mention à l’article Ganga, dans mon histoire des Galli- nacés , vol. 3. On serait probablement resté bien long-temps dans le doute sur la patrie de ce joli Gallinacé, si les résultats des recherches faites par les voyageurs allemands dans les pays arrosés par le Nil n'avaient contribué à étendre le rayon de nos connaissances sur l'histoire naturelle de cette contrée classique. Nous voyons aujour- d'hui marcher de front, et dans un même but scientifique, les dé-
couvertes en histoire naturelle faites dans ce pays, et celles plus
intéressantes encore de la lecture des caractères hiéroglyphiques ou
de la langue des anciens Égyptiens, cachée sous un voile épais,
Recvez D’Oiseaux, 57°. LIVRAISON.
Ci
| GANGA COURONNÉ.
depuis tant de siècles, aux recherches si souvent infructueuses des savans, et dont M. Champollion le jeune a découvert l'explication alphabétique. Puissent les efforts courageux de nos zoologistes , secon- dés des recherches scientifiques des archéologistes protégés par une civilisation nouvelle et par la régénération d'un grand peuple, pro- duire les résultats si ardemment désirés, et tendre à faire concorder plus exactement les traditions de l’histoire sacrée avec les annales des peuples et l’histoire du monde!
Le Ganga qui fait le sujet de cet article a été trouvé dans les déserts de la Nubie par les naturalistes voyageurs envoyés en Égypte par ordre du gouvernement prussien. Le savant M. Ruppel, voya- geant sous la protection du vice-roi d'Égypte, vient aussi d'adresser quelques individus au Musée de la ville de Francfort. Nous trouvons ce Gallinacé inscrit dans le catalogue des objets en double du Musée de Berlin ; M. le professeur Lichtenstein, auteur de cette notice métho- dique , décrit l’espèce sous le nom de Prerocles coronatus, que nous conservons en supprimant le nom provisoire que javais donné au seul individu soumis à mes recherches (1). Les naturalistes mentionnés ne.nous ont rien transmis relativement aux mœurs de notre oiseau. Il serait à désirer qu'on rendit les voyageurs attentifs à cette lacune trop souvent répétée dans toutes les recherches faites par les natu- ralistes ; ceux-ci nous transmettent souvent avec l’envoi des sujets une description minutieuse des couleurs de leur robe, et accompagnée de l’énumération des caractères extérieurs par lesquels on peut distinguer ces espèces de leurs congénères, comme s’il nous importait de connaître par eux ce qui parle à nos yeux et doit faire le but de nos recherches. Nous ne leur demandons point un travail scientifique
(1) J'avais inscrit cet individu sous le nom de Ganga à lorum noir ; caractère saillant et bien
marqué, servant à distinguer l’espèce de tous ses congénères.
GANGA COURONNE. et de bibliothèque ; mais ce que nous avons droit d'exiger d'eux, est le plus souvent passé sous silence. C'est à l'étude de l'anatomie , des mœurs et des habitudes des animaux qu'ils doivent vouer leurs re- cherches; c'est en observant la nature et en rassemblant les faits que leurs collections acquerront un plus grand prix aux yeux des savans et des naturalistes.
Le bec de cette espèce est grèle et comprimé. Le mâle est facile à distinguer aux trois petites bandes d’un noir profond prenant leur origine à la base du bec; l’une de ces bandes couvre une très-petite partie de la gorge; les deux autres partent de chaque côté des narines, couvrent la région du lorum et remontent vers le front , qui est cou- vert de petites plumes blanches; le milieu du sinciput est peint d’une plaque roussâtre couleur lie de vin, et cette plaque est encadrée par une bande d’un cendré-bleuâtre couvrant l'orbite des yeux en forme de sourcil et réunie à l'occiput ; du jaune-ocre est répandu sur le devant du cou, sur les joues, et forme collier autour de la nuque; la partie inférieure du cou, la poitrine et tout le ventre sont d’une teinte
lie de vin qui se nuance en isabelle clair sur l'abdomen et sur les plumes
des tarses; les parties supérieures ont une teinte lie de vin très-pro-
noncée et variée sur les couvertures des aiïles.et sur les scapulaires de
grandes taches jaunâtres; les rémiges sont d’un cendré-noirâtre, et les pennes dites moyennes terminées par une tache isabelle; toutes les pennes de la queue sont d’un isabelle-rougeâtre, marquées vers la pointe d’une petite bande noire et terminées par des pointes d’un blanc pur; le bec et les doigts sont d’un noir bleuâtre. Longueur totale, dix pouces.
La femelle n’a pas les trois bandes noires de la base du bec ni l’espèce d’auréole qui couvre la tête du mâle; le devant du cou et
les joues seulement sont d’un jaune terne; de petites stries noires
EA
GANGA COURONNÉ.
couvrent le fond isabelle des parties supérieures de la tête et de la partie postérieure du cou; toutes les parties inférieures du corps sont marquées de lignes noires, très-fines, disposées en forme de demi- cercle vers le bord de chaque plume, et disposées sur un fond isa- belle-blanchâtre; les parties supérieures ont des bandes en zigzags très-fines, assez espacées et peintes sur le fond isabelle-rougeñtre; les pennes de la queue ont la même distribution de couleurs que dans le mâle, mais le fond rougeâtre est parsemé de bandes noires en zigzags; les rémiges ont une teinte brune.
Nous avons dit que cette espèce a été trouvée en Nubie. Des indi- vidus des deux sexes font partie des Musées des Pays-Bas, de Berlin, de Francfort et de Vienne; on voit un mâle dans les galeries du Musée de Paris.
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Ganga / cchtenslein, mate
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Ganga cchlensleut, fmelle’
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-GANGA LICHTENSTEIN.
PTEROCLES LICHTENSTEINTI. TEun.
Le Méke, planche 365.— La Femelle, planche 561.
M. le professeur Lichtenstein occupe un rang distingué dans la sphère des sciences sous le triple titre de savant, de naturaliste et de voyageur. Le Musée de zoologie de l’Université de Berlin confié à ses soins, en grande partie le fruit de ses travaux, est sous tous les rapports digne de fixer l'attention des naturalistes. Ce Musée n'est point inférieur aux autres établissemens de ce genre, plus heureu- sement situé près du littoral du continent, et par une telle position mieux à méme de profiter des grands avantages que fournissent la marine ; k commerce et les colonies. Puisse cette dédicace, dictée par l'estime et par l'amitié, prouver à M. Lichtenstein combien je suis sensible aux témoignages de bienveillance dont il m'honore.
L'espèce de Ganga que nous publions ici est nouvelle, mais elle paraît avoir été méconnue sous ce rapport par M. Lichtenstein, qui a cru reconnaître dans cet oiseau le Ganga bibande de mon Histoire naturelle des Gallinacés, vol. 3, pag. 247. Le catalogue de vente des doubles du Musée de Berlin en fait mention sous le n°. 676.
Le mâle ressemble au premier coup-d’œil au mâle de mon Ganga
Recueil p’Oiseaux:, 60°. LIVRAISON.
A
GANGA LICHTENSTEIN. quadrubande par la couleur rouge du bec et par les trois bandes fron- tales dont les deux espèces sont munies; le reste du plumage offre des différences très-marquées dans la distribution des couleurs et dans le nombre des bandes ou colliers de la poitrine; la taille et les formes sont aussi diflérentes. Il est assez probable que ces deux espèces habi- tent à peu près les mémes contrées, car j'ai obtenu, depuis la publi- cation de mon ouvrage sur les Gallinacés, la preuve certaine que le Ganga quadrubande a été trouvé non-seulement sur la côte de Coro- mandel, mais encore sur une grande étendue des côtes d'Afrique; j'en ai recu plusieurs individus du Sénégal; motif de plus pour faire adopter la dénomination de Pterocles quadrucinctus , préférablement
à celle de Tetrao indicus, sous laquelle les catalogues méthodiques en ont donné le signalement. jé:
Le mâle du Ganga Lichtenstein a, comme nous venons de le dire, le front ceint de trois bandes, celle du milieu est noire et les deux autres sont blanches, mais cette bande noire est de forme demi-cir- culaire : elle est droite dans le Ganga quadrubande ; une tache noire placée au dessus des yeux et qui n'existe point dans cette dernière espèce sert encore à caractériser celle-ci; la gorge est couleur nan- quin, et cette teinte domine sur la plus srande partie du plumage; la tête et les joues sont marquées de petits points noirs; le cou et la nuque de lunules noires; le manteau et les ailes de larges bandes noires accompagnées sur les grandes couvertures de liserés blancs; les pennes secondaires des ailes sont brunes à la base, d'un blanc pur sur les barbes extérieures, et d’un noir plein vers la pointe; les rémiges sont noirâtres, liserées et terminées de blanc; un large plastron couleur nanquin couvre toute la poitrine; ce plastron est divisé par le centre d’un collier peu large, couleur marron ou cho-
_ colat, qui remonte vers la partie postérieure du cou; toute la poitrine ,
GANGA LICHTENSTEIN. l'abdomen et les flancs sont blancs, mais chaque plume porte vers le bout un croissant noir, ce qui fait paraître ces parties comme couvertes d’écailles ; la queue est arrondie, un peu conique, mar- quée de bandes noires et d’une teinte nanquin-roussâtre; le bec, la partie postérieure du tarse et les doigts sont rougeâtres. Longueur totale, de g à 10 pouces.
La Femelle, planche 361, manque des bandes frontales, de plas- tron et de collier ; le fond du plumage est d’un blanc sale légèrement jaunâtre sur les parties supérieures, et coupé de bandes de croissans _et de petites taches noires très-rapprochées; tout le dessous du corps est écaillé de noir comme dans le mâle; la poitrine et le devant du cou sont rayés de fines bandes très-étroites ; le dos et les ailes de bandes en zigzag un peu plus larges; le cou, la gorge et la téte de petites méches et de points noirs; le bec est brun et les pieds sont rougeätres ; la peau nue qui entoure les yeux dans les deux sexes n’a pas de couleur déterminable sur les individus préparés; elle paraît avoir été rougeÂtre. |
Tous les sujets que j'ai vus ont été envoyés de Nubie par les voya- seurs prussiens et par M. Ruppel; ils font partie des Musées des Pays-Bas , de Berlin et de Francfort.
n35
GANGA MOUCHETÉ ou KITTAVIAH.
PH ROCL ES GUTTATUS: LicarTenxs:
La Femelle. —Planche 345.
Ce joli Gallinacé nous parvient à temps opportun pour servir à constater les erreurs de plusieurs naturalistes. Nous donnons la seule figure de la femelle adulte , vu que le mâle a été figuré assez bien dans les planches enluminées de Buïlon 1 30, sous le nom de Gelinotte du Sénégal.
La découverte de cet oiseau est due aux recherches de Shaw (1) sur les côtes de Barbarie; il dit que les Arabes le désignent sous le nom de Kittaviah , ce qui nous a été confirmé par les voyageurs qui viennent de faire des courses dans les contrées visitées par Shaw. Mais ce natu- raliste n'ayant pas remarqué le très-petit doigt postérieur ou plutôt l’ongle placé sur le tarse de notre oiseau, a fait naitre des doutes sur l'identité du Kiftaviah et de la Gelinotte du Sénégal de Buflon. Le Pline français, séduit par l'hypothèse que les elimats influent sur la nature et les couleurs du plumage, et cherchant à retrouver dans les contrées tropicales et équatoriales les variétés de nos espèces du midi de l'Europe , ne veut admettre la Grelinotte du Sénégal de sa
(1) Trav. in Barbary and the Levant, pag. 253.
Recues D’OisEaux, 8°, LIVRAISON.
. AS
GANGA MOUCHETÉ OÙ KITTAVIAH:
planche 150, que comme variété de climat du Ganga d'Europe (1) ou du Cata des Arabes. Cette erreur a été signalée dans l’article de mon Ganga d'Europe, pag. 207 ; mais ne possédant point alors un individu du Kitaviah, les planches données par Buffon me servirent de moyen unique; je crus reconnaître dans cette Gelinotte du Séné- gal , pl. 130 , l'espèce décrite dans l'ouvrage sur les Gallinacés précité, comme étant le même oiseau que mon Ganga velocifer ( Pterocles tachypetes, pag. 274 ), et je commis une erreur, car ce Ganga velocifer est une espèce distincte. Depuis ce temps nous avons appris à mieux connaître toutes ces espèces par les naturalistes voyageurs envoyés en Égypte, et particulièrement par les objets contenus dans les brillantes collections recueillies par les soins de M. Ruppel. Enfin M. le professeur Lichtenstein croyant rétablir l'ordre dans ce petit groupe d'oiseaux, a publié dans le catalogue des doubles du Musée de Berlin, pag. 64, un court aperçu sur quelques Gangas d'Afrique. Ces notices peu exactes contiennent des erreurs, dues sans doute à l’insuffisance des moyens comparatifs dont notre estimable ami se trouvait pourvu. N ous allons les signaler , afin qu'elles ne se reproduisent plus dans les ouvrages de pure compilation: et ne passent pas dans les catalogues méthodiques.
En premier lieu nous voyons, n°. 673, le Ganga de cet article, ou le Kittaviah de Shaw, présenté sous un JV majuscule, comme espèce nouvelle, à laquelle M. Lichtenstein donne le nom de Pterocles gutta- tus, dénomination que nous adoptons ici en fesant remarquer qu'il faut ajouter comme synonymes, Tetrao senegalus, de Linné et de Latham, ainsi que la planche 130 de Buffon, comme le mâle de notre oiseau. Suit n°. 675, Pr. Senegalensis, où se remarquent trois erreurs : la
(1) Notre Pterocles setarius ; Hist. des Gallinacés, vol. 3, pag. 256. Le Tetrao alchata des méthodes , sous le nom de GeZinotte des Pyrénées, Buff. pl. enl. 105, mâle, et 106, femelle.
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GANGA MOUCHETÉ OÙ KITTAVIAN. première que Senegalensis est synonyme du précédent, que Vamaqua de Latham est synonyme de mon Pferocles tachypetes , et enfin , que ce Pt. Senegalensis de M. Lichtenstein forme une espèce nouvelle inédite, dont je publie dans ce recueil le mâle et la femelle, pl. 354
et 5, sous le nom de Pterocles canatus. Enfin, n°.678 de ce même
catalogue, contient sous le nom de Pierocles bicinctus (Temm.) la description d’une autre espèce nouvelle, rapportée mal à propos à mon Ganga bibande, du vol. 3 des Gallinacés, pag. 247. Je publie- rai cette espèce sous le nom de Péerocles Lichtensteinu ; nous donne- rons incessamment la monographie de ce petit genre et les portraits de toutes les espèces qui n'ont point encore été figurées.
Le mâle figuré dans les planches enluminées de Buflon 130, a toute la gorge et les côtés du cou d’un beau jaune; une bande cendrée en- toure l’œil et suit derrière cet organe les côtés de l’occiput; elle se fond par demi-teintes en cendré-isabelle qui colore la partie inférieure du cou ; le sommet de la téte est roussâtre; un isabelle pur-et clair couvre la poitrine , les parties inférieures, le dos et les petites couvertures des ailes; une teinte plus blanche est répandue sur l'origine des ré- miges et les couvertures dont elles sont pourvues ; leurs baguettes sont noires et l'extrémité est noirâtre avec une faible trace blanchätre à l’extréme pointe ; des taches d’un pourpre mat disposées sur les moyennes couvertures des ailes et sur les scapulaires dont l'extrême pointe est peinte de jaunâtre; une tache noire longitudinale marque la ligne moyenne du ventre; toutes les pennes de la queue ainsi que les deux longs filets sont d’un brun-isabelle marqué vers le bout de noir , et de blanc jaunâtre à la pointe; l’excédant des filets sur les pennes latérales est noir; le bec est noir. Longueur totale, onze pouces. |
Le nom de Guttatus convient mieux et est particulièrement appro-
A+
GANGA MOUCHETÉ OU KITTAVIAH. prié à la femelle de notre pl. col. 345, qu’au mâle des pl. enl. de Buffon 130. La femelle a tout le plumage couvert de petites mouche- tures noires, disposées sur un fond isabelle plus où moins clair; elle a comme son mâle la gorge jaune, mais la teinte est moins pure et plus blanche sous le bec; le ventre et l'abdomen sont les seules parties non mouchetées de son plumage, mais elle est pourvue de la grande tache noire sur la ligne moyenne du ventre, et on voit un peu de jaunâtre à l'extrême pointe des plumes scapulaires. Les voyageurs prussiens et M. Ruppel de Francfort ont envoyé _ plusieurs individus du centre de l'Égypte; nous en avons vu des côtes de Barbarie; il est douteux si l'espèce se trouve aussi au Sénégal, l'indication de Bufon le ferait soupconner, mais nous n'en avons aucune preuve, vu que l'individu sur lequel la planche enluminée 130 repose ne se trouve plus au Musée de Paris. On voit plusieurs sujets des deux sexes dans les Musées des Pays-Bas, de Berlin, de Vienne et de Francfort.
Prêtre’
Ganga ventre - brule, mât’
304.
900.
| | Ganga ventre’ brule; femelle’
Lrékre. £
GANGA VENTRE-BRULÉ.
PTEROCLES E XUSTUS. Temunm.
Le Mäle, pl. 554.— La Femelle, pl. 560.
Nous avons fait la remarque aux articles Prerocles coronatus et guttatus, que M. Lichtenstein a commis plusieurs erreurs de nomen- clature dans l’article sur le genre Ganga placé dans le catalogue de vente des doubles du Musée de Berlin, pag. 64 ,et qu'il a méconnu ou mal cité quelques espèces décrites dans mon histoire naturelle des Gallinacés. Le no. 675, sous la dénomination de Pterocles Sene- galensis, offre la diagnose exacte de l'espèce nouvelle dont nous offrons ici les portraits du mâle et de la femelle, espèce distincte que M. Lichtenstein confond avec mon Prerocles tachypetes dont nous publierons incessamment une figure. L'erreur doit sans doute étre attribuée au manque de renseignemens suffisans sur la patrie de ces olseaux. |
Le Ganga de cet article nous a été envoyé en grand nombre des côtes occidentales d'Afrique, et nous en avons eu connaissance peu de temps après la publication de l'ouvrage sur les Gallinacés. Depuis ce temps les collections de Berlin et de Francfort ont obtenu des
individus par les voyageurs qui exploitent l'Egypte dans le but des
Recuerz p’OisEaux , 60°. LIVRAISON.
A+
GANGA VENTRE-BRULÉ. découvertes en zoologie. Les individus obtenus de ce pays par les naturalistes prussiens et par M. Ruppel ne diffèrent point de ceux que j'ai recus du Sénégal.
Cette espèce à queue en filet est facile à distinguer de tous ses congénères au bec grèle d’un bleu foncé, à la teinte noire et comme brülée du ventre, au blanc pur du bout interne des rémiges les plus courtes, et à la très-étroite bande ou collier qui ceint la poitrine du mâle.
Le mâle, planche 354, a une faible teinte jaunâtre à la gorge et aux joues; un cendré faiblement teint de couleur lie de vin couvre la tête, le devant du cou, la nuque et le manteau; un collier noir, rarement accompagné d’un liseré très-fin et d’un blanc pur, passe sur la poitrine et aboutit vers l’humérus ; le milieu du ventre est noir; les côtés et les cuisses marron; l'abdomen et le tarse blancs ; les grandes couvertures des ailes jaunes, marquées à grand intervalle de quatre ou de cinq fines bandes marron ; la queue cendrée à bouts blancs et à filets noirs. Longueur, à peu près 19 pouces.
La femelle, planche 360, a le ventre noir brülé, marqué de bandes rousses; des mêches noires en fer de lance sur la poitrine et sur les parties supérieures du cou; du noir en raies et en zigzag sur les parties supérieures et à la queue; la gorge et la région thorachique d’un jaune isabelle.
Habite les côtes occidentales de l'Afrique, l'Egypte et la Nubie.
Musées des Bays-Bas, de Paris, de Berlin, de Vienne et de
Francfort. |
GENRE HÉTÉROCLITE. GE NUS EY-h AT A PTE S: lüticen.
Bec court , grèle, conique; mandibule supérieure faiblement courbée, une ramure ou sillon le long de l’arète. "+
Narines basales, latérales, couvertes:par les plumes du front...
Pieds; seulement trois doigts très-larges, réunis totalement jusqu'aux ongles, de manière que la pointe seule du doigt du milieu, et les ongles des doigts latéraux indiquent l'existence des phalanges; plante des pieds couverte de rugosités ; tarse et doigts abondamment couvertS de plumes lameuses._
Ailes très-longues, la première rémige dépassant de beaucoup toutes les autres;
LE
celle-ci et la deuxième terminées en fil. # L
Queue conique, à pennes subulées, les deux du milieu alongées en fil.
L'EsPÈcE unique de ce genre a été signalée par le célèbre Pallas , et rangée par ce savant dans le groupe Tetrao de Linné. Des natu- ralistes francais en ont formé le genre Heteroclitus; maïs Illiger, jugeant avec raison qu'une pareille dénomination générique ne pouvait être admise, proposa, pour désigner ce genre, le nom très-bien imaginé, Syrrhaptes, qui sera sans doute conservé dans tous les cata- logues méthodiques. J'ai fait mention de cet oïseau dans l’histoire des Gallinacés, vol. 3, page 282, sur une description accompagnée d’un dessin très-achevé, que M. Fischer de Moscou me fit l'amitié
Recugiz D'OisEaux, 16°. LIVRAISON.
4 \
GENRE HÉTÉROCLITE. de m'envoyer : c’est d'après ce dessin que la planche 95 de ce recueil a été gravée (1). Je fis hommage de l'espèce à la mémoire du respec- table doyen des naturalistes, le savant professeur Pallas ; et je crus nécessaire de supprimer la dénomination triviale de Paradoxus, vu que, considérée comme Tetras, l'espèce pouvait offrir des caractères abnormes ; mais qu'en érigeant cette même espèce en genre dont elle est à la fois le type et l'espèce unique, il serait ridicule de lui appliquer une dénomination si peu appropriée, et par cela seul vicieuse. Ce que nous avons à dire sur les mœurs de cet oiseau
nomade fait partie de la description dans l’article qui suit.
(1) En publiant la gravure faite sur ce dessin, je me suis écarté de l’engagement que nous avons pris envers le public, de ne jamais donner que des figures d’après nature. Cest la seule gravure de ce recueil dont nous ne pouvons garantir l’exactitude ; c’est aussi la première qui ait subi la critique : et je conviens que les remarques de M. Lichtenstein me semblent très-
exactes. Il en sera fait une plus ample mention dans l’article suivant.
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Prétre,
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Pallas ,
Hétéroclite
HÉTÉROCLITE PALLAS.
SYRRHAPTES PALLASII. TEemm.
Probablement le Jeune Mâle. — Planche 95.
J'ai dit, dans l’article précédent, que la gravure publiée en 1821 sans texte descriptif, livraison 16, pl. 95, a été faite sur un dessin trés- achevé, communiqué par M. le professeur Fischer de Moscou; c'est sur ce dessin , etsur les notes fournies par ce savant, que repose l’article Hétéroclite publié en 1815 dans le troisième volume des Pigeons et Gallinacés. Les naturalistes nous sanront sans doute gré d’avoir tardé jusqu'a ce jour, 1826, à leur fournir la description de ce rare et smgulier gallinacé : le motif de ce retard est qu'ayant été instruit par mon ami le professeur Lichtenstein, directeur du Musée de Berlin, que la figure pl. 95, et ma description de l’'Hétéroclite, manquaient d’exactitude, je ne devais plus balancer à supprimer provisoirement le texte destiné à accompagner cette gravure. M. Lichtenstein me dit qu'ayant reçu de la Bucharie deux peaux très-complètes d'Hété- roclite, et se trouvant à la veille de publier la narration du voyage de M. Eversmann dans cette contrée, il avait formé le projet d’en- richir l'ouvrage de notes et de remarques sur l'histoire naturelle de ce pays. L'ouvrage mentionné m'est enfin parvenu; j'en profite pour donner aux naturalistes une traduction des remarques additionnelles
Recuerz D'Oiseaux , 16°. LIVRAISON.
HÉTÉROCLITE PALLAS.
de M. Lichtenstein, que je fais précéder par la description publiée dans le troisième volume des Gallinacés, vu que cette dernière est nécessaire à l'explication de la figure ci-jointe, que mon ami M. Lich. tenstein croit être faite sur un jeune individu, ou la femelle de cette espèce, sur laquelle il nous manque encore des renseignemens exacts, les sujets obtenus de la Bucharie par M. Eversmann étant mâles (1). Voici la description formant l'extrait de l’article Hétéroclite de V'his- toire des Gallinacés.
La longueur totale prise du bout du bec à l'extrémité des pennes latérales de la queue est de 8 pouces 10 lignes ; les deux filets du milieu débordent les plus longues pennes de 3 pouces 5 lignes; les filets alongés des rémiges vont jusqu’à la moitié de la longueur de ceux qui dépassent la queue : le bec a 5 lignes : la longueur du doigt du milieu, l’ongle compris, est de 8 lignes.
Le sommet de la téte d’un cendré-clair ; le haut du cou et lanuque orange-foncé ; la partie inférieure du cou et la poitrine cendrées; quelques plumes de cette dernière partie sont terminées par un crois- sant noir; elles forment, par leur réunion, un ceinturon, qui aboutit de chaque côté à l’insertion des ailes; le ventre est d’un cendré- jaunâtre; une large bande noire dont les extrémités remontent au- dessous des ailes est placée en avant des pieds; l'abdomen, les cuïsses, les plumes des tarses et des doigts et les couvertures inférieures de la
queue, sont d’un fauve blanchâtre; du cendré-jaunâtre couvre les
(1)Si M. Lichtenstein veut bien me confier l’un des exemplaires déposés dans les galeries du Musée de Berlin, nous le ferons peindre d’après nature, et la figure du mâle adulte sera fournie sous le numéro 95 bis. Par ce moyen les souscripteurs seront en quelque sorte dédommagés de la longue attente, et nous aurons rempli scrupuleusement l’engagement pris envers le pu- blic. La figure publiée par M. Vicillot, galerie des Oiseaux, pl. 222, est une très-mauvaise
copie de notre planche coloriée,
HÉTÉROCLITE PALLAS.
parties supérieures , mais les plumes du dos sont terminées de crois- sans noirs; les petites couvertures des ailes portent vers le bout une tache noïre, mais. les moyennes sont bordées et terminées par une teinte rouge-pourpre; les pennes secondaires sont noirâtres, bordées de brun-jaunûâtre; les rémiges, d’un cendré-noirâtre, sont terminées de blanc, les deux extérieures exceptées, dont le prolongement fila- menteux est noir : la queue, très-étagée, est d’un cendré-foncé; toutes les pennes, terminées de blanc, ont à leurs barbes intérieures quel- ques grandes taches rousses; la penne latérale de chaque côté est ‘encore bordée de blanc; les deux filets du milien sont très-subulés et terminés en fils noirs. Les tarses et les doigts sont courts, abon- damment garnis de plumes laineuses; les ongles sont noirs, larges et très - déprimés, celui du doigt du milieu est le plus fort, il est pourvu d’un sillon-latéral. J'ai jugé par l’analogie qu'offre cet oiseau avec les Gangas munis de brins à la queue, que l'individu figuré pl. 95 est un mâle, vu les longs filets dont les ailes et la queue sont munies. M. Lichtenstein pense que ce pourrait être la femelle, mais je crois devoir induire des renseignemens fournis par M. Delanoue que le dessin obtenu de M. Fischer a été fait sur un jeune mâle. La traduction des remarques publiées par M. Lichtens- tein dans le voyage de M. Eversmann contient en substance :
« Que c’est à juste titre qu'on a considéré cet oiseau comme un des phénomènes les plus intéressans en ornithologie. » La difficulté de se procurer et d'observer les dépouilles de cette espèce sont les causes que l’histoire de ce gallinacé est remplie d’obscurités; les indi- vidus du Musée de Berlin ne me mettent point encore à même d’en fournir une histoire complète : nous donnons ici quelques remarques et additions aux descriptions fournies par Pallas et Temminck.
Pallas n’a eu à sa disposition qu’un seul individu , probablement le
HÉTÉROCLITE PALLAS. mâle ; il lui manquait les pennes de la queue. Temminck fit la des- cription sur un dessin (1), probablement le modele de la belle figure publiée récemment dans les planches coloriées, vu que la des- cription correspond exactément avec cette figure. Je vais indiquer les différences observées entre la figure mentionnée et nos exem- plaires.
Nos individus sont plus grands, ils portent en longueur totale, de la pointe du bec au bout des pennes caudales, les deux longs filets exceptés, 11 pouces 6 lignes; la queue a 3 pouces 6 lignes, et les deux pennes intermédiaires dépassent celle-ci de 5 pouces dans l’un des sujets, et de 3 pouces dans l’autre. Les couleurs sont beaucoup plus vives. Non seulement la gorge est d’un orange-vif, mais la partie antérieure de la tête de même qu’une raie derrière les yeux, sont de cette couleur; la tache derrière l’organe de la vue forme tri- angle, et s’unit à la nuque par une faible bande transversale; la tache à la gorge est d’une nuance plus foncée à sa partie inférieure et bordée par une bande marron : la bande transversale de la poitrine n'est pas formée exclusivement par les taches en croissant, mais toutes les plumes de ces partes ont un croissant noir placé sur fond blanc : la poitrine au-dessous de cette bande, et les petites couver- tures des ailes sont d’une teinte cendré-jaunâtre un peu plus foncée, mais.en méme temps plus faible que celle du dos (2). La bande noire du ventre est plus large que dans la figure, elle s'étend plus
loin sur la ligne moyenne que vers les côtés ; la première rémige est
(1) La description de l'oiseau figuré pl. 95 m’a été fournie par M. Fischer. Jai dit, page 267 des Gallinacés : je dois à M. Fischer le dessin et la description de cet oiseau. Le sujet de Pallas fait partie du cabinet du professeur Schwægrichenà Leïpzik ; 7’ai examiné cet individu totalement dégradé.
(2) Et was maiter und dunkler als die grund farbe.
HÉTÉROCLITE PALLAS. noire sur toute l'étendue de la barbe extérieure; les suivantes sont d'un cendré-blanchâtre à tiges noires; à parur de la sixième elles sont d’un brun enfumé à la pointe, et les barbes intérieures sont bordées de blanc. Toutes les pennes de la queue et leurs couvertures sont très-étroites et terminées en pointes ou fils; toutes les cou- vertures inférieures et l’abdomen sont d’un blanc pur.
La figure de la plante des pieds gravée sur cette planche de M. Temminck est totalement manquée; j'insiste sur ce défaut, puisque le caractère le plus marquant a été déduit , dans ce genre, de la forme des pieds et des doigts; en effet, si la plante des pieds de cet oiseau ressemblait à la figure indiquée, on se déciderait difhci-
lement à séparer notre oiseau de ceux du genre Pferocles.
Le plus grand individu rapporté par M. Eversmann n'offre en
longueur totale de la plante des pieds que dix lignes, dont il faut déduire une ligne un quart pour la substance cornée de l'ongle du milieu; la largeur de cette plante est par contre de cinq lignes. Il
est impossible de voir une séparation quelconque de doigts, celui du milieu méritait seul ce nom; celui-ci est aussi large que long, et tout près de la base de son ongle, très-large, naît de chaque côté l’ongle du doigt latéral caché sous la peau et à peine visible par son ongle obtus; l’interne est un peu plus grand et plus bombé que l’ex- terne. Cet oiseau, à l’instar du Chameau dans la classe des Mam- mifères, est pourvu de doigts immobiles, revêtus en dessous d’une épaisse couche calleuse, et reconnaissables seulement à leurs ongles.
Nous ne suivrons point M. Lichtenstein dans les conséquences qu'il déduit de cette forme des pieds, ni dans les rapports qu'il croit voir entre l’Hétéroclite et le Kittawah de Schaw, notre Ganga mou- cheté où Kittaviah pl. 345. Nous préférons terminer cet article par lob-
servalion succincte, mais trèsintéressante, fournie par M. Delanoue,
D'\
HÉTEROCLITE PALLAS. placée dans le Dictionnaire classique d'Histoire naturelle, vol. 8, pag. 162. |
M. Delanoue, qui depuis Pallas a traversé les déserts qui bornent l'Empire immense voisin de la Chine, a été plusieurs fois à même d'étudier les Hétéroclites; il les a observés dans leur marche lente et même pénible en apparence, puisqu'elle les oblige à de fréquentes alternatives de repos : dans leur vol rapide, bruyant, direct et élevé, mais peu soutenu; dans leur manière de chercher sur un sable mou- vant leur nourriture qui consiste en petites graines amenées par les vents; enfin dans les soins de leur progéniture. Il a plusieurs fois surpris la femelle durant l'incubation, qui, malgré de vives inquié- tudes, ne se décidait qu’à là dernière extrémité à quitter le nid où se trouvait l'espoir d’une nouvelle famille. Ce nid n'offrait pour tout duvet que quelques brins de graminées, entourés de sable, et qui contenait quatre œnfs d’un blane roussâtre, tachetés de brun; il était placé au milieu de quelques pierres amassées sous un buisson. Le voyageur cité assure que la femelle diffère peu du mâle; on la distingue néanmoins facilement par la privation de longues plumes aux ailes et à la queue.
Les Kirguis désignent l'espèce sous le nom de Buldruk, dénomi- nation dont M. Eversmann nous apprend le sens, et que ces peu- plades donnent aux jolies femmes. Les Russes lui donnent le nom de Sadscha. Les déserts de la Tartarie nourrissent ce singulier gal- linacé. |
Musées de Moscou et de Berlin.
992,
Francolin ensanglant,, male.
Prétre . k |
FRANCOLIN ENSANGLANTÉ.
PERD EX CRU EN T A, Tsmnm.
Le Méle.— Planche 352.
IL suffit de jeter un coup d’œil sur la figure ci-jointe pour être convaincu que cet oiseau n'est pas un Faisan. M. le major-général Hardwicke a publié sous ce nom de Phasianus cruentus une très-
courte notice de notre oiseau, Transactions Linnéennes, vol. 15,
page 237. |
Le caractère unique servant de moyen pour distinguer les Fran-
colins des Perdrix proprement dites , consiste dans l'existence ou le manque d'éperons aux tarses des mâles : les premiers en sont pourvus et les derniers ont le tarse lisse dans les deux sexes, ou bien garni chez le mâle d’une protubérance ou callosité. Le nombre des épe- rons au tarse des mäles des différentes espèces de Francolins n’est pas rigoureusement déterminable ; quelques-uns n'ont qu'un seul éperon plus ou moins long; d'autres en ont deux d’égale ou d’iné- gale longueur; d’autres enfin ont constamment trois éperons au tarse droit et deux seulement au gauche. Notre Francolin ensanglanté participe aussi à cette anomalie; on trouve des individus à deux, à trois et à quatre éperons ; le mäle est le plus souvent armé de
RecugiL D'Oiseaux, 56°, J-LVRAISON.
FRANCOLIN ENSANGLANTÉ.
trois éperons d'inégale grandeur à chaque pied ; celui que nous figu- rons ici a le tarse gauche pourvu de quatre éperons de grandeur inégale , et le tarse droit de deux éperons d’égale grandeur ; ces épe- rons, les tarses, les doigts, la nudité ophtalmique et la cire sont d’un beau rouge-ponceau ; une petite huppe, composée de plumes un peu longues, orne la tête de ce beau Gallinacé ; sa queue est de moyenne longueur et arrondie, et son bec proportionnellement court et très- bombé ; le tarse est généralement plus grêle que dans les autres Fran- colins de l'Inde et de l'Afrique. :
Le plumage n’est pas moins remarquable que les belles formes de cet oiseau ; un gris très-pur couvre les parties supérieures du corps et du cou; chaque plume de ces parties porte une raie blanche sur toute étendue de la ligne moyenne, et cette bande longitudinale est bordée de chaque côté par une raie noire; toutes les grandes couvertures de la queue portent de larges franges couleur carmin; cette belle teinte carmine borde les pennes de la queue, qui sont grises à leur base, blanches au bout, et dont les baguettes ont un lustre argen- tin; les baguettes des pennes alaires ont cette même teinte; mais sur toutes les couvertures se dessine une bande longitudinale d'un vert tendre accompagnée de bordures noires ; les plumes de la huppe sont panachées de blanc sur un fond gris ; celles du front et du lo- rum ont une teinte rouge noirâtre passant en sourcil au dessus des yeux ; les parties inférieures du corps et du cou ont une teinte vert tendre un peu jaunâtre à la poitrine, et d’un vert plus décidé sur les flancs ; le devant du cou est panaché de noir sur un fond jaune- verdâtre; la gorge et toutes les couvertures du dessous de la queue sont d’un carmin très-pur; on voit des taches carmin clair, irréguliérement réparties sur les barbes des plumes de la poitrine, et en petits points ronds sur celles des flancs. Ces taches couleur de sang réparties sans
FRANCOLIN ENSANGLANTÉ
symétrie apparente ont valu à l'espèce le nom qu'elle porte ; elles res-
semblent en effet à des taches de sang dont le plumage paraît comme souillé. La taille du mâle approche de celle d’une poule domestique ; il est un peu plus petit que le Francolin criard d'Afrique, dont nous donnerons sous peu une figure dans ce recueil. Longueur totale à peu près de 16 pouces. |
La femelle est plus petite ; elle ressemble au mâle par le plumage, mais les teintes sont moins vives et moins pures; le tarse n’est pas armé d'éperons.
Ce bel oiseau est un habitant de l’Inde; il vit dans les pays mon- tueux encore peu exploités de la chaîne du Népaul. M. Hardwicke a recu deux sujets de M. Gardner , résident anglais à la cour de Né- paul; deux autres sujets que j'ai vus à Londres ont été rapportés par un voyageur qui a parcouru ce pays. C'est de la même source , mais par un voyageur Danois dont le nom ne me revient point , que le Musée des Pays-Bas a recu le bel individu mâle qui a servi à la présente description.
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À Pretre..
ch Francolin «& rabat, mal.
A
219.
FRANCOLIN À RABAT.
PERDIX LONTICERIAN 4 lan.
Le Müle. — Planche 2153.
Cerre belle espèce, propre au continent de l'Inde, a été observée par Sonnerat, qui, le premier, a signalé les couleurs de son plu- mage; mails cet auteur omet, dans la description de cet oiseau, comme dans celle de tant d’autres qu’il se contente d'indiquer succinctement, la partie descriptive la plus agréable et la plus
intéressante à connaître; je veux dire l’histoire de ses mœurs.
La longueur totale de ce Francolin est de dix pouces ; le tarse
a un pouce sept lignes ; la queue est assez longue et arrondie comme
celle des Perdrix grises; le bec est absolument semblable à celui des Perdrix grises; les yeux ne sont point entourés d’un espace nu, le mâle porte un seul éperon très-acéré. |
Une espèce de petite gorgerette ou de rabat distingue ce Fran- colin; cet ornement, qui lui donne un air gracieux, est produit par une large bande rousse dessinée sur la gorge, les bords en sont
comme lisérés par une étroite bande noire; le front et la région
des veux sont d’un roux-clair: cette couleur passe en forme de Y -
sourcils sur les yeux et se termine vers l’occiput ; le haut de la tête
RecuriL p’Oiseaux, 36°. LIVRAISON.
AD
FRANCOLIN A RABAT. est d’un gris terreux ; la poitrine est rayée alternativement de blanc. jaunâtre et de brun-clair ; le dos, les grandes et les petites couver- tures des ailes et le croupion ont des plumes colorées de gris-brun ; elles sont marquées sur les bords de leurs barbes de grandes taches noires; trois raies transversales d’un blanc-roussâtre, disposées sur les barbes extérieures; toutes les pennes latérales de la queue sont rousses depuis leur origine, elles sont noires vers leur extrémité et términées de blanc-roussâtre ; les deux pennes intermédiaires sont grises mais semées de nombreux zigzags bruns; elles ont quatre bandes d’un blanc-jaunâtre; le ventre et l'abdomen sont blancs, rayés d’une double rangée de zigzags; les plumes des flancs ont quelques taches rousses. Fe
La femelle diffère du mâle par l'absence de l’éperon qui est remplacé chez elle par un petit tubercule calleux ; les couleurs du plumage sont en général plus ternes et plus brunes; le petit rabat , qui se dessine sur la gorge, n'est point aussi bien marqué que chez le mâle, le roux en est plus clair.
Le bec du mâle et de la femelle est rouge à sa base et jaunâtre vers son extrémité; l'iris et les pieds sont rouges.
Sonnerat a trouvé cette espèce sur la côte de Coromandel , dans le territoire de la ville de Pondichéry. Le mâle et la femelle sont
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PERDRIX LE VAILLANT.
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1” Adulte. — Planche 477.
Ce Gallinacée, que le célèbre voyageur Le Vaillant rapporta le premier de ses voyages dans l’Afrique méridionale, est un peu plus
grand que notre Francolin d'Europe; il a le bec beaucoup plus long,
quoique pour la forme semblable au bec de nos Perdrix d'Europe. La mandibule supérieure des Perdrix et des Francolins d'Afrique
est en eflet plus longue et plus courbée que dans les espèces d'Eu-
rope et d'Asie (1). Ce bec en pioche sert à ces oiseaux pour fouiller le sol qui recèle les bulbes des plantes dont ils se nourrissent habi- tuellement.
Cette espèce n’a pas été décrite dans notre ouvrage sur les Galli- nacées, vu qu’à l’époque de cette publication nous ne possédions que le sujet détérioré rapporté par le voyageur cité; aujourd'hui, que plusieurs individus des deux sexes peuvent servir à constater nos observations, nous n’hésitons plus à donner le portrait de cette belle espèce. |
(1) Le Francolin à long bec, Perdix longirostra de Sumatra, seul excepté. Cette espèce est
décrite dans l'Histoire des Gallinacées, vol. 3.
RecuEIL D'OISEAUX , 80 * L1VPAISON.
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PERDRIX LE VAILLANT.
Le devant du cou est couvert par un large hausse-col marbré de bandes noires sur un fond blanc; les parties latérales de ce hausse- _col remontent vers le méat auditif; une calotte brune couvre la tête: elle est entourée par une bandelette de plumes noires et blanches, qui se dirigent sur la partie inférieure de la nuque; l’espace entre cette bande et le hausse-col est d’un roux vif; une seconde bande de cette couleur occupe l’espace entre ce collier et la partie blanche de la gorge. Les parties inférieures sont d’un brun cendré marqué de stries blanches; ces stries couvrent les baguettes ; sur les barbes antérieures se dessinent des raies en zig-zag, et sur les barbes inté- rieures de grandes taches noires; les parties supérieures sont cou- vertes de grandes taches rousses, grises et brunes, marquées de zig- zags noirs de forme variée. L'iris des yeux est aurore; le bec est noir à base jaunâtre, et les pieds sont bruns. Longueur totale, onze pouces six lignes.
La femelle est plus petite, et les couleurs de sa livrée sont moins vives. |
_ On trouve cette Perdrix dans les cantons peu boisés de la colonie du cap de Bonne-Espérance; elle n’y est pas aussi répandue que le Francolin connu sous le nom d'Ourikinas , la Perdrix afra des méthodes.
Musées de Paris et des Pays-Bas.
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PERDRIX AYAM-HAN.
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Le Mâle. — Planche 146.
UE queue très-courte entièrement cachée par les couvertures su- périeures, un bec long et fort, et des ongles peu courbés et longs , distinguent cette espèce de tous les congénères.
La région ophtalmique est nue et d’un beau rouge, quelques pe- tites plumes disposées à claire-voie entourent l'orbite des yeux ; on aperçoit aussi la peau nue de la gorge entre les plumes qui couvrent cette partie; le sommet de la tête est d’un roux marron, quelquefois d’un roux fauve; la gorge, le devant du cou et la nuque sont d'un roux clair, marqué de taches noires; une bande noire passe au-dessus des yeux, et une autre s'étend de chaque côté du cou; la partie in- férieure du cou et la poitrine sont d’un cendré bleuâtre, et cette cou- leur , coupée de bandes noires, règne sur toutes les parties supérieures du corps ; les couvertures des ailes sont d’un cendré roussâtre, les plus grandes sont cendrées ; vers l’extrémité de ces plumes se trouve une grande tache noire, toutes sont terminées de roux marron ; les pennes de la queue ont une teinte cendrée bleuâtre , dessinée de zig-zags noirs ; les parties inférieures sont d’un beau roux foncé sans
mélange. Le bec est noir, mais rougeâtre vers la pointe, l'iris gris
Recverz D'OisEaux , 25°. LIVRAISON.
PERDRIX AYAM-HAN. et les pieds d'un rouge clair. Longueur, neuf pouces six lignes. On trouve des individus dont le sommet de la tête est d’un roux plus ou moins cendré, et la poitrine d’un cendré bleuâtre pur.
C'est Perpix Javanica. Lath. nd. Orn., vol. 2, pag. 651, Sp. 27. — PEerprix AYAM-HAN. Temm., Hist. nat. Pis. et Gall., ». 5, p.404. — JAVAN PARTRIDGE. Lath. Syn., vol. 4, pag. 775. — Brown. Ilusi. zool. , tab. 17. Une figure au-dessous de toute critique.
Cette belle Perdrix vit dans différens districts de l’île de Java; elle
_est très-abondante dans celui de Passourouang ; on la trouve dans
les plaines et sur les montagnes, le plus habituellement à la lisière des bois ; son cri d'appel est à peu près le même que celui de la Per- drix grise d'Europe. Les Javanais désignent l'espèce par le nom de Ayam-ayam-han. M. Horsfield indique Dagu pour la dénomina- uon malaise de cet oiseau. |
Notre espèce est indiquée par Sonnini, dans la nouvelle édition des Œuvres de Buffon , sous l’article du Réveil-Matin, de Bontius. ou Perdix suscitator de Latham ; mais ce gallinacé , à voix de butor , n'a point été trouvé à Java par les voyageurs qui ont parcouru cette contrée. Îl faut par conséquent classer ce récit de Bontius parmi les fables , et exclure du catalogue de nomenclature l'espèce qui y figure, sous le nom de Perdix suscitator.
On trouve ce gallinacé dans plusieurs collections. Un individu du Musée des Pays-Bas a servi de modèle à la planche ci-jointe.
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PERDRIX MÉGAPODE.
PERDIX MEGAPODIZA. TE.
Le Mâle et la Femelle. — Planches 462 et 463.
À peu près de la taille et pourvue d’un bec peu différent de celui de la Perdrix ayamhan, pl. col. 147, dont elle rappelle la coupe d’aile et la forme de la queue, la Perdrix nouvelle figurée 1c1 diffère remarquablement de son congénère de Java par les pieds plus forts munis de doigts très-longs et d'ongles longs subulés et courbés. La longueur du doigt du milieu avec l’ongle porte plus de deux pouces.
Un roux mordoré très-vif couvre tout le sommet de la tête et
s'étend sur locciput et la nuque; l'organe de l’ouïe est aussi recou-
vert par des plumes de cette couleur, séparées du roux de la nuque par une bande noire qui, couvrant le lorum, passe au-dessus du bord de la petite région ophthalmique, et suit parallèlement, avec une bande blanche, l’espace mordoré de la nuque; des plumes noires lisérées de blanc couvrent les tempes et le devant du cou, où se dessine une grande plaque blanche. Le dos est gris olivâtre à liséré brun; le croupion porte de grandes taches noires en forme de fer de lance; les ailes sont chamarrées de grandes taches noires sur
Recugir D’OisEaux, 78°. LIVRAISON.
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PERDRIX MÉGAPODE. un fond mordoré très-vif; la poitrine est cendrée, le milieu du ventre blanc pur, et les plumes des flancs sont grises, avec une tache blanche à leur centre et de larges bordures mordorées le long des bords des barbes. Le bec est noir, les pieds sont d’un gris bleuâtre, et les ongles bruns. Longueur, dix pouces.
La femelle, pl. 465, diffère du mâle par l'absence de roux à la tête, remplacé par du brun cendré à mèches noires; la bande sour- cillière est d’une teinte claire pointillée de noir; des mèches noires sur un fond roux ou roussâtre couvrent les tempes et le devant du cou, mais la plaque est d’un roux vif; la poitrine est bariolée et ta- chetée, et les plumes blanches du ventre portent des croïssans rous- sâtres; les taches mordorées sont peu nombreuses sur les ailes , et les bordures des plumes du dos sont d’un fauve clair, liséré en dessus comme en dessous d’un trait noir.
L'espèce vit au Bengale, et a été envoyée au Musée de Paris par M. Duvaucel. On voit des sujets dans le cabinet de la société z00-
logique à Londres.
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Perdrix de 11e, femelle.
PERDRIX DE HEY.
PERDIX HEFYI. Temnu.
Le Mâle et la Femelle.— Planches 328 et 529.
M. Crertscumarr, Directeur du Cabinet d'Histoire Naturelle à Francfort, nous a fait passer sous le nom indiqué ci-dessus le mâle et la femelle de cette espèce nouvelle du genre Perdrix; ils font partie des envois adressés par M. Ruppel au musée de sa ville natale. Ce bel établissement, érigé sous les auspices d’une société composée de savans distingués , et au moyen des subsides patriotiques fournis par la classe opulente des habitans, fait le plus grand honneur aux vues d'utilité publique de ceux qui en posèrent les premiers fondemens.
Sous le rapportdes noms proposés dans les ouvrages les plus récents on se voit souvent embarrassé d'admettre une série de ces noms propres donnés par les auteurs à des espèces inédites. Les noms très-obscurs
de personnes qui n’ont aucun mérite scientifique, et dont les travaux
mercenaires n’ont pu contribuer directement aux progrès de l'histoire
naturelle, ne devraient point être admis dans nos catalogues. C'est probablement pour se débarrasser des soins d’une recherche plus scien- tifique que ces auteurs choisissent dans les cadres d’un équipage de
navire, depuis le chef jusqu'au mousse, sans toutefois s'oublier eux-
Recueiz D'Oiseaux , 55°, LIVRAISON.
PERDRIX DE HEY. mêmes, des noms qu'ils appliquent sans choix au premier animal qui leur tombe sous la main. Si l'emploi d'une grande quantité de noms peu connus dans le domaine de la science paraît sous tous les rapports mal vu, il n'en est pas de même du choix d’un nom propre du savant distingué, du voyageur intrépide, du naturaliste voué aux recherches, ou bien des personnes qui ont pu contribuer à en faciliter les moyens , enfin de celles qui ont un mérite quelconque dans la sphère des sciences. À ces titres nous savons gré à M. Cretschmaer de rendre hommage au compagnon intrépide et plein de zèle et de dévouement, associé à M. Ruppel dans les voyages scientifiques dont ils poursuivent le cours. Les dangers affrontés par M. Eley dans le seul but de se rendre utile; les courses périlleuses entreprises pour faire des découvertes dans une terre jadis classique, transformée aujourd'hui en un désert affreux , sont des titres que nous nous empressons de faire valoir et auxquels l'hommage d’une dédicace répond d’une manière très-faible relativement au mérite personnel.
Ce joli Gallinacé est de taille moyenne entre la Perdrix et la Gaulle d'Europe; un plumage coloré par grandes masses, un bandeau blanc et une grande tache longitudinale de la méme couleur placée derrière l'œil peuvent servir de caractères distinctifs du mâle; des plumes un peu longues, larges du bout, forment une petite coiffure peu distincte à l’occiput; un cendré légèrement pourpré ou couleur lie de vin couvre la tête et tout le haut du cou; une teinte plus claire tirant à l’isabelle est répandue sur la partie du bas du cou , sur la poitrine, le manteau et les scapulaires ; les plumes des flancs et du ventre, colorées de la teinte liede vin, et mordorées sur les barbes intérieures, sont toutes bordées latéralement par une bande brune-noirâtre ; les ailes sont d’un cendré-isabelle pointillé de fines stries brunes ; du
blanchâtre est disposé en festons sur les barbes extérieures des ré-
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PERDRIX DE HEY. miges ; le dos et les couvertures du dessus de la queue portent des
raies brunes très-fines sur un fond cendré jaunâtre; les pennes de la
queue sont d'un roux vif, à l'exception des deux du milieu colorées
et rayées comme les couvertures ; le bec est jaune, et les pieds sont cendrés. Longueur totale, huit pouces.
La femelle a tout le plumage rayé transversalement; elle manque de bande frontale et de tache blanche derrière les yeux; toute la région de cet organe est parsemée de petits points bruns sur un fond isabelle très-clair ; de fines bandes grises et brunes couvrent la tête et le cou ; une teinte cendrée isabelle irrégulièrement ondée et rayée est répandue sur toutes les parties supérieures ; les rémiges sont marbrées de roux, et la queue rousse comme dans le mâle a des marbrures brunes vers le bout des pennes; toutes les parties inférieures sont couvertes de zigzags et de raies transversales d’un gris clair sur un fond blanchâtre terne; enfin le bec est brun. |
Les deux individus que M. Cretschmaer a bien voulu me confier font partie du Musée de Francfort ; ils ont été tués par M. Hey dans les déserts d’Acaba en Arabie. |
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CAILLE À VENTRE PERLE. *
FERDEX STRIAT A. Liv.
Le Mäle. — Planche 82.
CETTE espèce est décrite par Latham d’après Sonnerat (1) qui l’a fait connaitre; mais ici, comme dans toutes les descriptions d'animaux observés par ce naturaliste, nous regrettons que l’auteur se soit restreint à la description de leur plumage, sans entrer dans les moindres détails sur les mœurs et sur les habitudes, partie de l’histoire des étres la plus intéressante à étudier.
Nous avons donné une description de cet oiseau dans l'Histoire des Gallinacés, vol. 3, pag. 470, où il se trouve placé dans le
genre Coturnix ; depuis on a jugé que ce genre pouvait être supprimé
pour ne faire qu’une section de celui sous le nom de Perdix ; j'en
ai exposé les motifs dans le Manuel d'Ornithologie, et j'ajouterai qu’en formant des Cailles un genre distinct de celui des Perdrix, il serait aussi nécessaire de former deux coupes génériques des Fran- colins et des Colins; les premiers à cause des éperons dont les tarses des mâles sont armés, et les seconds vu la hauteur du bec, pourvu
(x) Grande Caille de Madagascar, Sonn. , Voy. Ind., vol. 2, pag. 160, tab. 08. — Lath., Ind, Orn., vol. 2, pag. 654, sp. 36.
Recverz D’OisEAux , 14°. LIVRAISON.
CAILLE A VENTRE PERLÉ.
d'une échancrure ou dent, dans une espèce; ce cas existant, les femelles des Francolins ne pourraient étre classées qu'avec les Pre- drix, et de cette manière on se verrait conduit par une telle voie, strictement méthodique, à séparer le mâle de la femelle en deux genres distincts ; les Perdrix à bec très-allongé et en pioche récla- meraient une nouvelle coupe générique; il faudrait en distraire également la Perdix guianensis des méthodes, à cause de l’échan- crure au bec; les Cailles à bec long et les Perdrix à bec allongé ne pourraient être réunies; ainsi on parviendrait à former dans le genre Perdix six ou sept nouveaux genres parfaitement inutiles, mais en harmonie avec ce grand nombre de divisions et de subdi- visions dont les nouveaux systèmes sont encombrés.
Cette grande Caille d'Afrique se distingue de tous ses congé- nères par la force du bec et par la longueur de la mandibule supé- rieure ; caractère que nous avons également fait observer chez toutes les espèces de Perdrix proprement dites et chez tous les Francolins qui habitent cette partie du globe; apparemment que la mandi- bule supérieure allongée et formée en pioche sert à cet oiseau aux mêmes fins, et que, destiné comme les Perdrix Africaines à se nourrir de plantes bulbeuses, cachées par un sol dur et graveleux, il fait usage de ce bec pour labourer la terre; sa queue est un peu plus longue proportionnellement à celle de la Caille d'Europe, mais elle est, comme dans cette espèce, cachée par les couvertures supérieures ; du reste, quoique modelée sur les mêmes formes, elle est d’un tiers plus grande dans toutes ses dimensions.
La Caille de cet article porte en longueur totale neuf pouces; le bec a dix lignes et le doigt du milieu avec l’ongle un pouce quatre lignes. Le sommet de la tête, la partie postérieure du cou, le dos et le croupion sont d'un brun-roux; sur le centre de chacune de
CAILLE A VENTRE PERLE. ces plumes est une large bande d’un blanc-jaunâtre qui suit la direc- tion de la baguette; sur les plumes de la nuque sont quelques taches noires et sur celles du dos des bandes transversales noires et rousses; l'espace entre l'œil, la gorge et le devant du cou sont d’un noir profond; au dessus des yeux passe une étroite bande blanche, qui se dirige sur la nuque ; depuis la base du bec une seconde bande blanche, mais plus large, passe au dessous des yeux et vient border latéralement le noir du devant du cou; sur la poitrine est un plas- tron de forme ronde et de couleur marron-foncé ; les côtés du cou (compris entre l'espace des deux bandes blanches) et les parties latérales de la poitrine sont d’un beau cendré-bleuâtre; le milieu du ventre, d’un noir profond, porte de grandes taches rondes d'un blanc pur; sur le marron-foncé des plumes des flancs on voit une large bande blanche qui en occupe le centre , et ce blanc est bordé de chaque côté d’une étroite ligne noire; les couvertures des ailes sont rayées transversalement de noir et de blanc-roussâtre ; quelques-unes portent une étroite ligne blanche le long de la baguette et la plupart sont terminées d’un peu de blanc; les rémiges sont d’un brun-cendré avec un peu de roux sur la barbe extérieure; les pennes de la queue sont noires, coupées de fines bandes transver- sales rousses; le bec est noir; l'iris d'un jaune terne, et les pieds roussätres.
Il est assez probable que cette description appartient au mâle de l'espèce ; la femelle n'est point encore connue. |
Cette belle Caïlle habite l’île de Madagascar; elle émigre sur toute l'étendue de la côte orientale de l'Afrique. Le mâle que je viens de décrire fait partie du Musée des Pays-Bas; un individu semblable est déposé au Muséum de Paris.
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z.Caille rate mile. 2. femelle.
CAILLE NATTÉE.
PERDIX TEXTILIS. TEemm.
Le Méle et la EF malle Mlle 35.
Czrre Caille est un peu plus petite que celle d'Europe; ses proportions sont les mêmes ; leur plumage se ressemble, mais celui de la Caille nattée est plus marqué de raies et de taches foncées, et les parties inférieures sont variées de taches et de raies nombreuses. Le mâle se distingue par une tache noire triangulaire au menton , et par deux bandes noires, étroites et demi-circulaires qui ornent le devant du cou; la première entoure la gorge et les angles remontent devant l'orifice des oreilles; l’autre descend sur la poitrine et ses angles vont joindre la partie postérieure de l'organe indiqué; une petite moustache noire marque l'angle du bec, et une raie cendrée s'étend de l'œil aux narines ; tout le reste du devant du cou est blanc et c'est la couleur des larges sourcils qui s'étendent vers l'occiput ; une bande noire plus ou moins large, souvent indiquée par de nom- breuses taches rapprochées, couvre le thorax; toutes les parties infé- rieures sont marquées de mèches noires avec des traits blancs parallèles, disposés sur un fond blanc-roussâtre ; les bandes surcillaires et celles
du milieu du crâne sont semblables à celles de notre Caille d'Europe;
Recueiz D'OIsEaux , 6°. LIVRAISON.
CAILLE NATTÉE.
les plumes du cou, du dos, des scapulaires, et celles qui couvrent le croupion sont peintes au milieu d’une tache lancéolée d’un blanc- roussâtre , bordée de noir; le reste des barbes est marqué de grandes: taches noïres coupées par des bandes rousses et cendrées ; les cou- vertures des ailes sont cendrées et coupées par des bandes jaunâtres bordées de noir; les pennes sont cendrées. |
La femelle diffère du mâle par le manque de la tache triangu- laire et des bandes demi-circulaires à la gorge ; celles-ci sont indiquées par une série de petites taches noires disposées de la même manière que les bandes chez le mâle; la gorge est d'un blanc pur; les parties supérieures ne différent point d’une manière très-marquée, mais celles du cou et du dessous du corps sont d’un blanc-roussâtre , irré- gulièrement marqué de taches noires et de raies longitudinales blanches; ces dernières sont disposées sur les flancs; le milieu du ventre est blanc. |
Sonnerat a parlé de cette espèce sous le nom de petite Caille de Gingi, et Sonnini l'indique dans l’article de la Caille de la côte de Coromandel. Cest Perpix CoromanpeLica, Lath. nd. Ornith. vol, 2, pag. 684. Sp. 36. Les descriptions des auteurs mentionnés n'in- diquent point la tache noire triangulaire à la gorge du mâle adulte, ce qui fait présumer qu'ils n’ont vu que de jeunes mâles ou bien des femelles.
Cette espèce habite le continent de l'Inde, elle paraît commune au Bengale. On trouve les individus des deux sexes dans les Musées
| de Paris et des Pays-Bas.
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Lrétkre.,
PERDRIX ROUSSE-GORGE.
PERDIX CAMBAYENSIS. Larr.
Le Mäle et la Femelle adultes. — Planche 447 , fig. 1 et 2.
IL résulte souvent les erreurs les plus graves de l’empressement qu'on met à classer les animaux dans nos méthodes, et à publier les résultats d’une première observation basée sur l'examen, quelque- fois très-superficiel, d’un sujet unique. L'article que nous publions 1CI peut servir de preuve nouvelle que les publications trop précoces nuisent plus où moins à l'étude de l’histoire naturelle: elles tendent souvent à porter la confusion dans la classification méthodique.
Latham, induit en erreur par l'examen d’un sujet de cette espèce déposé dans les galeries du Musée britannique à Londres, sur lequel
il composa son article Perdix cambayensis, Ind. Ornit. vol. 2,
page 655 , sp. 44, ne s’est point douté que l'individu avait été mu- tilé; le manque d’ongle au doigt postérieur lui parut sans doute très- extraordinaire, puisqu'il fait mention à deux reprises de la phrase digito postico mutico , dans un article de quatre lignes. Fixant mon attention sur cette remarque faite par Latham, et d'avance frappé de l'analogie entre le manque d’ongle chez cette espèce, et l'absence
Recuerz D'OISEAUXx , 75° LIVRAISON.
& é PERDRIX ROUSSE-GORGE.
bien constatée de tout ongle dans le Cryptonix ou Roulon! couronne. Voyez les PI. col. 350 et 351. J’associai ce Perdix cambayensis à l'espèce bien connue. Me trouvant à Londres, j'y vis l'individu qui avait servi à la description de Latham ; et sans doute prévenu en fà- veur de l'absence de l'ongle au doigt postérieur, je ne m’apercus point de l'état imparfait du sujet : ce n’est qu'après avoir eu sous les veux une multitude de dépouilles de la même espèce, toutes pour- vues d’un ongle au doigt postérieur, que je me doutai de l’état de dégradation du sujet déposé au Musée britannique. Get individu est un jeune mâle revétu en partie du plumage de l'adulte, mais ressem- blant plus au total à la vieille femelle dont le portrait accompagne cet article. Îl résulte de tout ceci que le Perdix cambayensis est une véritable Perdrix, et qu'il faut rayer tout l’article du Cryptonix roux fourni dans l’histoire des Gallinacés, vol. 3, pag. 554. Le genre Crypitonix ne comprendra que l'espèce unique sous Cryptonix coro- nalus.
L'espèce étant réintégrée à sa véritable place, nous ferons observer qu'elle s'éloigne un peu des Perdrix par la forme du bec, qui est très- court, plus haut que large, à mandibule supérieure très-fléchieg, le tarse du mâle est pourvu d’un tubercule très-fort; les sujets très- vieux ont ce tubercule extraordinairement développé, pouvant pres- que tenir lieu d’éperon obtus. L'espèce est encore caractérisée par la petite taille, moindre que celle de notre caille d'Europe, dont elle n’a pas la coupe d’aile; les pennes sont étagées comme chez les Perdrix proprement dites. Les sexes diffèrent par les couleurs du plumage, mais le mâle et la femelle ont toute la région gutturale d’un beau roux foncé.
Le mâle adulte, en état parfait du plumage, est facile à distinguer de la femelle par les belles bandes noires et blanches dont toutes les
# L PERDRIX ROUSSE-GORGE.
parties inférieures sont couvertes, ses bandes transversales, très- régulières, sont peu larges sur toutes les parties du devant du cou et de la poitrine : elles occupent plus d’étendue sur le ventre et sur les flancs; les cuisses et la région abdominale sont d’une teinte isa- belle foncée. Les parties inférieures chez la femelle sont d’un roux isabelle, sans taches ni raies, mais un peu teint de couleur lie de vin à la poitrine. Le plumage des deux sexes n'offre à peu près aucune dis- parité dans la distribution des couleurs des parties supérieures et de la tête; trois raies, dont une rousse et deux blanches passent sur les joues; une raie blanche et une rousse passent au-dessus des yeux, et l’autre bande blanche en dessous : elles aboutissent au côté du cou ; le sommet de la tête est varié de gris et de noirâtre ; tout le dos est gris marqué de nombreux zigzags très-déliés; les ailes sont aussi de couleur cendrée variée de zigzags, mais chaque plume porte une raie blanche plus ou moins large; sur la baguette quelques unes ont encore de grandes taches noires irrégulières, et des bandes trans- versales jaunâtres ou roussätres encadrées de noir; la queue est ar- rondie, rayée à grand intervalle de roux jaunâtre encadré de noir : vale entre ces bandes est couvert de zigzags très-fins ; les pieds,
les ongles et la mandibule inférieure sont jaunes; la mandibule su- périeure est brune. Longueur de cinq pouces huit ou dix lignes à six pouces au plus. | Cette espèce est très-abondante dans tous les cantons cultivés de l’Inde; on la trouve en grand nombre sur les marchés, dans les villes du Bengale, particulièrement à Calcutta. Les’ Musées de Paris et des e MM. Duvaucel et Dussumier.
Pays-Bas ont obtenu des individus
A lretre’.
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COLIN SONNINL
PERDIX SONNINII Tru.
Le Mâle. — Planche 75.
JE conserve à ce Colin , qui n’a été désigné dans aucune méthode, et seulement d’une manière peu satisfaisante par les voyageurs, le nom du naturaliste qui le premier nous a donné sur l’histoire de cet oiseau des renseignemens plus positifs. M. Virey le décrit dans la nouvelle édition des œuvres de Buffon (1); avant lui l'abbé Rozier l'avait indiqué dans le Journal de Physique de l’année 1772, tom. », part. 1*., pag. 217, et figuré planche 2; Barrère et Laborde en font aussi mention; mais ces indications ont été confondues avec les descriptions, également très-succinctes, de l'espèce du Zoné- colin.
Ce Colin, qui habite des climats où la température ne se refroidit jamais à tel point que les substances végétales languissent dans une inanition temporaire, nest point contraint, par un manque de nourriture ou par un froid trop âpre, d'abandonner les lieux qui l'ont vu naître ; il n’émigre point comme le Coléniqui ; l'espèce est sédentaire dans les contrées de l'Amérique méridionale. Ces Colins
(1) Buffon, édit. de Sonn., ». 7, p. 133.
RecuriL D'OisEaAux, 13°. LIVRAISON.
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| COLIN SONNINI. ainsi que tous leurs congénères vont par compagnies de sept ou huit, jüusqu'à quinze ou seize; lorsque la troupe prend son vol, les vieux se lèvent les premiers. Ils habitent de préférence les petites bornes sur la lisière des bois, et ils ne sont pas si sauvages qu’on n'en rencontre plusieurs compagnies dans le voisinage des habitations. Les jeunes ne se lèvent pas facilement, et se cachent fort bien dans les grandes herbes entrelacées dans les buissons et les peuts palmiers épineux, où ils se retranchent. Quand ils partent, ils ne poussent point de cri, et filent droit tout de suite; leur vol n’est pas élevé de plus de cinq ou six pieds; les jeunes éparpillés se rappellent entre eux par un petit sifflement assez semblable à celui de nos Perdreaux. Ce Colin pond en différens temps et fait deux couvées. Sonnini rapporte qu'il a vu nourrir en cage de ces oiseaux, avec de petites graines, mais ils conservaient toujours un caractère sauvage et farouche , et ils s’agitaient extraordinairement lorsqu'on s’approchait d'eux. sa |
Ce Colin se distingue, au premier coup d'œil, du Zonécolin, ( Perdix cristata Lath.) par les couleurs plus foncées de son plu- mage ; le roux-marron, le cendré-rougeâtre et le noir en forment les teintes principales; tandis que dans le Zonécolin, c’est le blanc- jaunâtre, le cendré-brun, le noir et le roux qui dominent : chez ce dernier la femelle diffère beaucoup du mâle par les distributions des couleurs du plumage , tandis que chez le Colin Sonnini le plu- mage de la femelle ne diffère de celui du mâle que par les teintes moins vives : dans le Zonécolin les quatre ou cinq longues plumes droites qui forment la huppe sont implantées en avant des yeux, vers le front ; dans le Colin Sonnini, de semblables plumes forment une huppe, mais qui se relève au milieu du crâne et dont les plumes
sont implantées entre les yeux.
COLIN SONNINI.
La longueur totale est de sept pouces et jusqu'à trois ou quatre lignes; le bec est comme dans le Zonécolin , et le tarse a aussi la même longueur. Quatre ou cinq plumes étroites, dont les deux plus longues mesurent un pouce, sont implantées sur le haut de la tête, entre les yeux; elles sont jaunâtres avec un peu de brun au milieu ; le front est jaunâtre, et c’est aussi la couleur qui entoure la base des deux mandibules; toute la gorge et une large bande derrière les yeux sont d’un roux-foncé, sans que les plumes soient bordées d’une couleur différente ; les plumes de la nuque et des côtés du cou portent des taches blanches, noires, et de couleur marron; le haut du dos est d’un cendré-roux avec de nombreux zigzags noirs ; toutes les autres parties supérieures portent, sur un fond cendré- roux, de grandes taches noires et des zigzags bruns ,et les couver- tures des ailes ne sont point bordées de couleurs claires ; la poitrine d’un cendré-rougeâtre clair, qui est à points noirs, porte encore
quelques taches blanches disséminées; toutes les plumes des parties
inférieures, ainsi que les couvertures inférieures de la queue, ont
trois grandes taches ovoides d’un blanc pur, disposées de chaque côté de la plume le long de ses bords; ces taches sont entourées de noir et le milieu de la plume est d’un beau roux-marron; les rémiges et les pennes secondaires sont brunes; les pennes de la queue sont d’un brun très-foncé, avec une multitude de petits zigzags noirs ; le bec est noir et les pieds sont jaunâtres.
La femelle, toujours un peu moins grande, n'a point de ces plumes allongées sur la tête; les couleurs de son plumage sont plus pales, mais les distributions en sont les mêmes.
Je termine cet article des Colins par la remarque que plusieurs autres oiseaux portent ce même nom dans les écrits de Fernandez (1).
(1) Voyez Fernandez, Hist. avium novæ Hisp. cap. 24, 25, 39, 85 et 134.
COLIN SONNINI.
Nonobstant les indications succinctes de cet auteur et l’impossibilite de reconnaitre les espèces différentes qu'il se contente de signaler par les noms les plus barbares, nous voyons cependant les méthodistes s’aviser de les produire, comme autant d'espèces distinctes d'oiseaux ,
Parmi ces Colins de Fernandez indiqués plutôt que décrits, on doit rayer les suivans de la liste des espèces de Perdrix d’Amé- rique. Le Cacacolin, du chapitre 154 ; les deux espèces d’Accolins ou Cailles d’eau , aux chapitres 10 et 131; le grand Colin de Buf- fon (1) et que Fernandez indique au chapitre 59, sans lui donner de nom ; l’'Ococolin, chapitre 85 , indiqué par Buflon (2) sous le nom d'Ococolin ou Perdrix de montagne du Mexique , le même oiseau dont Brisson fait une espèce de Rollier (3) , et ensuite une espèce de Caille ou de Perdrix (4); Fernandez parle encore d’un autre Oco- colin au chapitre 211, mais celui-ci est du genre Pie. La prétendue Caille des îles Malouines (5), figurée par Buffon, est encore un Colin, ‘mais que je n'ai jamais vu en nature.
Musées de Paris et des Pays-Bas.
(1) Perdix novæ Hispaniæ. Lath., Ind. Ornith., v.2, p. 653, sp. 33. (2) Perdix nævia. Lath., Ind. Ornith., v.2, p. 649, sp. 19.
(3) Galgulus mexicanus cristatus. Briss., Ornith. ,v: 2, p. 84.
(4) Perdix montana mexicana. Briss., Ornith., v. 1, p. 226, sp. 3. (5) Perdix falklandica. Lath., Ind., v. 2,p. 653, sp. 32.
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CRYPTONIX ou ROULOUL COURONNE.
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Le Male, planche 3bo.— La Femelle, planche 551.
Nous avons fait observer dans le discours sur le genre Tétras publié dans le troisième volume de l'Histoire naturelle des Pigeons et des Gallinacés, pag. 110, que le Rouloul de l'Encyclopédie fait partie du nombre des oiseaux classés par Gmelin, treizième édition des œuvres de Linné, dans le genre Tetrao; Latham le range parmi les Perdrix.
La forme du bec et des narines des Cryptonix distingue ceux-ci, du premier coup d'œil, des oiseaux compris dans le genre des Per- drix, tandis que le manque de l’ongle au doigt postérieur est un caractère qu'on ne trouve dans aucun genre d'oiseaux ; il est même probable que ce manque d’ongle a paru aux yeux de certains natu- ralistes, comme une difformité individuelle, puisque Sparmann et Latham, qui donnent des figures sous tous les autres rapports assez exactes du mâle de l’espèce de cet article, le représentent portant un ongle au doigt postérieur : cependant, je puis assurer que ce manque d’ongle n’est point accidentel dans les oiseaux de ce genre, puisque sur plus de vingt individus qui m'ont été envoyés de Batavia,
Recueiz D’Oiseaux, 59°. LIVRAISON.
CRYPTONIX OÙ ROULOUL COURONNÉ. je n'ai vu dans aucun sujet des deux sexes, le moindre indice d’une substance cornée au doigt postérieur.
Sonnerat est le premier qui ait fait connaitre ce singulier Galli- nacé ; indécis sur la place que l’espèce doit occuper, il établit des rapprochemens entre le Faisan et le Ramier d'Europe, et cette circonstance semble avoir déterminé Sparmann à en faire un Faisan, sous le nom de Phasianus cristatus (1); Latham et Gmelin par contre, se sont avisés d'en faire un Pigeon, sous le nom de Co/umba cristata(»); ces derniers font ensuite de la femelle une véritable Perdrix, sous le nom de Perdix viridis (3); et finalement, nous voyons l’auteur An- glais réunir toutes ces indications dans le supplément à l'index, sous la dénomination de Perdix coronata. J'ai cru devoir faire de ces oiseaux un genre distinct, également différent de celui du Pigeon, du Faisan et de la Perdrix. |
Le Cryptonix couronné se distingue par sa taille assez forte, par la nudité très-grande dans laquelle les yeux sont placés; cette peau nue forme autour de l'orbite une membrane proéminente, dont le bord est profondément échancré; les deux sexes portent encore sur la base du bec cinq ou six crins qui décrivent le quart de cercle.
La longueur totale du mâle adulte est de dix pouces; le bec porte neuf lignes; sa hauteur, à la base, est de cinq lignes; le tarse a un pouce huit lignes, il est dépourvu d’ergot et de tubercule calleux; le doigt du milieu avec l’ongle mesure un pouce quatre lignes, et le moignon où doigt de derrière a cinq lignes.
Outre que le mâle difière beaucoup de la femelle par les couleurs du plumage, il s'en distingue encore par cette belle touile de longues
(1) Sparmann, Museum Carls., fase. 3, t. 64. (2) Gmel. Syst. natur: 1, pag. 7974; et Lath. Znd. Orn. v. 2, pag. 596. (3) Tetrao viridis. Grnel. pag. 761.
CRYPTONIX OU ROULOUL COURONNÉ.
plumes à barbes décomposées, qui ceint l’occiput en forme de dia- dème, et que l'oiseau porte toujours à moitié relevée. Le front est noir; de la base du bec s'élèvent six crins, dont les plus longs me- surent un pouce quatre ou cinq lignes; ces crins, assez épais, sont courbés en arrière, ils forment une huppe que l'oiseau peut relever ou abaisser à volonté ; l’espace entre ces crins et le diadème est d'un blanc pur; les plumes qui forment le diadème sont d’un rouge mordoré, longues d’un pouce neuf lignes, et disposées en demi- cercle autour de l'occiput; le tour des yeux ainsi qu’un grand espace derrière est nu, d'un rouge clair, et ce rouge paraît également dans les interstices que laissent les petites plumes clair-semées, disposées sur les côtés de la tête et à l’entour du bec; un cercle proéminent, de couleur rose, et garni d'échancrures, entoure l'or- bite des veux et s'élève un peu au-dessus ; les joues, la nuque, les scapulaires et toutes les parties inférieures du plumage sont d'un noir à reflets brillans de couleur violette; le dos, le croupion et les plumes qui recouvrent une grande partie de la queue sont d'un vert très- foncé; les pennes de la queue sont noires ; toutes les couvertures des ailes et les pennes secondaires sont d’un brun-rougeâtre très-foncé ; sur les plus petites couvertures règnent des reflets violets ; les rémiges sont d’un brun foncé sur leurs barbes intérieures, mais les barbes extérieures sont rousses et marquées de petits Zigzags noirs ; la man- dibule supérieure du bec est presque entièrement noire; l’inférieure ne l’est qu’à la pointe; le reste ainsi que la base de la mandibule supérieure est rouge; les pieds sont d'un rouge-jaunâtre; les ongles sont bruns, et l'iris d’un rouge vif. |
crande que le mâle, en diffère
5 assez par les couleurs du plumage; elle porte comme le mâle les six
La femelle, toujours un peu moins
crins arqués sur la base du bec, mais point de diadème sur l'occiput ;
CRYPTONIX OU ROULOUL COURONNE.
la nudité ophtalmique a la même forme que chez le mâle; tout le haut de la tête, les joues, la nuque et la gorge sont couverts de petites plumes très-courtes et cotonneuses ; elles sont d’un brun- cendré, mais avec une légère nuance violette; le cou, la poitrine, les flancs, tout le dos et les couvertures supérieures de la queue sont d'un beau vert-céladon; le ventre et l'abdomen sont d’un vert- cendré, et les pennes de la queue sont d’un noïir-verdâtre : les scapulaires et toutes les couvertures des ailes sont d’un beau roux- marron; les pennes secondaires sont brunes; les rémiges sont de couleur plus claire que chez le mâle.
Le Cryptonix couronné vit dans les crandes forêts, sans jamais se montrer dans les plaines; c’est un oiseau très-méfiant et farouche, qui ne peut résister à la captivité; le cri d'appel du mâle est un petit gloussement, plus sonore que celui de la Perdrix grise.
Ces oiseaux habitent dans les forêts de la presqu'île de Malaca ; ils sont très-abondans dans toutes les parties de l’île de Sumatra, qui est séparée de la terre ferme par le détroit de Malaca; ils sont en srand nombre dans le district de Palambang. L'espèce est rare à Java. Plusieurs individus m'ont été adressés de Batavia, et les naturalistes voyageurs en ont rapporté de ces pays.
Musées des Pays-Bas et de Paris.
GENRE MÉGAPODE.
GENUS MEGAPODIUS. Tru.
Bec grêle, faible, droit, un peu fléchi vers la pointe, pas bombé, aussi large que haut à la base; mandibule inférieure droite, point cachée par les bords allongés de la supérieure. |
Nartnes distantes de la base du bec et plus près de la pointe, ovoïdes, ouvertes; fosse nasale longue, couverte d’une membrane entièrement garnie de petites plumes. Région des yeux nue; cou garni de plumes clair-semées.
Pieds grands, forts; tarse près du double plus long que le doigt du milieu; tous les doigts longs, le postérieur posant à terre dans toute sa longueur; les antérieurs à peu près égaux; l’interne uni à sa base; l’externe divisé. Ongles très-longs, faible- ment courbés, trigones, déprimés.
Ailes médiocres ; les deux premières rémiges plus courtes que la troisième et la qua-
trième, qui sont les plus longues.
Les Gallinacés qui composent ce genre ne nous étaient point encore connus à l'époque de la publication de la seconde édition du Manuel d'Ornithologie. Les deux espèces, sur lesquelles notre _ nouveau genre a été primitivement établi, ont été rapportées par l'expédition du capitaine Freycinet; depuis cette époque ces mêmes
espèces et une troisième sont parvenues au Musée des Pays-Bas
par les soins de M. Reinywardt qui a rapporté plusieurs individus de ses voyages dans les Moluques.
RECUEIL D'OISEAUX, 37°. LIVRAISON.
GENRE MÉGAPODE. Ce genre doit prendre rang parmi les Gallinacés à queue courte, Il paraît convenablement placé entre les genres Cryptonyx et Tina- mus. On peut considérer ces oiseaux comme les représentans des Tinamous dans les contrées chaudes de l’ancien continent ; quel- ques unes de leurs habitudes, leur port, méme la nature du plu- mage, les couleurs et leur distribution offrent, en quelque sorte, des rapports entre ces oiseaux et nos Mégapodes. Je ne vois point par quel motif on peut leur supposer des rapports avec les Pein- tades ou avec les Lophophores , mais il est certain que leurs doigts et la forme des ongles indiquent quelques rapprochemens avec ces mêmes parties dans le genre Menura. MM. Gaïmard et Reinywardt nous ont communiqué quelques détails relatifs à la manière de vivre de ces Gallinacés; il nous restera cependant encore plüsieurs lacunes à remplir dans la partie descriptive de leurs mœurs et de leurs habi- tudes. Ces Gallinacés habitent la lisière des grandes forêts qui bordent les plages maritimes; ils courent plus qu'ils ne volent; leur retraite est dans les bois où leur genre de vie n’a point encore été observé; surpris en plaine le long des bords de la mer, ils partent au moindre indice de danger et vont se cacher dans l'épaisseur des bois ou des jonchaies, dont ils s'écartent peu ; leur vol est de courte durée et en effleurant la terre; le cri de ces oiseaux paraît être une espèce de gloussement. Leur démarche, observée en captivité, est vacillante; les pieds sont placés en arrière, projetant le corps en avant, absolument comme dans les Tinamous. Cette position des membres moteurs doit nécessairement contribuer beaucoup à les rendre très-ingambes. Leur bec est petit et grêle en proportion du corps ; leur queue courte est recouverte, en grande partie, par les ailes ; ils ont le cou couvert de plumes dispo-
sées à claire-voie, qui laissent voir la peau dans certaines parties.
GENRE MÉGAPODE.
Les mâles ne diffèrent point des femelles, Mais ce qui rend ces oiseaux
très-remarquables est la manière singulière de l’incubation. Ils pa- raît que ces Gallinacés ne couvent point leurs œufs et que sous ce rapport, semblables aux Amphibies, aux Ornithorhynques et à l’Echidné, ils abandonnent l’incubation à la chaleur du soleil dardant ses rayons perpendiculaires sur un sable brûlant ; le fait est certain, puisqu'on trouve les œufs sur les bords de la mer dans des enfoncemens pratiqués dans le sabie et recouverts de ce même sable, de feuilles et de plantes; des milliers d'œufs, déposés de cette . manière, couvrent les plages maritimes dans les îles où ces oiseaux ont établi leur demeure; les naturels savent apprécier l'étonnante fécondité de ces pourvoyeurs ailés; leurs œufs, recherchés avec soin, forment une partie de la subsistance des sauvages qui man- | gent aussi la chair de ces oiseaux ; on a lieu de croire que quelques insulaires sont parvenus à les réduire à un état demi-domestique. Les œufs de ces oiseaux sont d’une grosseur excessivement dispro- portionnée à leur taille, de forme ovalaire et d'égale grosseur au deux bouts. Il serait curieux à savoir de quelle manière les jeunes se comportent au sortir de l'œuf. Les soins maternels que les femelles de tous les Gallinacés connus prodiguent avec tant d’assiduité et de courage à leur progéniture, manqueraiïent-ils totalement à ces Mégapodes qui, par leurs formes totales et par leur étonnante fé- condité, ressemblent si complètement à tous les autres Gallinacés ?
Nous publierons dans ce recueil les figures des trois espèces nou- velles, comprises dans ce genre, savoir : les Mégapodes Freycinet, Reinwardt et La Peyrouse.
Au moment de faire imprimer cet article nous apprenons par
M. Dussumier, amateur plein de zèle et observateur exact (1),
(1) M. Dussumier , de retour de son second voyage à Manille , a visité quelques autres îles.
GENRE MÉGAPODE.
que les détails donnés par nous relativement à la ponte des Méga- podes sont exacts; il ajoute que les tentatives faites pour obtenir des individus de lespèce qui sera publiée sous le nom de Lapé- rouse, ont été infructueuses. Î[l paraît que ces oiseaux déposent, pendant la nuit, leurs œufs dans le sable du rivage; on les voit courir sur la grêve avec une vitesse étonnante; mais à l'indice du danger ils se cachent dans les bois et dans les jonchaies de Rot- ungs, où ils se blotissent sans qu'il soit possible au chasseur de les faire sortir de ces retraites qui favorisent leur fuite.
Il est probable qu’il existe encore à Célèbes une quatrième espèce de Mégapode beaucoup plus grande que les trois autres qui nous sont connues. On peut juger de sa taille par la grandeur des œufs qui ont la forme de ceux de notre Cygne domestique; leur lon- gueur est de quatre pouces cinq ou six lignes. M. Reinwardt a rapporté de Célèbes plusieurs de ces œufs trouvés par lui sur le rivage ; 1l en a ramassé un très-grand nombre; disséminés çà et là sur un espace de terrain très-étendu , chaque œuf se trouvait enfoui dans le sable dont il était recouvert. Ce voyageur, nonobstant toutes les peines qu'il s'est données, n’a pu parvenir à se procurer l'oiseau qui est connu des habitans de Célèbes sous le nom de
Maléo.
de l’Archipel des Philippines et des Mariannes ; il a séjourné au Bengale, d’où il rapporte une belle collection d’oiseaux , rassemblée dans le but d’en faire hommage au Musée du Jardin du Roi à Paris. Quoique formant lui-même une collection ornithologique à Bordeaux, sa ville natale , M. Dussumier met un rare dévouement à enrichir le Musée de Paris des objets uniques qu'il rapporte de ses courses lointaines. Le Musée des Pays-Bas lui doit aussi quelques pièces
rares et intéressantes dans cette branche de l’histoire naturelle.
l'UE.
220, .
€ Sapo de Freycinet:
Lrétre A:
MÉGAPODE FREYCINET.
MDCIDUDILS LRETCINCTL Cou
L’ Adulte. — Planche 220.
Suivant le rapport de MM. Quoy et Gaimard il paraît que cette espèce vit dans un état demi-domestique, à peu près comme nos Canards sauvages, nos Cygognes et nos Pigeons de colombier; plusieurs iles du vaste archipel de la mer des Indes en sont peu- plées. À Guébé ce Gallinacé porte le nom de Blévine et chez les Papous celui de Mankirio. Ces peuples en apportaient de vivans aux voyageurs français, pour être mangés. M. Gaimard en a lui- même chassé dans la petite île de Bony; ils se tiennent dans les lieux humides, volent peu et en effleurant la terre.
Le Mégapode Freycinet a le port et la taille du Tinamou cendré d'Amérique; sa queue courte est arrondie par le bout, les ailes en couvrent plus de moitié; les pieds sont très-forts, munis d'ongles gros , faiblement arqués, déprimés au bout et de moitié longueur des doigts qui sont à peu près égaux ; les plumes de locciput sont un peu plus longues et plus touffues que celles du sommet de la tête; les petites plumes de la partie supérieure du cou sont à claire-voie, de façon que la peau nue, colorée de rougeâtre-terne,
Recuetz D'Oiseaux, 37°. Livraison.
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MÉGAPODE FREYCINET.
se distingue dans les intervalles qu'elles laissent entre elles. Le plu- mage de toutes les parties, sans exception, est d’un noir couleur d’ardoise ou mine de plomb, un peu plus foncé sur les ailes et sur la queue qu'au ventre; le bec est couleur de corne-claire, et les pieds ainsi que les ongles sont d’un noir parfait. Longueur totale , de treize à quatorze pouces; tarse, deux pouces six lignes.
Les œufs sont d’une grandeur disproportionnée en rapport à la taille de l'oiseau qui les produit ; à peu près d’égale grosseur aux deux bouts, longs de trois pouces et demi et d’un rouge-clair. On trouve des amas considérables de ces œuf le long du rivage de la mer; les cavités qui les recèlent sont recouvertes de sable, et les naturels savent reconnaître, à des indices certains, les lieux où ces oiseaux ont enfoui et caché leurs œufs; ils les recherchent avec beaucoup de soin. |
Cette espèce, dédiée par M. Gaimard au chef de l'expédition dont il a fait partie, vit à la terre de Papous, à Guébé, à Amboine et à Banda. M. Reinwardt nous a rapporté l’espèce de la dernière de ces iles. Les œufs y ont été trouvés isolés et dispersés ca et là; mais chaque œuf était soigneusement recouvert par un amas de fragmens de plantes sèches ou de feuilles.
_ Musées des Pays-Bas et de Paris.
Lretre.
apode e pteds rouges.
MÉGAPODE A PIEDS ROUGES.
MEÉCAPODEUS RUBRIPÉS Txruvw,.
Le Méle adulte. — Planche 411.
La seconde espèce de ce groupe est facile à reconnaître de celle publiée planche 220, et de la troisième nommée dans le pays Ta- von (1), que M. Gaimard vient de dédier à la mémoire de l’infor- tuné La Peyrouse : ces deux espèces ont les pieds noirs; celle-ci les a
d’un beau rouge. Elle ne diffère point par la taille du Mégapode
Freycinet; mais il ÿ a une assez grande disparité dans les couleurs
du plumage.
Notre Mégapode à pieds -rouges a , comme ses congénères, une
grande partie de la gorge et les joues couvertes à claire-voie de pe-
utes plumes; l'intervalle qu'elles laissent entre elles montre la peau
nue , plus ou moins rougeâtre de ces parties; de petites plumes brunes
alongées couvrent la tête et l’occiput ; le cou, la partie supérieure du
dos, la poitrine et tout le devant du corps sont d’un bleuâtre terne, ou couleur de plomb ; les ailes et le dos ont une teinte olivâtre foncée; le croupion , l'abdomen, les côtés des cuisses et la queue sont roux-
(x) Nous faisons suivre ici la description du #égapode Tavon figuré dans la partie zoolo-
sique du Voyage du capitaine Freycinet. C’est sans doute par erreur que M. Gaimard s’attri- 81q yasÿ P y P
bue la séparation générique du groupe Megapodius.
Recuerz D’Oiseaux , 69°. LIVRAISON.
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A
MÉGAPODE A PIEDS ROUGES. marron; le bec est brun; les pieds sont d'un rouge-vermillon, et les ongles, à peu près droits ou très-peu courbés, sont noirs. Longueur totale, treize pouces.
J'ai lieu de croire que les sexes ne diffèrent point: quatre individus rapportés par M. Remwardt, de ses voyages dans l'archipel des Indes. ne présentent aucune différence dans les couleurs du plumage.
Le grand Mégapode, connu aux Célèbes sous le nom de Maleo , ne nous est point encore parvenu. J'en fais la remarque, afin que l'espèce décrite dans cet article ne soit pas confondue avec ce qua- trième Mégapode, l’un et l’autre se trouvant aux Célèbes : celle du présent article habite aussi File d'Amboine. M. Reinwardt a trouvé les œufs de cet oiseau enfouis isolément sous le sable du rivage, et recouverts de débris de plantes.
La découverte des oiseaux que j'ai désignés sous le nom de Méga- podes paraît dater du temps des premiers navigateurs dans ces ré- gions; il en est fait mention dans le Voyage autour du Monde par Magellan. Pigafetta dit, pag. 88, en parlant des oiseaux qui habitent
île Massana ou Massava, une des Petites Philippines : € Il y a aussi d’autres oiseaux noirs et gros comme une poule (1), qui font des œufs aussi gros que ceux du canard, et qui sont fort bons à man- ger. On nous dit que la femelle pond ces œufs dans le sable, et que la chaleur du soleil suffit pour les faire éclore. »
Cette remarque, et toutes celles consignées dans notre article du genre Mégapode et dans ceux des espèces du Mégapode Freycinet et La Peyrouse , ne laissent plus aucun doute sur la singulière habitude propre à toutes les espèces connues de ce genre. Il nous tarde d'ap-
prendre, par nos naturalistes voyageurs, si les jeunes Mégapodes nés
(1) Probablement notre Mégapode Freycinet, pl. 220.
MÉGAPODE A PIEDS ROUGES. sur le sable de la grève, par la seule influence de la chaleur du soleil, n’obtiennent aucun soin ni aucune protection de la part de leurs parens ou de parens adoptifs, ou bien s'ils sont abandonnés à eux-
mêmes dès leur naissance.
MÉGAPODE LA PEYROUSE, OU TAVON.
MEGAPODIUS LAPEYROUSIT. GaAïmMaARD.
Cerre espèce, découverte pendant l'expédition du Voyage autour du Monde, sous la conduite du capitaine Freycinet, est plus petite que les deux autres décrites par nous, et figurées dans les planches 220 et 411; elle a les tarses moins élevés, et sa taille est environ d’un quart moins grande dans toutes ses dimensions. Les plumes de la parte postérieure de la tête sont d'un brun-clair, effilées et sus- ceptibles de se redresser un peu; celles du dos et des ailes sont brunes,
irrégulièrement mélangées de roux vers la pointe ; la couleur rousse
est un peu plus claire sur la queue, à la poitrine et au ventre. Le bec est noirâtre en dessus, et couleur de corne dans ses autres parties. La peau nue du cou est d’une teinte jaune tirant sur le rougeätre ; les tarses sont jaunâtres ; les doigts et les ongles sont noirs.
Cette espèce a eté dédiée par M. Gaimard à la mémoire du célebre et malheureux navigateur La Peyrouse. On la trouve dans l'archipel
des Mariannes, où autrefois elle était très-commune. Les anciens ha-
2,\
MÉGAPODE LA PEYROUSE. bitans lui donnèrent le nom de Sasségniat ; on assure même qu’elle vivait en domesticité. Aujourd'hui on ne trouve plus de ces oiseaux dans les îles principales de l'archipel mentionné, telles que Guam, Rotta et autres; il faut _—. à Tinian pour en trouver, encore sont- ils rares.
M. Dussumier a rapporté de l'ile Lucon un œuf de cet oiseau, que les habitans nomment Tavon. La couleur en est la même que celle des œufs des autres Mégapodes, c'est-à-dire d’un rougeâtre très- clair ; ils sont très-grands en proportion de la taille de l'oiseau. On trouve ces œufs enfouis dans le sable, et recouverts par des feuilles ou bien de toutes autres matières qui sont à portée de l’endroit où la couveuse dépose ses œufs. |
M. Dussumier m'a dit qu’en langue tagalle , le mot £avon signifie enfouir, étymologie qui servirait de preuve certaine et viendrait à l'appui du témoignage des voyageurs sur une habitude si remar- quable dans des oiseaux de l’ordre des gallinacés.
L’individu tué par M. Bérard dans l'ile dé Tinian est déposé dans les galeries du Musée de Paris.
Nous ne fournirons point de portrait de cette espèce, vu qu’elle est très-bien figurée dans la partie zoologique du voyage du capitaine Freycinet.
GENRE TINAMOU. É GENUS RS Lars.
Bec médiocre ou long, grêle, droit, déprimé, plus large que haut; pointe arrondie, obtuse ; arête distincte formant une longue fosse nasale.
INarines latérales, percées dans la fosse nasale, vers le milieu du bec, ovoides, percées de part en part.
Pieds ; tarse long, garni d’aspérités à la partie postérieure, ou lisse; doigts courts, entièrement divisés ; le pouce très-court, élevé ou touchant la terre. Ongles petits et déprimés. |
Queue nulle ou totalement cachée.
:
Ailes courtes. Les quatre premières rémiges étagées ; la première très-courte.
Sr les oiseaux de l’ancien Continent et ceux de la partie septen- trionale du Nouveau-Monde, qui composent le genre de la Perdrix, sont exposés aux poursuites d’une multitude d'ennemis, ceux de la partie méridionale de l'Amérique, compris dans le genre qui fait le sujet de cet article, sont encore plus que les premiers en butte aux at- taques d'animaux qui cherchent à en faire leur proie. Une multitude d’espèces différentes d'oiseaux de rapine, attirées par l'abondance du gibier ; les troupes affamées des jaguars et autres mammifères Carnas- siers ; le nombre considérable de reptiles qui se propagent dans ces chaudes contrées; plusieurs espèces d'insectes venimeux dont le sol
RECUEIL D'OISEAUX , 70° LIVRAISON.
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GENRE TINAMOU.
est couvert; les fourmis marchant en essaims nombreux et en co- lonnes pressées ; tout concourt à la destruction d’un genre d'oiseaux dépourvu de défense et souvent incapable, par son vol lourd et peu soutenu, de se dérober à la poursuite de ses adversaires. Point de tranquillité pour eux sur la surface de la terre, où ils se trouvent enveloppés par leurs persécuteurs; point de refuge assuré dans les airs, où les véloces oiseaux de proie, dont les espèces sont très-nom- breuses dans ces contrées, fondent dessus avec la rapidité de l'éclair; aucun espoir d'échapper dans l'épaisseur des humides forêts, où l’a- nimal carnassier et les serpens ont établi leur repaire.
L'instinct a enseigné aux Tinamous des bois un moyen plus sûr de se soustraire à tous ces dangers : cet instinct, qui paraît être com- mandé par la localité, les fait échapper pendant le jour à la pour- suite opimiâtre , et les garantit pendant la nuit d’être enveloppés dans leur sommeil; c’est en se posant sur les plus grosses branches des arbres, et par une habitude qui semble contraire en quelque sorte à celle de tous les autres oiseaux auxquels on pourrait les comparer, qu'ils se dérobent aux enquêtes de leurs nombreux ennemis. C’est pour se soustraire aux mêmes dangers que les Colins, ou Perdrix d'Amérique, et presque tous les oiseaux fissipèdes et palmipèdes de ces contrées, se perchent la nuit sur les arbres, ou se dérobent, sous l’ombrage hospitalier du feuillage, aux poursuites de cette multitude d'oiseaux de rapine et de mammifères carnassiers attirés par l’abon- dance du gibier.
_ Plus exposées aux poursuites de leurs ennemis, ces espèces de Ti- namous, qui ont recu pour demeures habituelles les champs et les pays découverts, se voient réduites à chercher leur refuge dans un autre expédient, qui leur réussit pour se dérober aux yeux des ani- maux, mais duquel l’homme a su profiter pour leur livrer une guerre
GENRE TINAMOU. à mort. Opiniâtrément blottis dans les fourrés des herbes très-hautes, les Tinamous des champs ne prennent que rarement recours au vol, et se laissent facilement tuer à coups de bâton par le chasseur qui a pu découvrir leur remise.
Si les Tinamous de la Guiane ont toujours l'habitude de se poser sur les branches basses des arbres, c’est qu'ils y trouvent un refuge contre les poursuites de leurs nombreux ennemis : l’absolue néces- sité qui commande cette précaution à la Guiane n’est point la même au Paraguay ni au Brésil, vu que ces oiseaux, très-nombreux dans ces contrées, y sont moins en butte aux persécutions d'animaux et de reptiles voraces. Toutefois, il est certain que M. d’Azara a eu tort de dire si positivement que les Ynambus ne se posent jamais sur les arbres, puisque des observations plus récentes faites au Brésil nous ont appris que deux espèces également propres aux contrées de la Guiané sy posent de même pendant la nuit sur les branches basses des arbres. J’observerai encore qu’à l'exception de ces deux espèces , toutes les autres décrites par M. d’Azara sous le nom d’'Yrambus, sont étrangères aux contrées de la Guiane, et ne se trouvent qu’au
Paraguay. Quelques-unes de ces dernières vivent aussi au Brésil.
Il est essentiel de prévenir les naturalistes que le Choro (1) de
M. d’Azara n'est point un Tinamou; l'oiseau décrit sous ce nom est une Poule d’eau des mieux caractérisées. L’Uru (2) du même auteur est le véritable Tocro ou la Perdix Guyanensis des nomenclateurs.
Cette espèce se trouve également à la Guiane, où elle est absolument
la même: ce que j'ai eu occasion de vérifier sur des individus des
deux pays.
Je ne m'occuperai point à prouver ici que les Tinamous ne sont
(1) D’Azara. Voy. au Parag., v. 4, p. 156, n. 333, Traduct. franç. (2) Ibid., n°. 334.
GENRE TINAMOU. point des Perdrix ni des Cailles, bien moins des Outardes; le natu- raliste un peu exercé à observer les caractères distinctifs des genres, se gardera bien de les confondre avec les espèces qui composent les genres d'oiseaux mentionnés.
Il paraît que Linné n’a point été à même de voir une dépouille de Tinamou , puisqu'il range ces oiseaux dans le vaste cadre qu'il a donné au genre Tetrao; des caractères marquans et faciles à saisir distin- guent les Tinamous de tous les Gallinacées, tant de l'Ancien que du Nouveau-Monde. C’est Latham qui leur a le premier assigné un genre particulier, sous la dénomination de Zinamus ; depuis, le savant professeur Illiger a pu trouver bon de changer ce nom adopté contre celui de Crypturus (1). |
Une des causes qui a le plus contribué à faire croire aux natura- listes que les Tinamous d'Amérique étaient du même genre que les Perdrix ou les Caiïlles de l’ancien Continent ,'c’est que les colôns, tant ceux de la Guiane que les Espagnols établis au Paraguay, et les Por- tugais du Brésil donnent aux grandes espèces de Tinamous le nom de Perdrix, et aux petites espèces, le nom de Calle. Les indigènes de la Guiane désignent ces oiseaux par lenom de Tinamou ; au Para- guay et au Brésil, ils sont connus sous le nom d'Yrambu.
Les T'inamous sont des oiseaux stupides, peu sociables, dont le vol est lourd, peu élevé et de très-peu de durée; maïs en revanche ils courent avec une extrême vitesse. Quelques espèces habitent les pays découverts et les champs, d’autres vivent toujours dans l'épaisseur des forêts. Ils vivent en petite famille, mais ne se réunissent point comme le font nos Perdrix, qui prennent leur vol ensemble. La jeune famille des Tinamous est davantage éparpillée; chaque individu se choisit un abri: ce qui fait que lorsqu'une telle compagnie prend
* (1) Iliger, Prod. Mamm. et Av. p. 244, Gen. 23.
GENRE TINAMOU.
l'essor, elle se disperse toujours de côté et d'autre, et ne vole point vers un même endroit comme le font le plus souvent les compagnies de Perdrix. Ils se nourrissent d'insectes et de fruits qu'ils ramassent à terre; leur nid est comme celui de la plupart des Gallinacées , sans aucun apprêt; leur ponte est de plusieurs œufs verdâtres ,et commu- nément deux fois par an : le cri d'appel qu'ils font entendre de jour comme de nuit est un sifflement lent, mais assez fort. Il n'y a guère de différence dans les sexes; leur plumage est coloré des mémesteintes.
Sonnini dit que leur chair est blanche, ferme, cassante et succu- lente, surtout celle des ailes dont le goût a beaucoup de rapport avec celui de la Perdrix rouge; mais les cuisses et le croupion sont d’ordi- naire d’une amertume qui les rend désagréables : cette amertume vient des fruits du balisier dont ces oiseaux se nourrissent, et l’on trouve
la même amertume dans les pigeons ramiers qui mangent de ces
fruits® mais, lorsquesles Tinamous se nourrissent d’autres fruits,
comme de cerises sauvages, etc., alors toute leur chair est bonne, sans cependant avoir de fumet. Ils aiment de préférence, non-seule- ment les cerises sauvages, mais encore les fruits du palmier Comon, et même ceux de l'arbre à café. Ce n'est pas sur les arbres mêmes
qu'ils cueillent ces fruits, ils se contentent de les ramasser à terre;
ils les cherchent: ils grattent aussi la terre et la creusent pour y faire
leur nid, qui n’est composé pour l'ordinaire que d’une couche d'herbes sèches; ils font communément deux pontes par an, et toutes deux très-nombreuses (1).
Les plumes des Tinamous, particulièrement celles du dos et du croupion, ont des baguettes très-larges , lisses et voûtées à leur par- tie supérieure, profondément cannelées en dessous et très-peu ad- hérentes à la peau; les baguettes vers le milieu des plumes devien-
(1) Buff., édit. de Sonn., v. 14, p. 33.
GENRE TINAMOU. nent tout à coup très-minces; elles sont à tel point déliées , que vers le bout il n’est plus possible de les distinguer des barbes : dans quel- ques espèces, il sort deux plumes du même tuyau, l’inférieure est simplement garnie dé” duvet; nous avons vu que la même particula- rité a lieu dans le genre des véritables Tetrao. Les Tinamous ont le corps massif, très-charnu, le cou long et mince, portant une tête